Noëlla Champagne furieuse contre le ministre Blanchet

Noëlla Champagne est furieuse contre Yves-François Blanchet.... (Photo: Sylvain Mayer)

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Noëlla Champagne est furieuse contre Yves-François Blanchet.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

Littéralement tirée du lit par les médias dès 6 h 30, hier matin, pour réagir à une série de déclarations de son collègue ministre Yves-François Blanchet au sujet de «l'avenir incertain» du projet de colisée qu'il met en opposition avec l'agrandissement du CHRTR, la députée de Champlain, Noëlla Champagne, peinait à rester posée dans ses commentaires tant elle était manifestement furieuse contre celui qu'elle accuse ni plus ni moins de parler à travers son chapeau.

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Yves-François Blanchet

Archives La Presse

Elle a d'ailleurs sommé ce dernier de revenir sur-le-champ en Mauricie faire ses devoirs tant auprès du complexe sportif que du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières. Surtout, Mme Champagne déplore que le ministre Blanchet soit en train de monter les régions

les unes contre les autres, et même les villes les unes contre les autres.

La députée regrette par ailleurs la surenchère médiatique qui semble s'installer entre le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, et le ministre responsable de la Mauricie et du Centre-du-Québec. «J'ai demandé à Yves-François pourquoi il avait fait une sortie là-dessus. Je lui ai rappelé que c'est un projet qui est né il y a 10 ans sous le règne du Parti québécois. Même chose avec le CHRTR, annoncé par Guy Julien en 2002. On parle de deux beaux grands projets qui ont chacun un avenir, à mon avis.»

La députée répète qu'elle suit de très près le dossier du complexe sportif. À la lecture du journal, elle s'est empressée hier matin d'appeler les intervenants du dossier pour leur dire qu'elle trouvait «malheureuses» les déclarations du ministre Blanchet. Elle ajoute que le dossier du CHRTR est aussi très bien positionné.

«Le dossier du Complexe sportif Alphonse-Desjardins est un dossier qui se défend très bien par lui-même. Il est rigoureux depuis le début, et la Commission scolaire comme la Ville et la Fondation y ont mis beaucoup d'argent. Beaucoup plus que le gouvernement. Enfin, c'est un dossier d'avenir qui répond au besoin d'une glace supplémentaire.»

Lorsqu'elle voit son collègue suggérer au maire Lévesque d'aller puiser les fonds manquant dans le Fonds de diversification économique de 200 millions $, Mme Champagne croit que Yves-François Blanchet mêle tous les dossiers.

«Ce que je lis ce matin (hier) me fait réagir. Je pense que le ministre régional a répliqué rapidement, en parlant de plein de choses. Ça sort comme s'il influençait le dossier. Je lui ai dit que pour parler d'un dossier, il faut le connaître. Moi, je le connais depuis 1997 comme attachée politique et comme députée. On n'a vraiment pas besoin d'aller jouer avec la question des équipes de hockey. J'en n'ai rien à faire! S'il y a une équipe, tant mieux, mais je ne m'en mêlerai pas. Cette glace arrive à point nommé, dans le cadre d'un échéancier, avec des gens rigoureux, point. Alors j'ai invité Yves-François à revenir ici en urgence. Il doit remettre les pendules à l'heure et ramener la paix en la demeure. On vit sur une onde de choc actuellement.»

Toujours troublée par ce qu'elle a lu dans le journal, Mme  Champagne a ajouté que, personnellement, jamais elle ne placerait les gens de Trois-Rivières en porte-à-faux et qu'à son avis, les propos du ministre qui donnent raison à Shawinigan contre Trois-Rivières sont «des lignes de trop».

«Ça fait des années qu'on ne voit plus de mauvaise guerre entre Shawinigan et Trois-Rivières, rappelle la députée. J'ai été députée pendant deux mandats et avec Claude Pinard, il y avait un respect entre nos deux territoires qui forment la Mauricie. Je n'ai jamais fait de guéguerre avec le Centre-du-Québec qui a ses propres projets avec Drummondville, une ville vivante qui veut un campus avec l'UQTR.  Mon collègue doit défendre ses propres dossiers, mais il a aussi la responsabilité de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Un dossier ne doit pas être biaisé à cause de cela», prévient-elle.

