Trois-Rivières bonne dernière au pays

Toutes les régions du Canada vont connaître en... (Photo: Stéphane Lessard)

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Toutes les régions du Canada vont connaître en 2013 une croissance de leur économie, pas toujours très forte il est vrai, mais positive. Sauf dans la région métropolitaine de recensement de Trois-Rivières.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Non seulement Trois-Rivières arrive-t-elle bonne dernière dans les prévisions de croissance économique au pays en 2013, mais l'agglomération est la seule à afficher un recul au plan national. Et ce résultat peu enviable est directement attribué à la fermeture de la centrale nucléaire par le Conference Board du Canada.
«La décision du gouvernement provincial d'annuler la réfection du réacteur de la centrale nucléaire Gentilly-2, au coût de 2 milliards de dollars, et de fermer la centrale a infligé un choc à l'économie de Trois-Rivières», peut-on lire dans sa note de conjoncture métropolitaine.

Le PIB réel a chuté de 1,1 % en 2012 et devrait reculer encore de 0,6 % en 2013. «En outre, on ne prévoit aucune hausse de la population au cours de la période de cinq ans visée par nos prévisions, ce qui ne présage rien de bon pour la demande intérieure et le marché du logement de la région», ajoute le Conference Board du Canada.

Pour la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, ces chiffres viennent confirmer que «ce gouvernement assassine l'économie de notre région».

«C'est une conséquence directe de Gentilly-2, avec les pertes d'emplois et de retombées économiques de 130 millions de dollars par année», a-t-elle commenté.

Pour le maire Yves Lévesque, la décision de fermer la centrale nucléaire «ne tient pas la route» et l'impact négatif sur les prévisions économiques est inévitable.

«En un claquement de doigts, on va perdre 800 emplois rémunérés au-dessus de la moyenne et jamais qu'on va récupérer ce qu'on a perdu. C'est pire que la Tripap», a-t-il fait savoir.

Selon lui, «ça allait bien notre affaire, avec Gexel et Premier Aviation, si on n'avait pas eu ça». «Ça n'a pas de sens alors qu'on se désâme dans l'eau bénite pour avoir de l'emploi et qu'on y travaille des mois», poursuit le premier magistrat.

Celui-ci dit apercevoir de plus en plus dans sa ville des pancartes «maison à vendre». «Les travailleurs de Gentilly-2 vont déménager ailleurs, ce qui n'est pas bon pour l'économie», confie celui qui trouve toujours aussi choquant l'argument du coût de l'énergie de la centrale nucléaire «qui ne tient pas compte des impôts que les employés paient».

Pour sa part, le président de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, Patrick Charlebois, n'est pas surpris des pronostics du Conference Board du Canada qui, l'an dernier, était optimiste «grâce à Gentilly-2».

«Je prends ça avec un grain de sel. Ce n'est pas la première fois que les prévisionnistes vont se tromper. Ils sous-estiment la capacité des gens de la région de se relever de l'après-Gentilly-2 et c'est sûr et certain qu'on va se relever. Des opportunités vont se présenter, il y a beaucoup de projets et on a un plan de match», a-t-il affirmé.

Tandis que Trois-Rivières devrait voir son niveau d'activité diminuer pour une deuxième année consécutive, l'économie de Montréal demeurera aux prises avec une croissance économique lente. En 2013, c'est Québec qui devrait afficher la plus forte croissance économique des cinq régions métropolitaines de recensement (RMR) de la province.

L'économie de Québec devrait afficher un taux d'expansion de 2,1 % pour se classer au 15e rang parmi les 28 RMR canadiennes couvertes par la note de conjoncture de l'hiver 2013.

«Les secteurs de production de biens dynamisent l'économie de Québec. On prévoit qu'après cinq années de repli, le secteur manufacturier prendra de l'expansion cette année. De son côté, le secteur de la construction peut s'attendre à une autre bonne année, grâce essentiellement au nouvel amphithéâtre capable d'accueillir une équipe de la LNH », déclare Mario Lefebvre, directeur du Centre des études municipales.

Ce projet, évalué à 400 millions de dollars, est à l'origine d'une troisième année consécutive de gains importants dans l'industrie de la construction, dont la production croîtra de 8,7 % en 2013 seulement. Par ailleurs, c'est en majeure partie grâce à la réouverture de la papetière White Birch que le secteur manufacturier devrait afficher une hausse de sa production pour la première fois depuis 2007. Toutefois, l'austérité persistante dont fait preuve le gouvernement provincial dans ses dépenses freinera la progression du secteur des services.

À l'échelle nationale, Saskatoon et Regina enregistreront la plus forte croissance parmi les

28 RMR couvertes par les prévisions.

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