«On est amers, tannés, fatigués»

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Raymonde Cossette est très déçue du comportement de la Ville de Shawinigan, avec qui elle ne parvient pas à s'entendre pour vendre son vaste domaine.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Après avoir encaissé le choc d'apprendre qu'ils devaient quitter leur milieu de vie à la faveur d'un nouveau parc industriel à grand gabarit, plusieurs propriétaires du secteur Saint-Georges s'apprêtent à passer la période des Fêtes sans connaître encore la somme que la Ville de Shawinigan leur versera pour leur propriété.

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L'ancien foyer d'accueil a été visité par les voyous cette semaine, mais les policiers de la SQ ont déjà procédé à l'arrestation de deux suspects.

Photo: Sylvain Mayer

En avril, le maire, Michel Angers, annonçait que l'administration municipale dépoussiérait un vieux dossier: une superficie de 170 hectares serait réservée à l'aménagement d'un important parc industriel au carrefour des routes 155 et 153. Il s'attendait alors à confirmer très prochainement l'arrivée d'une importante usine sur ce nouvel emplacement.

Or, ce projet chemine beaucoup moins rapidement que prévu. En attendant, la Ville s'est entendue avec 11 propriétaires, pour une valeur de 1,3 million $.

En avril, le conseil municipal avait annoncé l'adoption d'un règlement d'emprunt de 5,4 millions $ pour faire l'acquisition de 26 propriétés afin de réaliser l'aménagement de ce parc industriel. Au programme triennal d'immobilisation déposé le 11 décembre, la Ville prévoit investir 16 millions $ dans ce projet d'ici 2015.

Les négociations pour les acquisitions de propriétés ont beaucoup ralenti à compter du milieu de l'automne, vraisemblablement en raison de différends entre les évaluations réalisées par une firme indépendante et ce que la Ville s'attendait à payer.

Cette période d'attente commence à jouer sur le moral de plusieurs résidents.

«On est amers, tannés, fatigués», résume Raymonde Cossette, propriétaire d'une maison d'accueil qui a déménagé ses pénates en catastrophe à Saint-Tite, en juin, afin de permettre aux plus jeunes enfants qu'elle accueille de se familiariser avec leur nouveau milieu avant la rentrée scolaire.

«Déjà que c'est triste de partir», explique-t-elle. «Nous, on ne l'a pas choisi. On veut bien participer au développement économique, mais là, on laisse notre santé là-dedans. C'est inhumain!»

Mme Cossette et sa partenaire, Chantal Héroux, avaient pris soin de faire appel à une firme d'évaluation de Trois-Rivières pour compléter l'expertise de Servitech, qui avait été engagée par la Ville pour fixer le prix des propriétés visées. Or, les deux arrivaient sensiblement au même montant.

Il faut dire que cette résidence située dans un secteur isolé, un peu en retrait de la 90e Avenue, fait partie d'un complexe qui comprend plusieurs bâtiments, un lac artificiel de même qu'une fermette avec des chevaux, des ânes, des lamas, des oies, des canards, des faisans, des paons et des poules. Les propriétaires ont patiemment aménagé ce domaine au cours des dix dernières années.

Mme Cossette prétend qu'elle était prête à accepter un montant 20 % inférieur à ce que les deux firmes avaient estimé comme valeur. Mais la proposition ne convenait visiblement pas au conseil municipal, d'où l'impasse.

«Au printemps, le maire nous avait dit qu'il nous aiderait, qu'il nous supporterait, qu'il nous trouverait un nouvel endroit», rappelle Mme Cossette. «Il n'y a rien de vrai dans ça. Nous avons trouvé notre maison à Saint-Tite sans l'aide de la Ville.»

Au début novembre, le conseil municipal a adopté une résolution pour accorder une avance de 150 000 $ à Mmes Cossette et Héroux, pour les frais encourus pour tout ce branle-bas jusqu'à maintenant. Mais sur le coeur du litige, les deux parties demeurent loin d'une poignée de main.

«Il paraît qu'on va avoir une autre offre après les Fêtes», soupire Mme Cossette. «Nous, tout ce qu'on veut, c'est avoir ce que nous avions où nous étions. Comme c'était prévu.»

Vandalisme

Pour couronner le tout, la maison a été pillée en milieu de semaine. Les voleurs ont tout viré à l'envers, profitant de l'absence du gardien qui n'avait pu coucher à la maison comme d'habitude en raison de la tempête. Les individus seraient entrés par une fenêtre du sous-sol avant de s'emparer de quelques biens.

La Sûreté du Québec a rapidement procédé à deux arrestations dans ce dossier. Ainsi, Patrick Vézina et Éric Michaud, âgés au début de la vingtaine, ont été accusés d'introduction par effraction et de possession d'outils de cambriolage hier, au palais de justice de Shawinigan.

«Ils ont foutu le bordel», déplore Mme Cossette.

«En plus, on a fumé à l'intérieur. Imaginez si le feu avait pris! Les pompiers ne peuvent même pas se rendre ici tellement c'est mal déneigé.»

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