«On est capable de faire mieux que Gentilly-2»

Yves-François Blanchet était de passage hier matin au... (photo: stéphane lessard)

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Yves-François Blanchet était de passage hier matin au Nouvelliste.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) En cette journée d'arrêt des activités de la centrale nucléaire Gentilly-2, Yves-François Blanchet croit que le gouvernement Marois saura démontrer qu'il a mis en place les outils nécessaires pour que la région soit gagnante à long terme en matière de création d'emplois de qualité.

«En terme de développement économique pour la région, on est capable de faire plus et de faire mieux que ce que Gentilly-2 a fait. Il n'y a aucune surprise dans ce qu'on a fait, si ce n'est d'avoir enfin des politiciens qui font ce à quoi ils se sont engagés. Je prends la responsabilité que les retombées économiques du fonds de 200 millions de dollars soient bel et bien réelles. C'est mon travail de ministre régional», soutient le nouveau ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, qui était de passage hier matin dans les bureaux du Nouvelliste à Trois-Rivières.

M. Blanchet souligne que la table régionale responsable du fonds travaille bien et que de la prospection d'entreprises a déjà été amorcée. Selon lui, la diversification peut très bien se concrétiser par l'arrivée d'entreprises vertes.

«Comme ministre, c'est le défi du mariage qu'on va réussir à faire entre le dossier controversé de Gentilly-2 et le modèle de développement économique qu'on peut mettre en place avec le fonds de diversification de 200 millions de dollars. Mes responsabilités étant ce qu'elles sont maintenant, ça colore un peu ma vision de la chose: attirer davantage d'entreprises vertes, voir si on est capable d'attirer des entreprises reliées à l'électrification des transports. C'est le défi de transformer une économie qui s'appuyait sur une infrastructure désuète et dangereuse en une économie moderne et ouverte sur le monde qui regarde les marchés émergents que sont la Chine et l'Inde en particulier. Ce sont deux pays dont les besoins en matière de technologie verte seront extraordinaires.»

La décision du gouvernement péquiste de fermer Gentilly-2 a donné lieu à de nombreuses critiques. Plusieurs intervenants politiques et économiques ont soulevé l'impact négatif de cette fermeture sur l'économie de la région en lien avec la perte de quelque 800 emplois très bien rémunérés. M. Blanchet affirme qu'en tant que ministre régional et ministre du Développement durable et de l'Environnement, il va s'assurer que le développement économique et le respect de l'environnement iront de pair.

«Le mariage des deux, c'est le pari que je prends. Je ne veux pas qu'on dise aux familles: ''Vous n'aurez pas d'emplois parce qu'on a des inquiétudes environnementales''. Et je ne veux pas qu'on dise aux autres citoyens: ''Vous allez sacrifier votre qualité de vie parce qu'on a besoin de développement''.»

Le jupon de la FTQ

La Fédération des travailleurs du Québec fait partie des intervenants qui critiquent vivement la fermeture de Gentilly-2. La FTQ prétend qu'elle a été trahie par le comportement du gouvernement Marois dans ce dossier.

Mis au courant des réflexions de la section régionale de la FTQ, Yves-François Blanchet ne tarde pas à répliquer de façon assez directe merci.

«Je comprends que pour la FTQ, il y ait un enjeu. Il n'y a rien qui dit que les travailleurs qui vont profiter de la création d'emplois qui viennent avec le fonds vont être syndiqués avec la FTQ. Il y a un intérêt purement associatif dans leurs commentaires. Une organisation syndicale souhaite avoir des entreprises dont les travailleurs sont membres

de cette organisation syndicale. C'est tout à fait normal. Je respecte ça et je respecte beaucoup la FTQ. Mais dans le cas présent, il y a un petit bout de jupon qui dépasse.»

L'entrepreneuriat à développer davantage

«À moyen terme, la région aura de meilleurs résultats, dollar pour dollar, en investissant dans l'entrepreneuriat local que dans la dernière machine de Résolu.»

Si on se fie à la vision de l'économie régionale d'Yves-François Blanchet, il ne faut pas s'attendre à ce que le gouvernement québécois vienne à la rescousse de l'usine Laurentide de Shawinigan.

C'est aujourd'hui qu'on devrait savoir si les travailleurs acceptent ou refusent l'entente de principe conclue quelques heures avant Noël avec la direction. Mais pour le ministre régional, la Mauricie a avantage à miser sur le développement de l'esprit entrepreneurial.

«La question est de savoir jusqu'à quel point on finance le respirateur artificiel. Si on avait devant nous un acteur économique dont les antécédents étaient irréprochables, qui agit de façon responsable face à ses travailleurs, face à ceux qui l'ont soutenu, ce serait peut-être différent. Mais j'ai des doutes à cet égard-là sur Résolu. Je ne pense pas que ce soit en soutenant une entreprise en déclin qu'on va placer à long terme l'économie de la région sur la bonne piste. J'aime beaucoup mieux donner de l'encouragement à des projets d'entrepreneuriat plus petits, mais plus porteurs.»

Originaire de Drummondville, M. Blanchet rappelle les succès d'entreprises de ce secteur du Centre-du-Québec. Il estime que la Mauricie a tout ce qu'il faut pour dynamiser encore davantage son tissu économique par le développement de PME.

«La Mauricie a le potentiel de passer d'une économie de grande entreprise à une économie de type entrepreneuriat local et régional. Il est davantage porteur pour la région de mettre ses billes dans un modèle de développement économique qui mettra en valeur le talent, l'esprit d'entreprise de la région et qui va s'ouvrir sur une économie qui se mondialise. La Mauricie a tous les outils pour avancer dans cette direction. Elle peut et doit avancer dans cette direction.»

Une rencontre avec Lévesque

Malgré les relations difficiles entre lui et Yves Lévesque,

Yves-François Blanchet souhaite tenir une première rencontre avec le maire et les autres membres du conseil au début de 2013 afin de discuter des dossiers prioritaires de la Ville de Trois-Rivières.

Ces relations tendues entre les deux élus découlent des déclarations faites par M. Lévesque concernant la fermeture de Gentilly-2. Le maire de

Trois-Rivières ne s'est jamais gêné pour critiquer vertement cette décision du gouvernement Marois.

«On a tous les deux l'obligation de travailler pour le bien de la région. Je ne refuserai rien de ce qui va me sembler bon pour la région et je suis convaincu que le maire Lévesque va faire la même chose. Au-delà du style un peu bourru de notre relation, elle a le potentiel d'être constructive pour Trois-Rivières.»?

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