Les enfants Pall: les plaies demeurent toujours aussi vives

Genny Harvey était entourée de ses proches lors... (photo: sylvain mayer)

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Genny Harvey était entourée de ses proches lors de la messe qui commémorait le 10e anniversaire de la mort de ses deux enfants, Vixy et Alexandre Pall.

photo: sylvain mayer

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(Saint-Boniface) La mort de Vixy et d'Alexandre Pall, 12 et 10 ans, dans un incendie le 29 décembre 2002 à Trois-Rivières avait énormément touché la population. Dix ans plus tard, les plaies sont toujours aussi vives pour les parents des deux enfants disparus.

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Le souvenir de deux enfants ne peut être effacé par dix années. Pour Genny Harvey, ils sont toujours vivants. «Ils ne sont même pas morts. Ils sont absents. Ils sont à la garderie ou en train de jouer avec des amis. Ils ne sont pas partis», dit-elle.

Le deuil de ses enfants ne peut se faire rapidement. Chacun chemine différemment lorsqu'il est confronté à la mort.

«Ça ne passe pas et ça ne passera jamais. Je sais que je ne m'en remettrai jamais. Je fais juste accepter que ce soit la situation. Mais, je ne m'en remettrai jamais», martèle-t-elle.

«Je m'arrange juste qu'ils soient aussi fiers de moi dans l'au-delà qu'ils l'étaient ici. Mes petits m'aimaient gros. Ils ''tripaient'' sur ma job et sur ce que je faisais. Si c'est vrai qu'ils sont partout, je m'arrange pour ne pas leur faire honte.»

L'importance du soutien

des autres

«L'union fait la force», lance Genny Harvey entourée de plusieurs membres de sa famille et amis venus la soutenir pour cette messe qui commémorait hier le triste anniversaire de la mort de ses deux enfants. «Sans l'amoureux qui me tient la main depuis toujours, sans la famille, les parents, la belle-soeur, les amis, ça ne marcherait pas. Ils sont là tous les ans». Chaque année depuis dix ans les proches de Genny Harvey l'accompagnent lors de la messe qui commémore le triste décès de Vixy et d'Alex. Leur mère affirme toutefois que c'est la fin des messes annuelles. «Là ça fait dix ans. C'est correct. Il faut les laisser aller aussi.»

Le grand-père des enfants, Ludger Harvey, était aux côtés de sa fille hier à Saint-Boniface. «On ne peut pas oublier», disait-il à la sortie de l'église.

De nombreuses personnes ont souhaité du courage à Genny Harvey. La mort de ses enfants a marqué bien des gens dans la région. La décennie qui vient de passer n'a pas permis d'oublier ce tragique incendie. Genny Harvey accepte de bon coeur ce soutien.

«Il ne faut pas être inconsolable. J'ai toujours dit merci. Je n'ai jamais osé dire à quelqu'un: ''tu ne l'as pas vécu, tu ne comprends pas.''»

La foi religieuse est très importante pour Genny Harvey. Cela lui permet de vivre mieux son deuil. «[J'ai] la foi que, oui, je vais aller les rejoindre un moment donné», dit-elle apaisée par cette pensée. «Je n'ai pas le choix. Ça me tient debout. Parce que c'est pas loin de virer fou vivre ça. Sans la foi, ça ne marche pas.» Genny Harvey s'est d'ailleurs rendue dernièrement à Lisbonne au Portugal en pèlerinage. «Je suis allée prier Saint-Antoine. Ça m'aide.»

«Leur présence est toujours là»

Le père des deux victimes, Michel Pall, n'était pas à la messe d'hier. «Les ''bondieuseries'' ne sont pas mon domaine», lance-t-il au téléphone.

Michel Pall affirme que le souvenir de ses enfants l'accompagne continuellement. «C'est à tous les jours. Pour moi la fête de la mort de quelqu'un n'est pas un anniversaire. Encore moins dans ce cas-là», avoue Michel Pall en précisant que la date de la mort de ses enfants n'a «pas de grand impact sur moi».

«C'est constant. Leur présence est toujours là. Ce n'est pas dans ma philosophie de mettre l'emphase sur l'anniversaire de la mort», ajoute-t-il.

Une saga judiciaire qui continue

Genny Harvey est toujours en attente du jugement de la Cour d'appel du Canada. Les plaidoyers sont terminés et les trois juges doivent rendre une décision. Rappelons qu'elle a porté en appel le jugement de la Cour supérieure du Québec rendu en 2011 qui l'a déboutée. Elle réclamait à ce moment 283 000 $ à son ex-conjoint, Michel Pall, aux pompiers de Trois-Rivières ainsi qu'au propriétaire de l'immeuble incendié. Lors de cette tragique nuit de 2002, Michel Pall a laissé ses deux enfants seuls dans son logement de la rue Sainte-Ursule, où il n'y avait pas d'avertisseur de fumée, le temps de faire une course de taxi.

Bien que Michel Pall ne connaît pas la décision des juges, il estime que le jugement devrait aller dans le même sens que les précédents. «Après l'enquête de la Police de Trois-Rivières, de la Sûreté du Québec, une commission d'enquête publique et le jugement de la Cour supérieure où tout le monde va dans le même sens, on s'attend à la même décision», soutient-il.

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