Recours collectif contre le bruit: 1022 exclusions de riverains

Plus de 1000 riverains du lac à la... (Photo: Sylvain Mayer)

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Plus de 1000 riverains du lac à la Tortue se sont exclus du recours collectif de la Coalition contre le bruit.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Un total de1022 riverains du lac à la Tortue se sont finalement exclus du recours collectif intenté par la Coalition contre le bruit pour que cessent les vols d'hydravions touristiques.

Cette compilation a été réalisée à partir des informations fournies par le greffe du palais de justice de Shawinigan. La période de retrait s'était amorcée le24 octobre et elle se terminait le 25 janvier.

Comme il fallait s'y attendre, les opposants se sont particulièrement retroussé les manches au cours des derniers jours. En effet, près de 400 formulaires d'exclusion ont été déposés au palais de justice de Shawinigan du 21 au25 janvier.

À noter également que neuf citoyens ont signifié un avis de retrait avant la date limite. Ces personnes s'étaient d'abord exclues, avant de finalement décider de réintégrer le recours. L'avocate de la Coalition contre le bruit dans ce dossier, Me Marie-Anaïs Sauvé, détecte dans ces bifurcations un indice de la pression que devaient subir les riverains au cours des trois derniers mois.

D'ailleurs, comptez sur la partie requérante pour éplucher cette liste d'exclusions. Au greffe, on ne procédait pas à la vérification systémique des adresses, qui devaient être situées à l'intérieur d'un périmètre de 200 mètres de la ligne des hautes eaux autour du lac.

Difficile aussi, pour le moment, de savoir si des personnes se sont désistées plus d'une fois. Autre exemple d'anomalie possible, l'exclusion d'au moins un citoyen a été enregistrée même si son formulaire n'était pas signé.

Plus tôt cette semaine, le porte-parole du Regroupement économique pour l'essor du Lac-à-la-Tortue, Robert de la Chevrotière, n'exprimait toutefois aucune inquiétude quant à la validité des désistements recueillis.

Problème de fond

Me Sauvé n'exprime aucune surprise ou déception devant ce nombre d'exclusions. Rappelons que dans sa requête en autorisation, elle estimait à 2072 le nombre de personnes lésées par le bruit en raison des vols d'hydravions touristiques.

«Ce n'est pas le premier dossier dans lequel il y a des exclusions», commente-t-elle. «Ce n'est pas parce qu'une personne s'exclut qu'il n'y a pas d'inconvénients au lac à la Tortue. Le juge doit surtout regarder s'il existe des nuisances. Ça ne change donc pas notre preuve.»

Me Sauvé invite à regarder l'autre côté de la médaille, plutôt que de mettre l'emphase sur ces exclusions.

«On peut aussi dire que plus de 1000 personnes font partie du recours», propose-t-elle.

Sans aller trop loin dans sa stratégie, l'avocate ne nie pas que des gens peuvent s'exclure simplement par solidarité avec les dirigeants de Bel Air Laurentien Aviation, très actifs au cours des derniers mois pour convaincre les citoyens visés de se retirer du recours.

Ce geste d'amitié ne signifie pas qu'ils ne vivent pas des inconvénients à cause du bruit, ce sur quoi le juge devra éventuellement trancher.

«Il faut savoir ce qui a été dit aux gens pour les convaincre de s'exclure», résume Me Sauvé. «Ce qui est véhiculé n'est pas nécessairement représentatif de ce qu'est le recours collectif. Quand on dit que la Coalition veut bannir les hydravions au lac à la Tortue, c'est faux! Il faut comprendre qu'il existe plusieurs types de vols et ce qui dérange, ce sont les vols touristiques. Pas les vols de plaisance.»

Me Sauvé rappelle d'ailleurs que la cohabitation se passait plutôt bien jusqu'au milieu des années 90, quand l'industrie des vols touristiques a pris de l'ampleur au lac à la Tortue.

«Le dossier ne sort pas d'une fabulation», insiste-t-elle. «Des études sérieuses ont été faites là-dessus, des expertises concrètes qui démontrent que les nuisances sonores ont des impacts importants sur la santé de la population.»

Me Sauvé ne croit donc pas que le juge sera fortement influencé par ces nombreux retraits. «Je ne pense pas que ce sera fatal au dossier», opine-t-elle.

D'ici la fin février, la Coalition contre le bruit devra déposer sa requête introductive d'instance en Cour supérieure. De nombreuses entrevues préparatoires et de nouvelles expertises sont également prévues avant de procéder à l'audience sur le fond, dont les dates ne sont pas encore connues.

Enfin, Me Sauvé n'a pas voulu dire si les deux parties tentaient d'en arriver à une entente hors cour. Elle ne cache toutefois pas que le dossier pourrait prendre une nouvelle tournure si Aviation Mauricie décidait de cesser ses activités au lac à la Tortue.

«Je ne peux pas me prononcer sur le bien-fondé decette allégation, mais c'est sûr que ça aurait un impact», glisse-t-elle.

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