Pêche à la perchaude: Québec dit non

La pêche au lac Saint-Pierre, une industrie de... (Photo: Archives Le Nouvelliste)

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La pêche au lac Saint-Pierre, une industrie de 10 millions$.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Louiseville) Alors qu'hier s'amorçait la saison de la pêche sur glace au lac Saint-Pierre, le ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet, n'a finalement fait aucun compromis dans le dossier du moratoire de cinq ans sur la perchaude.

Malgré les pressions exercées par l'Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre et l'Aire faunique communautaire, au cours des derniers mois, le ministre dit non à une levée partielle de la pêche hivernale à la perchaude, et ce, dans le but de préserver l'espèce grandement fragilisée.

En mars dernier, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune avait décrété un moratoire complet de cinq ans lorsque les biologistes ont démontré que les stocks de perchaude du lac Saint-Pierre s'étaient complètement effondrés, victimes de multiples pressions comme la présence du cormoran, le phosphore issu de l'agriculture, le réchauffement de l'eau du fleuve et l'arrivée du gobie à taches noires, une espèce envahissante qui fait compétition à la perchaude pour les mêmes ressources alimentaires.

Les pêcheurs du lac Saint-Pierre ont alors formé une association afin d'essayer de contrer la décision du ministère.

Malgré une chasse aux cormorans effectuée l'été dernier par les biologistes, qui ont pu en abattre environ 600, le ministre a jugé que la perchaude demeure trop fragile pour prendre le risque d'ajouter la pêche, même partielle, sur le tas des menaces qui pèsent sur elle. Ces essais de contrôle par abattage se poursuivront, a aussi annoncé hier le ministère.

Selon l'Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre (APLSP), la perchaude est encore présente dans le lac Saint-Pierre, mais elle ne se tient plus aux mêmes endroits que ceux répertoriés et analysés par les biologistes. L'Association voulait faire la démonstration de ses observations en demandant au ministre d'autoriser un quota de cinq perchaudes et en prenant part ainsi à un nouvel inventaire.

L'association n'a pas voulu commenter la nouvelle, hier. Elle tiendra plutôt un point de presse ce matin.

De son côté, l'Aire faunique communautaire du lac Saint-Pierre, qui représente plus de 40 000 membres, se dit désolée de la décision du ministre.

«Cette décision continuera d'infliger d'importantes conséquences économiques, touristiques et affectera grandement l'effort de la relève au lac Saint-Pierre», a commenté hier l'organisme.

L'AFC dit mal comprendre la décision puisque la pêche à la perchaude demeure autorisée en aval du pont Laviolette. C'est que les données scientifiques à acquérir dans ce secteur ne sont pas encore assez complètes pour l'inclure dans le moratoire.

Au moment de l'annonce du moratoire, la situation était tellement grave au lac Saint-Pierre que les biologistes craignaient que la perchaude franchisse un point de non-retour.

L'AFC a l'intention de poursuivre malgré tout ses pressions.

Rappelons que la pêche au lac Saint-Pierre représente une industrie de quelque 10 millions $. La perchaude est le poisson le plus recherché auprès des pêcheurs parce qu'il mord le jour tandis que beaucoup d'espèces ne sont actives que le soir. La perchaude représente donc, pour cette raison, un attrait majeur pour le tourisme sportif.

Malgré des efforts déployés depuis plusieurs années, la population de perchaude n'a cessé de décliner.

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