Le petit miracle du verre à moitié plein

Grâce à un positivisme à toute épreuve et... (PHoto: ÉMILIE O'CONNOR)

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Grâce à un positivisme à toute épreuve et l'appui des siens, dont celui de son conjoint Alin Robert, Marie-Sol Saint-Onge est parvenue à surmonter les épreuves.

PHoto: ÉMILIE O'CONNOR

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(Trois-Rivières) Aucune montagne n'est insurmontable. Pour bien saisir toute la valeur de cette expression, il suffit de passer quelques minutes en compagnie de Marie-Sol Saint-Onge, cette artiste-peintre de 35 ans qui a dû être amputée des deux jambes et des deux bras au printemps dernier après avoir été foudroyée par la bactérie mangeuse de chair.

Le 8 mars dernier, un simple virus qu'elle croyait être une gastro s'est plutôt transformé en une forme foudroyante de bactérie mangeuse de chair. Après avoir passé plusieurs jours dans le coma, on doit finalement se rendre à l'évidence: il faudra lui amputer une partie des deux bras et des deux jambes pour espérer lui sauver la vie.

«C'était un véritable cauchemar, tout droit sorti d'un film d'horreur. Mais il n'était pas question de mourir jeune», se rappelle la conjointe d'Alin Robert et la mère de Ludovic, 9 ans, et Louis- Matis, 6 ans.

À sa sortie de l'hôpital, c'est alors que s'amorce un long processus pour Marie-Sol. Elle a dû pratiquement réapprendre à vivre de A à Z, comme marcher, se brosser les dents ou encore être capable de couper le filet mignon dans son assiette. Tout a été repensé dans la maison familiale. La cuisine, la salle de bain et la chambre à coucher ont été réaménagées, un ascenseur a été installé, des ustensiles adaptés pour les prothèses de Marie-Sol ont fait leur apparition dans la salle à manger. Une nouvelle poubelle avec oeil magique et non pas une pédale traditionnelle a aussi été achetée.

Avec un large sourire et sans aucune barrière, cette miraculée raconte comment elle a traversé les innombrables épreuves des dix derniers mois. Et c'est grâce à la théorie du verre à moitié plein qu'elle peut de nouveau goûter à la vie.

«Oui, j'ai pleuré. On a tous pleuré et fait nos deuils. Mais j'étais tannée de pleurer et je me suis dit que ce n'est pas en pleurant que mes membres allaient repousser », mentionne en entrevue au Nouvelliste l'artiste qui a brisé le silence pour une première fois avant les Fêtes sur les ondes du 106,9 Mauricie.

Évidemment, tout n'est pas toujours rose pour elle, Alin, Ludovic et Louis-Matis. Le processus pour la confection des prothèses n'a d'ailleurs pas été de tout repos et les embûches ont été nombreuses. Encore une fois, plutôt que de regarder le verre a moitié vide, cette famille tissée serrée cherche toujours à trouver le côté positif des choses, aussi petit soit-il parfois.

D'ailleurs, Marie-Sol est catégorique à ce sujet. Sans l'appui de ses proches et cette approche positive, elle aurait rapidement sombré dans la dépression. «Si je suis aussi positive, c'est à 50 % à cause de mon chum et mes enfants. On y va un pas à la fois et on ne se concentre pas sur les difficultés. J'ai le choix, à 35 ans, de rester invalide pour le reste de ma vie ou plutôt vivre ma vie», souligne la quadruple amputée, pleinement reconnaissante d'être encore en vie.

Tout aussi optimiste, son conjoint image la situation de cette façon. «La montagne nous est tombée dessus. Maintenant, nous sommes rendus à l'étape de monter la montagne», lance Alin, qui a pris une année sabbatique à l'école où il travaille afin de prendre soin de Marie-Sol.

Support populaire inimaginable

En plus du soutien inconditionnel de sa famille, Marie-Sol a eu droit à une montagne d'encouragements et d'innombrables coups de main de la population. La mise aux enchères de plusieurs oeuvres d'artistes et d'élèves de la région avait permis d'amasser de l'argent pour venir en aide à la famille. La page Facebook (Aidez Marie-Sol) a également été inondée de mots réconfortants dès sa création. Depuis, le couple utilise cet outil pour diffuser de l'information concernant l'état de santé de Marie-Sol et les différentes étapes de sa réadaptation. «On a touché un paquet de monde. Je pense que les gens ont été émus par notre histoire, car t'as envie d'aider quelqu'un qui veut s'aider », estime-t-elle, bien humblement.

Pour les travaux de la maison, les volontaires ont également été nombreux. «On ne dira jamais assez merci», s'exclame Marie- Sol en remerciant particulièrement le contracteur Michel Robert et ses partenaires. «J'ai appris à recevoir. Sans tous ces gens, je ne serais pas aussi positive et on ne serait pas rendus où nous en sommes», dit-elle.

Peinture, écriture et randonnée Maintenant, Marie-Sol a déjà hâte de pouvoir «marcher à cinq pieds et sept pouces» avec ses toutes nouvelles prothèses qui doivent être confectionnées au cours des prochains mois. «C'est l'équivalent d'avoir une nouvelle BMW à la place de chacun de mes membres», image Marie-Sol en faisant référence au prix des prothèses ainsi qu'à leur niveau de technologie.

Entre temps, l'artiste en elle a hâte de retrouver ses pinceaux. Déjà, elle est capable de tenir un crayon et dessiner quelques images. La tête remplie d'idées, ce n'est qu'une question de temps avant qu'elles ne les transposent sur des toiles. Le couple entend également écrire un livre pour raconter la terrible histoire qui a frappé la famille depuis mars dernier. Également amants de la nature, Alin et Marie-Sol rêvent déjà au jours où ils pourront gravir le mont Saint-Hilaire ou encore partir en randonnée de canot dans le parc national de la Mauricie, sans le satané fauteuil roulant. Et si on se fie au courage et la détermination de cette miraculée, on peut être certain que l'attente sera de courte durée.

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