Elle invite donc autant le maire de Trois-Rivières que son collègue ministre à se calmer et surtout à éviter les déclarations à l'emporte-pièce surtout à la veille de la commission parlementaire sur le déclassement de Gentilly-2 où elle sera présente avec son collègue Luc Trudel.

«Il ne faut pas attiser un incendie qui risque de tout détruire. Comme députée de Champlain, je n'ai pas besoin de ça dans mes dossiers. Je ne veux pas avoir à composer contre mon collègue mais avec lui. Il y a des mots qui ont été dits ce matin (hier) qui n'auraient jamais dû être dits. On sent la rage contenue. Avant de faire des déclarations comme celles-là, il aurait été délicat

que sa collègue en ait été informée.»

Et ceux qui espèrent encore voir la députée démissionner seront déçus, car jamais elle n'y a songé. «Oh non, ce serait un aveu de faiblesse!» a-t-elle déclaré.

Luc Trudel est d'accord avec le ministre Blanchet

«Enfin des propos sensés!» C'est ainsi que réagissait le député de Saint-Maurice, Luc Trudel, à la sortie du ministre Yves-François Blanchet au sujet du colisée du Complexe sportif Alphonse-Desjardins.

Le député dit partager entièrement les propos du ministre responsable de la région qui a déclaré ne pas être dupe par rapport à l'intrigue autour d'une équipe de hockey à Trois-Rivières, en laissant entendre que cela aurait des conséquences sur

l'implication de Québec dans ce dossier.

«On m'a demandé des réactions au sujet du projet d'une équipe de hockey junior à Trois-Rivières mais je dis souvent qu'avant d'appuyer quelque chose, il faut s'assurer de ne pas déshabiller Pierre pour habiller Paul. Si on avait ce qu'il faut pour assurer la vitalité de deux clubs à Trois-Rivières et Shawinigan, j'applaudirais. Par contre, on sait très bien que les budgets d'opération d'un club junior dépassent les besoins locaux. Si amener un club à Trois-Rivières vient fermer celui de Shawinigan, je ne marche plus.»

À ceux qui répondent que ce projet de nouvel amphithéâtre a toujours été indépendant du retour d'une équipe junior de hockey, le député lance d'un ton ironique

«Ah bien oui! On a besoin de 40 loges pour voir jouer les pee-wee au hockey. Ils nous trouvent innocents à Shawinigan! Juste à voir la face souriante du maire (Lévesque) sur un hebdo en fin de semaine, avec un bâton de hockey et qui dit ''Les Draveurs s'en viennent!'', on comprend. Avant, on ne pouvait en parler ouvertement. Là, on peut.»

Très remonté, le député de Saint-Maurice déclare qu'on n'a pas de leçon à faire à Shawinigan sur «l'esprit régional». «Je me demande pourquoi le maire de Trois-Rivières qui sait très bien qu'il a besoin d'une équipe pour remplir un aréna, ose demander aux Cataractes de lever leur droit de veto dans un dossier comme ça, alors que cet automne, quand on a demandé à IDÉ Trois-Rivières d'appuyer le projet de Centre d'entrepreneuriat de Shawinigan, Yves Marchand a refusé, prétextant que ça provoquerait un déplacement d'activités de Trois-Rivières vers Shawinigan. L'important dans tout cela est de se rappeler que ça fait 35 ans qu'on a un club à Shawinigan et qu'une petite population tient ce club à bout de bras. Pas question de faire un transfert de clientèle à Trois-Rivières si ce n'est pas viable. »

Très conscient d'assister à une guerre de clochers, le député poursuit en disant que, malheureusement, il constate depuis son élection que la Mauricie n'arrive pas à s'imposer comme une région forte à Québec. À son avis, elle n'a pas poursuivi sa réflexion après les fusions municipales. «La Mauricie, il faut que ce soit plus qu'une capitale et quelques petites satellites autour. Franchement!», de conclure M. Trudel.

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