M. Pilotte s'était présenté sous la bannière libérale aux dernières élections provinciales. Il s'est classé au troisième rang dans le comté de Saint-Maurice, recueillant 27 % des votes.
Stimulé par cette expérience, M. Pilotte a convenu qu'il fallait maintenant faire des choix.
«L'heure des bilans sonne après la campagne», explique-t-il. «C'est difficile de perdre, parce que c'est tellement intense! Mais la politique, ce n'est pas un engagement qui dure un mois quelque part dans ta vie. C'est plus profond que ça. J'ai discuté de tout ça avec mon amoureuse et je me suis demandé si j'avais le goût d'y retourner.»
M. Pilotte sait très bien que l'usure du leadership de Jean Charest représentait un gros défi lors de la dernière campagne estivale. Avec un nouveau chef, il croit que l'écart avec le Parti québécois se rétrécira inévitablement lors du prochain rendez-vous électoral, qui arrivera plus tôt que tard dans un contexte de gouvernement minoritaire.
«Je ne peux donc pas ne pas y retourner une autre fois», en déduit celui qui est rapidement devenu président de l'association libérale du comté deSaint-Maurice après sa défaite. Pour le moment, autant l'association locale que M. Pilotte n'ont accordé leur appui à aucun des trois prétendants en lice.
Transaction
Dans ce contexte, M. Pilotte a pris la décision de vendre le Domaine Beauséjour, qu'il n'avait acquis qu'en septembre 2011 de Sylvie Gervais pour la somme de 250 000 $.
Au cours de la dernière année, il avait mis beaucoup d'énergie, avec sa conjointe Danièle Richard, pour redonner du lustre à ce site patrimonial. Cette désignation avait été accordée par le conseil municipal de Shawinigan en juillet 2009.
Les premières constructions du Domaine Beauséjour remontent à 1885 et l'endroit est constitué de onze bâtiments. La Ville avait accordé cette désignation notamment parce qu'il s'agit de l'une des dernières présences des grands domaines privés qui étaient réservés à la chasse et la pêche.
Stéphane Montmorency et Manon Paquet ont payé 401 000 $ pour acquérir les lieux, qui appartenaient précisément à l'entreprise Projet Pilotte communication.
La transaction a été enregistrée le 7 décembre. Les nouveaux propriétaires ont offert àM. Pilotte de louer le site pour présenter une quatrième édition de la Bourgade du père Noël, mais le futur candidat libéral dans le comté de Saint-Maurice est visiblement rendu ailleurs. Pas plus tard qu'au printemps dernier pourtant, il avançait une grande vision pour le développement de ce domaine.
«Il faut choisir nos combats», fait remarquer M. Pilotte. «Je ne peux pas être partout. Nous avons tenu ça à bout de bras et maintenant, on passe à autre chose.»
Voilà une fin un peu abrupte pour un attrait hivernal qui a émerveillé les petits et les grands pendant sa courte existence. L'audacieux concept avait été lancé par l'ex-propriétaire du site, Sylvie Gervais. D'abord en 1999 et en 2000, puis, de façon plus soutenue, depuis 2009.
«Je leur assure de ma collaboration s'ils veulent refaire la bourgade un jour», témoigne Mme Gervais. «Nous avons un petit pincement au coeur qu'il n'y en ait pas cette année. C'est un événement qui faisait partie de mon âme! Les familles revenaient, comme une tradition. C'était un pèlerinage. La clientèle était très fidèle.»
«C'était impossible de repartir ça à la dernière minute cette année», ajoute-t-elle. «Mais je sens que ce n'est pas mort. Il y aura peut-être un retour, sous une autre forme. Ça pourrait être une bourgade itinérante, par exemple. Ou si les nouveaux propriétaires souhaitent faire une petite bourgade l'an prochain, je serai là. Dans mon âme, je suis encore la petite lutine Gloria!»