Shawinigan, personnalité de 2012

L'organisation du championnat canadien de hockey junior ne... (Photo: Émilie O'Connor)

Agrandir

L'organisation du championnat canadien de hockey junior ne représentait pas une mince affaire. Le comité organisateur devait convaincre les sceptiques et il n'a pas raté son coup.

Photo: Émilie O'Connor

Partager

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'année 2012 tant attendue à Shawinigan, Sandrine Emonin tenait à la vivre à fond de train. Son coeur n'a pas balancé bien longtemps entre la Coupe Memorial et les Jeux du Québec. Elle s'est impliquée dans les deux événements et pas sur la pointe des pieds: responsable du transport à chaque fois, un secteur hautement névralgique qui peut vous faire déraper un événement en un clin d'oeil.

Malgré l'intensité de ces mandats, la géomaticienne d'origine française garde un riche souvenir de ces semaines de festivités.

«Je voulais participer à cet élan de dynamisme», raconte Mme Emonin. «Toute la population était derrière nous; c'était vraiment remarquable. Notre principal gain cette année, c'est le sentiment d'appartenance des gens à leur communauté.»

Shawinigan a attiré les projecteurs en 2012, en devenant la première ville à accueillir ces deux rendez-vous sportifs d'envergure la même année. Plus habituée à défrayer la manchette en raison de ses déboires industriels, la communauté a réussi à relever le complexe défi de la mobilisation.

Voilà pourquoi Le Nouvelliste choisit Shawinigan pour succéder à Lise Lebel à titre de personnalité de l'année 2012.

«Pour une même communauté, organiser ces deux événements un à la suite de l'autre, c'était tout un défi», convient Éric Forest, maire de Rimouski et président de l'Union des municipalités du Québec. «Shawinigan l'a relevé avec brio. Ça doit avoir infusé beaucoup d'énergie à la ville. C'était une opportunité très mobilisatrice.»

L'organisation du championnat canadien de hockey junior ne représentait pas une mince affaire. Le comité organisateur devait convaincre les sceptiques et il n'a pas raté son coup.

«Il a répondu à toutes les exigences et il est même allé plus loin», témoigne Gilles Courteau, commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. «Le premier souvenir que je garde de cette Coupe Memorial, autre que sa fin hollywoodienne, c'est que ce fut l'événement d'une ville et d'une région. C'est un bilan très positif. Les gens me parlent encore du banquet d'ouverture!»

Après l'euphorie de la victoire des Cataractes, la communauté se donnait rendez-vous pour la 47e Finale provinciale des Jeux du Québec. L'essoufflement guettait les bénévoles et Luc Denis, directeur général de Sports Québec, admet que des inquiétudes étaient communiquées au comité organisateur sur ce plan.

«C'était tout un défi et je pense que les gens de Shawinigan s'en sont rendu compte!», souligne-t-il. «Nous n'avons pas vu d'effet négatif, mais évidemment, l'organisation des deux événements a demandé énormément de temps et d'efforts financiers aux gens. Nous avions certaines appréhensions à voir le milieu autant sollicité.»

Ces sacrifices ont toutefois permis à Shawinigan d'occuper une place carrément disproportionnée dans l'espace public.

«Je pense que la ville ne pourra jamais bénéficier d'autant de visibilité en si peu de temps», fait remarquer M. Denis.

Grands défis

M. Forest assure que de l'extérieur, il observe un renouveau à Shawinigan qu'il ne percevait pas il y a cinq ans. Cette image plus dynamique ne fait toutefois pas oublier que l'avenir de la papeterie Laurentide ne tient qu'à un fil et que dans deux ans, les cuves Söderberg de Rio Tinto Alcan s'éteindront lentement.

«La mauvaise nouvelle nous imprègne toujours plus que la bonne», reconnaît M. Forest. «Mais il faut bâtir sur ce qu'on a bien fait. Sur ce plan, Shawinigan a une très bonne note cette année. Les leaders du milieu doivent tabler là-dessus.»

Du coin de l'oeil, Yves Lévesque observe le même virage à Shawinigan que celui qu'il a voulu imposer à son arrivée à la mairie de Trois-Rivières en 2002.

«C'est la même affaire», commente-t-il. «Il y a toujours de l'espoir, mais il faut passer à l'action. Il faut investir, diversifier l'économie. En Mauricie, l'avantage que nous avons, c'est une belle qualité de vie. C'est ce que recherche la nouvelle génération de main-d'oeuvre.»

L'accueil de grands événements en 2012 n'efface évidemment pas l'enjeu crucial de la création d'emplois. À tout le moins, les Shawiniganais ont démontré qu'en se mobilisant autour d'une cause commune, ils pouvaient aussi jouer dans la cour des grands.

«Je crois qu'en pensant à 2012, les gens retiendront avant tout les Jeux du Québec et la Coupe Memorial», conclut Mme Emonin. «Sans ces événements, ils auraient sans doute retenu les mauvaises nouvelles chez Laurentide. C'est ce qui aurait marqué la population.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer