Écrasement d'avion: «On a été chanceux, très chanceux»

La glace du lac des Chicots a résisté... (photo: sylvain mayer)

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La glace du lac des Chicots a résisté à la violence de l'impact. L'avion est cependant une perte totale.

photo: sylvain mayer

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(Trois-Rivières) Mathieu Légaré est conscient de sa chance. Il sait que l'écrasement de son avion le 26 décembre dernier à Sainte-Thècle aurait pu avoir pour lui, sa nièce et son neveu des conséquences tragiques.

Quelques jours après l'écrasement, les trois personnes vont bien et se remettent du choc brutal qu'ils ont vécu. Le pilote croit qu'une bourrasque lui aurait fait perdre le contrôle de son avion lorsqu'il tentait d'atterrir sur le lac des Chicots.

L'homme de 33 ans devrait passer les deux prochaines semaines au Centre hospitalier de Trois-Rivières, le temps de subir deux opérations à la cheville et de soigner une légère commotion cérébrale.

«On a été chanceux, très chanceux», avoue l'homme de sa chambre d'hôpital. «Un vol de plaisance s'est transformé en accident.»

Le neveu et la nièce du pilote, âgés de 14 et 13 ans, ont de leur côté eu leur congé de l'hôpital. Les deux jeunes se trouvaient avec Mathieu Légaré à bord de l'avion lorsqu'il s'est écrasé sur la glace du lac des Chicots. Des deux, seul l'adolescent a subi une blessure à la cheville. Il prenait place à l'avant de l'appareil lorsque celui-ci a heurté le lac gelé.

Les circonstances entourant cet accident d'avion sont encore nébuleuses. Toutefois, le pilote souligne qu'il a quitté avec les deux adolescents un autre lac de Sainte-Thècle pour se rendre sur le lac des Chicots.

Après avoir survolé ce lac, Mathieu Légaré explique qu'il a entamé un atterrissage sur le lac gelé. C'est à ce moment qu'une bourrasque lui aurait fait perdre de l'altitude. «J'ai perdu 300 pieds en quelques secondes», se souvient le pilote.

«C'est dur à dire. L'hiver on ne voit pas les vents», précise-t-il. «J'ai eu une bourrasque qui m'a fait perdre le contrôle. Le vent, on ne le voit pas en hiver. Je n'avais pas d'indices. Mais, c'était veille de tempête.»

À ce moment, le pilote explique que l'avion s'est retrouvé sur le côté. «J'ai réussi à ramener l'avion droit. Sinon, une aile aurait cogné le sol en premier. J'ai essayé de ramener l'avion comme je le pouvais.»

Heureusement, le couvert de glace est très épais cette année sur la plupart des cours d'eau de la région. La glace a résisté à la force de l'impact. Les conséquences auraient été sans doute tragiques si l'avion avait sombré dans l'eau glacée du lac.

Mathieu Légaré connaît bien les conditions de vol dans les secteurs forestiers de la Mauricie. Fort de ses 300 heures de vol, il sait que les conditions météorologiques peuvent changer rapidement. «Il faut vivre avec. Mais là, je me suis fait prendre par la météo», dit-il en soutenant qu'il envisage de reprendre le vol dès qu'il le pourra. «C'est une passion. C'est un accident. Et c'est rare les accidents d'avion.»

L'avion de type Cessna 170A est une perte totale. La collision avec la glace a détruit le devant de l'appareil. Construit en 1950, cet avion avait récemment été acheté par Mathieu Légaré et était inspecté par un mécanicien certifié toutes les années.

«C'est un bon avion. Il était parfaitement en ordre et certifié», estime Mathieu Légaré. «S'il avait été un ultraléger ou d'une construction amateur, c'est sûr que je ne sortais pas de là. C'est un avion assez solide. L'impact a été solide, mais l'avion a protégé les occupants.»

Le Bureau de sécurité dans les transports (BST) a ouvert une enquête afin de déterminer les causes de l'accident.

Mathieu Légaré est un ancien élève de Michel Nadeau, l'ancien propriétaire de Nadeau Air Service, décédé lors d'un écrasement d'avion survenu en octobre dernier en Ontario avec le mécanicien Bernard Mailloux et l'homme d'affaires Yannick Fournier.

«On se connaît tous. C'est un petit milieu. Je connais aussi personnellement Jean Fournier [le seul survivant de l'écrasement survenu en Ontario] pour avoir travaillé dans son commerce», souligne M. Légaré.

Jamais Mathieu Légaré n'aurait pensé qu'un écrasement aurait pu prendre la vie de Michel Nadeau, une véritable légende dans le monde de l'aviation de brousse au pays. Le pilote d'expérience cumulait plus de 19 000 heures de vol.

«On en parlait entre pilotes après l'accident. On ne pensait jamais que ça pouvait arriver à Michel», dit-il.

Père d'une jeune fille de 7 mois et demi, Mathieu Légaré avoue que l'accident qui a coûté la vie à son ancien instructeur l'a fait réfléchir très sérieusement.

«Avec un enfant, on a plus peur que ça nous arrive. On pense à notre famille et notre enfant.»

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