Robert Pilotte contre-attaque avec une poursuite de 400 000 $

Se disant attaqués dans leur réputation personnelle et... (Photo: Archives, François Gervais)

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Se disant attaqués dans leur réputation personnelle et professionnelle par les sorties des nouveaux propriétaires du Domaine Beauséjour, l'ex-animateur de radio Robert Pilotte et sa conjointe, Danièle Richard, qu'on aperçoit ici en des jours plus heureux, contre-attaquent avec une poursuite en dommages totalisant 400 000 $.

Photo: Archives, François Gervais

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Victimes de virulentes sorties des nouveaux propriétaires du Domaine Beauséjour au cours des dernières semaines, l'ex-animateur de radio Robert Pilotte et sa conjointe, Danièle Richard, contre-attaquent avec une poursuite en dommages totalisant 400 000 $ en raison d'«une lourde atteinte à leur dignité, leur réputation personnelle et professionnelle ainsi que de lourds dommages à leur santé psychologique.»

Stéphane Montmorency et Manon Paquet lors de l'annonce... (Photo: Émilie O'Connor) - image 1.0

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Stéphane Montmorency et Manon Paquet lors de l'annonce de leur acquisition du Domaine Beauséjour en décembre.

Photo: Émilie O'Connor

Depuis que Stéphane Montmorency et Manon Paquet ont acquis le Domaine Beauséjour, le 7 décembre dernier, le couple originaire de Montréal dénonce la disparition de plusieurs artefacts qui, dans leur esprit, faisaient partie de la transaction. Les relations avec les anciens propriétaires, Robert Pilotte et Danièle Richard, se sont rapidement détériorées au fil des semaines.

Très émotif dans ce dossier, M. Montmorency a retracé des témoins pour démontrer que l'intention initiale des vendeurs consistait bel et bien à tout laisser en place, notamment pour protéger la valeur historique des lieux. Le conseil municipal de Shawinigan avait d'ailleurs adopté une citation patrimoniale au Domaine Beauséjour en 2009.

Le nouveau propriétaire a communiqué sa détresse aux élus à la séance régulière du 15 janvier. Le maire, Michel Angers, a offert ses services comme médiateur, une proposition refusée illico par M. Pilotte.

Les deux parties se sont échangé des mises en demeure depuis deux mois, tantôt pour protéger l'accès au Domaine Beauséjour, tantôt pour demander une rétractation sur les propos émis dans les médias.

M. Pilotte et sa conjointe sont finalement passés à l'étape de la poursuite le 5 février, en déposant une requête en Cour supérieure.

Le couple, représenté par la firme Cain Lamarre Casgrain Wells, relate les événements qui ont mené à la transaction du 7 décembre. Il rappelle qu'une annexe était jointe au contrat, qui prévoyait une liste de biens meubles faisant partie de l'entente. Depuis le début de ce litige, les anciens propriétaires prétendent que les articles manquants n'étaient tout simplement pas inclus dans la vente.

Durs propos

Le coeur de la requête est composé de passages d'articles publiés dans Le Nouvelliste et l'Hebdo du Saint-Maurice, dans lesquels M. Montmorency dénonce le comportement des vendeurs.

Il déplore notamment le «manque d'éthique», que «la personne qui ait occupé le moins longtemps le site ait pu le dépouiller et vendre ses artefacts à des sommes ridicules comparées à leur valeur réelle», que «Pilotte aurait bradé divers objets du site rompant ainsi sa promesse de conservation».

M. Montmorency compare ce «pillage» à un «viol». Il s'attendait à ce qu'en tant que figure publique, M. Pilotte «devrait être digne de confiance». Il s'est senti «floué» et «naïf».

Les demandeurs qualifient ces commentaires de «faussetés et (de) propos diffamatoires», parce qu'ils laissent entendre qu'ils auraient agi «de façon illégale ou malhonnête».

«L'ensemble des propos des défendeurs sont d'autant plus graves qu'ils sont de nature à semer le doute dans la population quant à l'intégrité pourtant sans tache des demandeurs», émettent les requérants.

Selon eux, ces propos les ont forcés à «subir l'opprobre de la population de Shawinigan, notamment (...) par l'entremise des représentations faites lors du conseil de ville, d'appels téléphoniques et de commentaires divers.»

«Ils sont profondément humiliés, troublés et déshabilités depuis que les défendeurs les ont injuriés et diffamés entre autres à l'occasion de parutions journalistiques qui leur ont causé stress, crainte et anxiété. Les fautes commises par les défendeurs ont également privé les demandeurs d'une bonne partie de leur quiétude, de leur enthousiasme et du plaisir qu'ils avaient de vivre sur leur propriété à Shawinigan, et ce, avant les événements.»

Plus spécifiquement, Robert Pilotte considère que ces fautes «lui causent un énorme préjudice quant à une éventuelle candidature aux prochaines élections provinciales ou municipales». Son entreprise, Projet Pilotte Communication, aurait également subi les secousses de cette controverse.

En conséquence, l'ex-animateur de radio réclame 150 000 $ à titre de dommages moraux et 50 000 $ pour dommages exemplaires. Mme Richard exige les mêmes montants. La requête doit être présentée devant le tribunal, au palais de justice de Shawinigan, le 19 mars.

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