Immigration et travail: la Mauricie n'a pas le choix de faire encore mieux

La ministre de l'immigration et des Communautés culturelles,... (Photo: Sylvain Mayer)

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La ministre de l'immigration et des Communautés culturelles, Diane De Courcy.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Même si on reconnaît volontiers que la Mauricie accueille bien les immigrants quand vient le temps de les loger, d'inscrire leurs enfants à l'école, de leur assurer l'accès à des soins en santé et de les diriger vers des cours de français, force est de constater qu'elle peut faire mieux pour les intégrer au travail.

C'est l'un des constats qui ressortaient de la table ronde qu'animait, hier, à Shawinigan, la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles et ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy.

Y participaient les acteurs économiques, institutionnels et communautaires de l'ensemble de la Mauricie, dont le maire de Shawinigan, Michel Angers, ainsi que les députés de Saint-Maurice et de Champlain, Luc Trudel et Noëlla Champagne.

Cette visite faisait partie d'une tournée provinciale de la ministre qui, dès le début de son mandat, a voulu échanger sur ce qu'elle appelle des sujets de première importance pour le Québec: l'attraction, l'intégration et la francisation des personnes immigrantes.

«Je ne suis pas ici pour une simple visite de courtoisie», a prévenu Mme De Courcy d'entrée de jeu. Cela me permet d'entendre les besoins associés à la régionalisation de l'immigration pour m'assurer que les dispositions que le gouvernement prendra dans les prochaines semaines soient bien adaptées à chacune des régions. Comme dit Mme Champagne, on veut faire une immigration intelligente.»

Comme on pouvait s'y attendre, un des besoins exprimés lors de cette rencontre fut la mise en place de services de soutien et d'accompagnement des nouveaux arrivants dans les milieux de travail, particulièrement dans les PME qui, souvent, ne peuvent compter sur du personnel en ressources humaines.

Le maire Angers a lui aussi insisté sur le besoin de bien préparer les employeurs à l'intégration de cette nouvelle main-d'oeuvre mais également la population qui, à son avis, réagit encore mal face à des personnes qui parlent français avec un accent, qui ont une couleur de peau différente d'un Québécois de souche ou qui parlent l'arabe.

La ministre s'est dit au courant que Trois-Rivières était déjà une terre d'accueil pour les réfugiés. Le grand Trois-Rivières accueille en effet plus de 90 % des immigrants en Mauricie. Mme Noëlla Champagne a pour sa part rappelé que la Ville et son CLD étaient en train de mettre en place une politique d'immigration et a dit souhaiter que l'arrimage de cette politique se fasse avec celle de Shawinigan.

«On nous a dit que c'était possible. On a aussi parlé ce matin d'un décloisonnement entre les ministères et les institutions scolaires. En matière d'immigration, on ne peut plus se contenter de faire du dépannage. Les gens doivent voir un avenir pour eux si on souhaite qu'ils restent ici.»

La députée a aussi laissé entendre qu'il faudra sans doute une campagne publicitaire auprès de la population afin qu'elle ne se sente pas envahie par les nouveaux arrivants et qu'elle comprenne bien ce qu'ils apportent à la communauté.

Enfin, le député de Saint-Maurice a déclaré avoir senti que les ministères étaient prêts à faire preuve de plus de flexibilité pour répondre aux préoccupations régionales.

«J'ai eu l'impression d'assister ce matin à un début d'échange entre la région et la ministre. Je retiens l'ouverture de la discussion et le niveau de concertation de la société civile qui est si élevé, qu'elle est prête à aller un peu plus loin dans cette réflexion. Ce matin, c'est une amorce.»

La ministre a abondé dans le même sens en ajoutant qu'elle avait l'intention de «se reposer» sur le forum de la société civile, un lieu important où on est capable de discuter de sujets délicats, a-t-elle noté. «On s'est donné un nouveau rendez-vous avec la Conférence régionale des élus de la Mauricie et nous allons nous revoir à la fin mars pour voir comment tout cela va se concrétiser.»

Mais d'ores et déjà, elle a laissé entendre qu'il faudrait prévoir un calendrier d'environ 5 ans pour bien réussir la régionalisation de l'immigration.

En après-midi, la ministre effectuait le même exercice à Victoriaville pour la région du Centre-du-Québec.

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