Situation financière des municipalités: la région en bonne santé

Au niveau de la dette à long terme... (Photo: Stéphane Lessard)

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Au niveau de la dette à long terme par habitant, Trois-Rivières se situe au-dessus de la moyenne provinciale.

Photo: Stéphane Lessard

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dette, endettement net à long terme, dette per capita, dette par rapport à la richesse foncière uniformisée, dette à la charge de l'ensemble des contribuables, dette incluant celles des organismes paramunicipaux... Pas facile de se retrouver lorsqu'on parle d'endettement dans le contexte des finances municipales. Le Nouvelliste présente aujourd'hui une synthèse des données financières municipales concernant l'endettement par habitant, un des indicateurs par lesquels il est possible, mais tout de même hasardeux, de comparer entre elles les municipalités.

La Mauricie et la portion du Centre-du-Québec couverte par Le Nouvelliste semblent être en bonne santé financière. L'endettement des quelque soixante-dix municipalités n'a pas de quoi faire paniquer qui que ce soit. Dans la région, l'endettement net à long terme par habitant est en moyenne de 1602 $, ce qui est largement inférieur à la moyenne provinciale, qui est de 2337 $.

Selon des données publiées par le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire (MAMROT), l'endettement total net à long terme pour les municipalités de la région varie entre 3 $ et 6826 $.

L'endettement total net à long terme per capita s'obtient tout simplement en divisant la dette à long terme d'une municipalité par son nombre d'habitants. Il s'agit d'un indicateur qui est très différent de l'endettement par rapport à la valeur des immobilisations d'une municipalité, ou encore de l'endettement par rapport à la richesse foncière uniformisée. Mais pour les besoins de l'exercice, Le Nouvelliste a choisi de comparer les montants de l'endettement net à long terme par habitant.

Sur les 70 municipalités que compte le territoire desservi par Le Nouvelliste, 66 ont été en mesure de fournir au ministère les données financières qui incluent différents indicateurs, dont l'endettement total net per capita. Les données dont il est ici question sont celles de l'année 2011, la plus récente pour laquelle elles ont été fournies.

Aucune municipalité, de part et d'autre du fleuve Saint-Laurent, se retrouve dans une situation de dette zéro. Mais une d'elles s'en rapproche drôlement. La petite municipalité d'Aston-Jonction, dans la MRC de Nicolet-Yamaska, se retrouve avec une dette par habitant de 3 $. En clair, cela pourrait signifier que si demain matin les quelque 393 habitants d'Aston-Jonction se rendaient à l'hôtel de ville avec la somme de 3 $, la Municipalité se retrouverait sans dette...

Évidemment, une telle allusion est farfelue, mais elle donne une bonne idée de la valeur relative de la dette. Une dette de 364 millions $ comme celle de Trois-Rivières, n'aurait certainement pas le même impact financier si elle était absorbée par une population d'une municipalité deux fois moins populeuse.

À Trois-Rivières, justement, la dette à long terme per capita est de 2792 $, ce qui est supérieur à la moyenne régionale (1602 $) et aussi à la moyenne provinciale (2337 $). Dans le peloton des dix plus grandes villes du Québec, Trois-Rivières n'est devancée à ce chapitre que par Terrebonne (3875 $), Québec (3246 $) et Montréal (2861 $). Les autres villes ont toutes un endettement par habitant inférieur: Sherbrooke (2502 $), Gatineau (2114 $), Saguenay (1939 $), Laval (1922 $), Lévis (1917 $) et Longueuil (1880 $).

À Shawinigan, l'endettement net par habitant est de 2956 $.

À La Tuque, il est de 2490 $.

Bécancour a beau avoir un ratio d'endettement per capita relativement élevé (2954 $), il faut toutefois mentionner que la ville jouit d'une imposante richesse foncière uniformisée (RFU), en raison de la présence de plusieurs grandes entreprises dans son parc industriel. Au palmarès de la dette par rapport à la RFU, la Ville serait assurément dans un peloton de tête.

Pas lieu de paniquer

En consultant les tableaux faisant mention de la dette per capita des municipalités desservies par Le Nouvelliste, certaines données peuvent surprendre. Comment de petites municipalités peuvent-elles se retrouver avec des dettes per capita de plus de 5000 $?

Simple. Règle générale, cela signifie que la municipalité a récemment adopté un règlement d'emprunt important, généralement pour des travaux d'infrastructures.

C'est le cas de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, qui se retrouve avec un endettement net à long terme par habitant de 6826 $. «C'est notre gros projet d'assainissement des eaux», répond spontanément le nouveau directeur général de la Municipalité, Luc Mathon. Les travaux ont été entrepris en 2011 et complétés en 2012. «Avec un projet comme celui-là, évalué à 6 millions $ dans son ensemble, c'est normal que ça ait un impact sur notre endettement», ajoute-t-il.

Des situations semblables surviennent en d'autres endroits de la région, ce qui gonfle l'endettement par habitant pour une certaine période de temps, qui correspond généralement au terme du règlement d'emprunt responsable de cette hausse soudaine.

[Municipalité : Population | Dette par habitant | Endettement total net à long terme]

Trois-Rivières : 130 407 | 2792 $ | 364 037 385 $

Shawinigan : 50 784 | 2956 $ | 150 095 245 $

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