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Funérailles de Ginette Leblanc: «Elle était une personne forte, qui se tenait debout.»

Dominique Lavergne et Claude Deschesnes ont rendu un... (François Gervais)

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Dominique Lavergne et Claude Deschesnes ont rendu un dernier hommage samedi à Ginette Leblanc, cette Trifluvienne qui s'est battue pour le droit au suicide assisté.

François Gervais

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(Trois-Rivières) Les funérailles de Ginette Leblanc ont eu lieu samedi. Cette Trifluvienne, décédée la semaine passée, était atteinte d'une maladie dégénérative et menait un combat devant les tribunaux pour le droit au suicide assisté.

Me René Duval... (Photo: François Gervais) - image 1.0

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Me René Duval

Photo: François Gervais

Ginette Leblanc... (Photo: Stéphane Lessard) - image 1.1

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Ginette Leblanc

Photo: Stéphane Lessard

Près de 400 personnes ont tenu à rendre un dernier hommage à cette femme qui s'est battue jusqu'à la fin. La famille de Mme Leblanc entend bien poursuivre le combat qu'elle a entrepris pour le droit de mourir dans la dignité.

«Je me sens bien. Je suis sereine et libérée», avoue Dominique Lavergne, la fille de Ginette Leblanc, quelques heures avant la cérémonie de la liturgie de la parole.

La jeune femme de 21 ans garde le souvenir d'une mère souriante et d'une amie toujours présente. «Nous étions fusionnelles», dit-elle avec un large sourire qui rappelle celui de sa mère. «Elle était une personne forte, qui se tenait debout. Elle était solide, centrée, aimante et douce. Elle était une personne humble qui accordait son attention à tout le monde. Elle aimait tout le monde.»

La vie de Ginette Leblanc a basculé en 2011 lorsque les médecins ont diagnostiqué chez elle la sclérose latérale amyotrophique. C'était ni plus ni moins qu'une condamnation à mort pour cette infographiste dans la quarantaine, comme le précise son conjoint Claude Deschesnes. «Ginette a été condamnée à mort pendant deux ans.»

Dès le fatal diagnostic, la santé de Ginette Leblanc s'est détériorée. Elle a d'abord perdu l'usage de ses membres avant de perdre son tonus musculaire. Lorsque la maladie était avancée, elle dépendait de ses proches pour tous les petits gestes du quotidien.

Sa dernière semaine a été très difficile. Après avoir été victime d'un accident cardio-vasculaire (AVC), sa santé s'est sérieusement détériorée. Ginette Leblanc a rendu l'âme le matin du 2 février dernier entourée de ses proches.

«Je trouvais ça très difficile de la voir souffrir au quotidien. C'était atroce», ajoute sa fille.

Le courage et la détermination de Ginette Leblanc dans son combat pour le suicide assisté inspirent énormément sa fille qui n'entend pas abandonner ce que sa mère a commencé.

«Je veux continuer de faire avancer les choses et de faire brasser les idées», affirme-t-elle.

Claude Deschesnes est prêt à aider toute personne qui désire poursuivre le combat entrepris par sa conjointe. Il affirme avoir été approché par des familles qui vivent des situations semblables.

Tout comme l'avocat de Ginette Leblanc, Me René Duval, Claude Deschesnes est amer envers les gouvernements fédéral et provinciaux. Les deux hommes jugent que ceux-ci ne font rien pour aider les personnes dans la même situation que Ginette Leblanc.

«S'il vous plaît les gouvernements, réveillez-vous. Ça ne se peut pas de laisser partir du monde dans la souffrance», lançait samedi Claude Deschesnes. «J'espère qu'un jour les gens vont arrêter de souffrir avant de partir. Ginette a été condamnée à mort pendant deux ans. Elle a eu sa sentence la semaine passée. Je ne veux plus que ça se reproduise. Je veux sensibiliser les gens et les gouvernements.»

L'avocat qui a accompagné pro bono Ginette Leblanc dans son combat pour le suicide assisté croit que même si sa cliente n'a pu terminer son combat juridique, elle aura contribué à faire changer les mentalités.

«Ginette a sensibilisé beaucoup de gens», souligne Me René Duval. «Je retiens de Ginette son courage inébranlable et son sourire qu'elle a conservé jusqu'à la fin malgré la maladie. C'était une femme déterminée qui croyait en la cause du suicide assisté et qui n'a pas hésité à s'investir personnellement au prix de grandes fatigues et de grandes douleurs.»

«Ma mère a lancé des idées qui nous font nous remettre en question», renchérit Dominique Lavergne.

Le combat juridique pour le suicide assisté se poursuit devant les tribunaux de la Colombie Britannique. Rappelons que la Cour suprême de cette province a jugé en juin dernier que les lois qui empêchent le suicide assisté au Canada sont inconstitutionnelles.

Depuis le décès de Ginette Leblanc la semaine passée, Me Duval a été approché par quatre personnes atteintes de maladies dégénératives. L'avocat leur a conseillé de s'adresser à la Cour supérieure du Québec pour demander des exceptions constitutionnelles.

L'avocat de Ginette Leblanc avoue être en réflexion à savoir s'il souhaite représenter ces personnes devant les tribunaux. «Ce sont des causes pro bono qui impliquent tout mon bureau. Nous sommes en réflexion.»

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