Perchaude: levée partielle du moratoire à l'horizon?

Jean Lévesque, président de l'Association des pêcheurs du... (Photo: Sylvain Mayer)

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Jean Lévesque, président de l'Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre et Claude Desaulniers de la pourvoirie Qui-Mauricie, s'affairaient à déplacer des cabanes à pêche, hier.

Photo: Sylvain Mayer

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les pêcheurs sportifs pourraient bénéficier d'une levée partielle du moratoire de cinq ans sur la perchaude avant le 20 décembre, date officielle du début de la pêche sur glace au lac Saint-Pierre.

Le député libéral de Maskinongé, Jean-Paul Diamond, qui défend ce dossier, signale que l'ancien ministre de l'Environnement du Parti québécois, Daniel Breton, «semblait favorable à ce que la pêche ouvre cet hiver, mais pas avec le même quota» que celui réclamé par l'Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre.

M. Diamond a pu s'entretenir aussi avec le nouveau ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, récemment. Le ministre lui a confirmé qu'il avait pris connaissance du dossier. «Il m'a dit: ''Sûrement qu'on va faire quelque chose mais, si plus tard il vient à ne plus y avoir de perchaude, vous en subirez les conséquences''», raconte M. Diamond.

Cette ouverture proviendrait du fait qu'au cours de l'été, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a autorisé le contrôle par abattage du cormoran à aigrette. M. Diamond a appris qu'environ 600 oiseaux ont ainsi pu être abattus, une information que le MRNF n'a pas voulu confirmer, hier.

Cette espèce envahissante consommerait à elle seule entre 15 et 17 tonnes de perchaudes par année, s'est fait expliquer le député de Maskinongé. «S'il se prenait trois ou quatre tonnes de perchaudes à la pêche journalière, je pense que ça ne dérangera pas grand-monde», estime le député.

Les pourvoyeurs attendent la réponse du ministre avec une impatience grandissante, qu'elle soit positive ou négative, puisque la pêche sur glace ouvre dans quelques jours et le long silence du gouvernement dans le dossier, dû en partie au changement de ministre, a déjà des répercussions négatives dans cette activité économique.

À la pourvoirie Qui-Mauricie, comme dans les autres pourvoiries du lac Saint-Pierre, Claude Desaulniers ne compte plus les clients qui ne veulent pas installer leur cabane à pêche sur la glace, cette année.

Le noyau dur de la clientèle des pourvoiries, celui qui vient pêcher chaque jour sur le fleuve, est en train d'aller s'installer ailleurs. Les gens font remorquer leur cabane à pêche vers le lac Saint-Louis ou le lac Saint-François, là où il y a de la perchaude, raconte Stéphane Marin, président de l'Aire faunique communautaire.

Ces désertions représentent jusqu'à présent 20 % des habitués, calcule Jean Lévesque, le président de l'Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre. Stéphane Marin vend chaque année entre 30 et 35 gallons de menés, un appât de choix pour les perchaudes. Comparativement à pareille date, cette année, il n'en a vendu que quatre gallons. La députée de Champlain, Noëlla Champagne explique que l'ancien ministre Breton avait pris sa décision et devait l'annoncer. Mais c'était juste avant qu'il démissionne de son poste.

Pour ce qui est du ministre Blanchet, il y aurait une ouverture, entrevoit Mme Champagne. «Mais ce n'est pas une ouverture totale», laisse-t-elle entendre. Il fallait donner la chance à M. Blanchet de prendre connaissance du dossier, dit-elle. «J'ai confiance qu'il y ait une décision avant le 20 décembre», ajoute Mme Champagne.

La perchaude, c'est vraiment le poisson le plus populaire du lac Saint-Pierre, en hiver, parce qu'il se pêche toute la journée contrairement à d'autres espèces qui se laisseront capturer plutôt à l'aube et au crépuscule, par exemple, ou le soir.

Pour le président de l'Aire faunique communautaire, non seulement la perchaude est-elle devenue une pêche traditionnelle autour du lac Saint-Pierre, mais elle est au coeur d'une activité économique aux retombées de 10 millions $. C'est aussi l'attrait numéro un pour générer de la relève chez les pêcheurs sportifs, analyse Stéphane Marin.

«Si ça tombe une année, les pourvoyeurs ne se relèveront pas», prévoit de son côté Jean Lévesque.

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