Le maire de Trois-Rivières réclame la démission de Thierry Vandal

Le président-directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal.... (Photothèque La Presse)

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Le président-directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après avoir souhaité que le gouvernement Marois soit renversé, voilà que le maire Yves Lévesque réclame la démission du président-directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, pour sa gestion du dossier de Gentilly-2.

Le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque.... (Photo: Émilie O'Connor) - image 1.0

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Le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque.

Photo: Émilie O'Connor

En début de journée mercredi, le premier magistrat a déclaré aux médias que dans le privé, des têtes rouleraient avec ce genre de décisions.

«Il y aurait des bleus sur la table, et dans l'entreprise privée, il y aurait des têtes qui sauteraient, c'est sûr et certain», a-t-il lancé plus d'une fois.

Invité à préciser sa pensée, le maire a parlé de dirigeants en général, mais il a mentionné spécifiquement Thierry Vandal. Et il a même ajouté que sa démission serait «absolument» justifiée.

Mais en fin de journée, il a tenté de nuancer ses propos, sans pouvoir les nier, en disant que c'est au terme d'une enquête que des têtes pourraient rouler.

C'est que le maire Lévesque ne prise guère la volte-face de la société d'État sur Gentilly-2. «Il n'y a pas une entreprise privée qui accepterait d'avoir des dirigeants qui, en six mois, changent d'idée après avoir dépensé autant d'argent, soit 1,9 milliard de dollars. C'est de l'improvisation ou de l'incompétence. Des gens doivent répondre à ces questions-là», a-t-il affirmé.

Une sortie qui donne le ton à son intervention prévue la semaine prochaine en commission parlementaire.

«La commission parlementaire, c'est de la poudre aux yeux. Ça prend une enquête pour savoir de quelle façon ça a été géré. Et si c'est comme ça qu'on gère à Hydro-Québec, j'aurais peur pour les autres projets», confie-t-il.

Ce qui ne l'empêchera pas de vouloir démontrer l'impact socio-économique de la fermeture de Gentilly-2 sur sa ville et de demander comment le gouvernement et Hydro-Québec peuvent justifier pareille décision.

D'abord, il voudra obtenir des réponses à l'estimation des coûts de la réfection établie à 4,3 milliards de dollars par la société d'État.

«Comment expliquer une évaluation supérieure de plus de 1,8 milliard de dollars à ce qui a été réalisé dans quatre projets identiques et ce, avec en plus un retour d'expérience considérable qui éviterait de faire les mêmes erreurs et permettrait d'en réduire les coûts?», posera-t-il comme question mardi prochain.

Celui-ci fera allusion, entre autres, aux 2,5 millions de dollars de Point Lepreau et 4,5 milliards de dollars pour les deux unités de Bruce A.

«Comment peut justifier d'abandonner le projet le plus rentable d'Hydro-Québec (même avec un investissement de 4,3 milliards de dollars) pour un coût de production de 8,3 cents du kWh pour compléter la réfection?», peut-on lire dans le mémoire.

Alors que les projets éoliens, de biomasse et de centrales hydrauliques sont à plus de 13 cents du kWh, «comment peut-on affirmer que le coût de production de 8,3 cents du kWh n'est pas justifié au plan financier pour Hydro-Québec?», soulèvera-t-il comme interrogation.

Et comment expliquer, selon lui, que l'évaluation et la décision du gouvernement ne tiennent pas compte des retombées économiques directes et indirectes de plus de 100 millions de dollars par an, pendant les 30 prochaines années provenant de l'exploitation de Gentilly-2, «qui sont largement plus élevées que celles des projets éoliens et de biomasse?».

«Comment peut-on justifier une décision d'une telle importance économique pour l'avenir du Québec sur la base d'une prévision de revenu d'Hydro-Québec de 4 cents du kWh pour les quatre prochaines années alors qu'il y a quatre ans, les prévisions utilisées par Hydro-Québec étaient de plus de 8 cents du kWh? Ne doit-on pas au minimum être concerné par l'incertitude des prévisions utilisées par Hydro-Québec», retrouve-t-on dans la liste de questions.

Et le premier magistrat se demande comment peut-on justifier d'accepter une radiation d'actif de 1,8 milliard de dollars (70 % du profit déclaré par Hydro-Québec en 2011) engagé dans le projet de réfection de Gentilly-2 autorisé et débuté en 2008.

«Comment justifier d'augmenter la dette du Québec de plus de 1,3 milliard de dollars, soit six fois le budget annuel de la Ville de Trois-Rivières, et d'augmenter la dette d'Hydro-Québec de 500 millions de dollars pour radier un actif qui pourrait être rentabilisé?», martèlera le maire au Salon rouge de l'Assemblée nationale.

Par conséquent, le plan de diversification économique proposé par Québec lui apparaît insuffisant.

«Comment peut-on justifier qu'un fonds de 200 millions saura combler toutes les pertes économiques du Québec associées à l'augmentation de la dette de 1,3 milliard de dollars, à la perte de retombées de 400 millions de dollars pour la réfection de Gentilly-2 et de 100 millions de dollars par année pendant les 30 années d'exploitation de Gentilly-2 dans les régions du Centre-du-Québec et de la Mauricie?», poursuit-on dans le mémoire.

«Comment justifier qu'on propose d'éliminer plus de 800 postes bien rémunérés dans un secteur de haute technologie et d'innovation technologique, une industrie mature qui a fait ses preuves et une source d'énergie, fiable, sûre, et un mode de production important de toutes les stratégies envisagées pour la production d'énergie à faible émission de gaz à effet de serre?», renchérit-on.

En conclusion, Yves Lévesque fera valoir les points suivants: souhait de la population régionale de poursuivre l'exploitation de la centrale nucléaire, autorisations gouvernementales obtenues pour la réfection et argumentation tout à fait irréaliste concernant l'expertise à développer dans le démantèlement de Gentilly-2.

«Il s'avère que la décision précipitée d'Hydro-Québec et du gouvernement du Québec n'a pas permis d'évaluer tous les coûts et impacts économiques de la décision de même que tous les scénarios pour réaliser la réfection et rentabiliser la poursuite de l'exploitation à meilleurs coûts», lancera-t-il comme dernier message.

Avec la collaboration de Roland Paillé

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