La Maison de la famille toujours en sursis

Suzelle Mongrain, directrice de la Maison de la... (Photo: Stéphane Lessard)

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Suzelle Mongrain, directrice de la Maison de la famille de Trois-Rivières, affirme que c'est cette semaine que son organisme devrait prendre une décision quant à son avenir.

Photo: Stéphane Lessard

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les 7000 $ dénichés non sans mal par la députée de Champlain, Noëlla Champagne, pour venir en aide à la Maison de la famille de Trois-Rivières, ne seront pas suffisants pour assurer la survie financière de cet organisme qui offre le service de supervision de droit d'accès aux couples séparés avec enfant, mais dont les parents n'arrivent pas à communiquer sans conflit.

La directrice générale de la maison, Suzelle Mongrain, a confié, lundi que c'est cette semaine que la Maison de la famille de Trois-Rivières devrait prendre une décision quant à son avenir, car il est évident qu'il manque toujours près de 20 000 $ pour terminer l'année, soit jusqu'au mois d'avril.

Tout indique que ce n'est pas du côté du principal bailleur de fonds, soit l'Agence de santé et de services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec, que viendra l'argent manquant en attendant un hypothétique rehaussement de budget pour 2013-2014.

À l'agence, on a d'ailleurs fait savoir que lorsqu'on procédera à une révision des contrats, ce sera avec tous les organismes qui offrent le service de supervision de droit d'accès et non uniquement avec la Maison de la famille de Trois-Rivières.

«Les 7000 $ ne seront pas suffisants puisqu'on a réclamé 25 000 $, rappelle Mme Mongrain, qui salue quand même le travail de Mme Champagne. On tiendra seulement un mois de plus. La maison aura une action à poser d'ici la fin du mois de janvier car elle a trop de demandes. On a une rencontre cette semaine avec le groupe des six organismes qui offrent un droit d'accès, dont la Maison de la famille Chemin-du-Roy, pour savoir quelle action on va poser.

«Soit on cesse complètement le service, ou seulement les visites supervisées pour ne conserver que les échanges, car ces derniers n'exigent que deux personnes au lieu de quatre à cinq pour les supervisions de visite de droit d'accès. On a une grosse décision à prendre si on n'a pas de rehaussement de budget.»

Mme Mongrain souligne que ce sont surtout les salaires qui grugent le budget de la Maison de la famille de Trois-Rivières et ce même si le ministère de la Famille accorde 60 000 $ pour payer les intervenants. «Ça coûte entre 75 000 $ à 100 000 $ juste pour le service de droit d'accès.»

Elle explique par ailleurs qu'une partie de ses problèmes provient du fait que contrairement à ce qu'elle faisait par le passé, la Maison de la famille de Trois-Rivières est pour ainsi dire devenue spécialisée dans le service de supervision de droit d'accès et qu'elle offre maintenant peu de services d'autres natures aux familles, avec comme conséquence qu'elle n'est pas admissible à des programmes de subventions car aucun programme gouvernemental n'est relié au service de droit d'accès.

Mme Mongrain se dit aussi victime de la régionalisation des services de supervision de droits d'accès maintenant disponibles à Shawinigan, Louiseville et Drummondville.

«Jusqu'en 2010, il n'y avait pas de services du genre offerts ailleurs. Ça passait par la Maison de la famille de Trois-Rivières. La régionalisation a eu comme effet de diminuer les cas référés ici. En ce moment, on a environ 130 familles qui passent par chez nous, comparativement à une vingtaine chez d'autres organismes. Ce n'est plus assez pour être rentable. Je l'ai expliqué à tout le monde. On ne peut faire ça avec des bénévoles qui changent tout le temps. Il faut une certaine stabilité pour les familles et les enfants.»

Si on avait compté sur les récents événements dramatiques de Drummondville pour obtenir une oreille plus attentive de Québec, on a vite déchanté à la Maison de la famille de Trois-Rivières. Pourtant, ce triple meurtre d'enfants par une mère séparée, précisément commis lors d'une visite où seul un membre de la famille, la grand-mère, assurait une certaine supervision, montre bien l'importance de la présence de personnel formé et expérimenté lors de ces visites problématiques.

«Ça fait 20 ans qu'on travaille sur ce dossier, raconte Mme Mongrain, et je pense que ça va prendre encore 5 ans avant qu'on le règle.»

Une des solutions avancées par Mme Mongrain est que son organisme soit désigné comme Maison de la famille droit d'accès et qu'il offre un service régional compte tenu de son expertise et de l'organisation de ses locaux.

«Je devais faire un colloque cette année sur la question du droit d'accès, mais j'ai renoncé à l'idée. Je ne peux faire cela si on n'est pas supportés. Mais je ne veux pas arrêter les services supervisés, sinon les avocats seront obligés d'envoyer leurs clients faire des visites supervisées dans les familles, chez un oncle ou une grand-mère ou un centre jeunesse ou même un centre d'achat, comme on a déjà vu. Ce n'est pas logique.»

D'ici jeudi, Mme Mongrain croit qu'elle sera en mesure de préciser l'avenir de son organisme et a laissé entendre que ce sera sans doute «tout ou rien.»

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