Compressions budgétaires: climat d'inquiétude à l'UQTR

La rectrice de l'UQTR Nadia Gazzhali croit qu'il... (Photo: François Gervais)

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La rectrice de l'UQTR Nadia Gazzhali croit qu'il sera impossible de couper cinq millions de dollars dans son budget d'ici quatre mois.

Photo: François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La rectrice de l'UQTR, Nadia Ghazzali, a fait part de sa vive inquiétude face aux compressions de 127,3 millions $ imposées par Québec d'ici le 31 mars dans les universités du Québec.

Pour l'UQTR, cela représente 5,2 % de la subvention de fonctionnement de 97 millions $ versée par le ministère de l'Enseignement supérieur, c'est-à-dire

5 millions $.

«La situation est fort préoccupante, très inquiétante», a déclaré Mme Gazzhali, hier, lors d'un point de presse, d'autant plus inquiétante que l'UQTR accuse présentement un déficit de

1,2 million $ qu'elle a accompagné d'un plan de redressement sur deux ans, comme l'exige le gouvernement en pareil cas.

Le budget a été adopté il y a à peine quelques jours par le conseil d'administration et voici qu'il faut tout revoir pour en éliminer cinq millions $ d'ici quatre mois.

La rectrice explique que l'exercice sera tenté, mais «est-ce que je vais y arriver? Je ne pense pas. C'est impossible de couper cinq million $», dit-elle, surtout en si peu de temps.

La rectrice prévoit que tout ceci viendra tout simplement engraisser le déficit. «Mais on ne sera pas les seuls, je vous assure. Toutes les universités auront un déficit», prévoit-elle.

À l'UQTR, dit-elle, 80 % du budget va dans la masse salariale. «On ne peut pas couper parce qu'on a des engagements comme employeur envers nos employés. «On a des conventions collectives à respecter». fait-elle valoir.

D'ailleurs, cette annonce arrive dans un bien mauvais moment puisque l'UQTR est en pleine négociation avec le Syndicat des professeur(e)s. La rectrice espère que la situation n'aura pas d'impact sur les négociations puisque jusqu'à présent, dit-elle, le climat est au dialogue et le respect est mutuel. «Mais nous sommes tous concernés par ces coupures-là», laisse-t-elle entendre.

Ann-Julie DuRocher, vice-présidente aux affaires socio-politiques de l'Association des étudiants de l'UQTR a été très catégorique, hier, après le point de presse de la rectrice. «Il est hors de question que la facture étudiante soit touchée par ces coupures», dit-elle. L'AGÉUQTR entend s'assurer «qu'il n'y ait aucune mesure financière qui touche les étudiants», ajoute-t-elle, même pas au niveau des services aux étudiants, précise

Mme DuRocher.

«Nous ne pouvons pas, comme université, hypothéquer la formation des étudiants. Ça, c'est notre mission», plaide aussi la rectrice. «Nous ne pouvons pas toucher de façon drastique les services qu'on offre aux étudiants comme nous ne pouvons pas de façon drastique attaquer la masse salariale», fait-elle valoir.

Pour l'instant, dit-elle, difficile de savoir par quel bout amorcer les compressions. Évidemment, le conseil d'administration sera convoqué et la situation examinée sous toutes ses coutures. «Notre marge de manoeuvre est mince», reconnaît la rectrice

L'UQTR sera l'hôtesse d'une des conférences préparatoires au Sommet sur l'enseignement supérieur au Québec, les 13 et 14 décembre. Loin de vouloir la boycotter, la rectrice a bien l'intention d'en profiter pour débattre de cette question. «Il faut qu'on soit là pour rétablir les faits» dit-elle. Malheureusement, la majorité des ateliers se feront à huis clos, précise l'AGÉUQTR qui a de justesse obtenu deux sièges d'observateurs à l'événement.

Campus de Drummondville

Dans ces compressions de cinq millions $, on ne trouve aucune somme associée à la construction d'un nouvel édifice à Drummondville pour accueillir les formations hors campus données par l'UQTR qui vient d'y démarrer deux baccalauréats de formation initiale.

La rectrice Ghazzali explique que tout se passe bien au niveau des crédits étudiants, mais elle croit que le gouvernement devra aussi se préoccuper des espaces nécessaires à la prestation des formations.

La Ville de Drummondville a acheté le terrain et construira l'édifice dans lequel l'UQTR louera des espaces, mais la rectrice ne sait toujours pas quand.

«J'aurais aimé aujourd'hui vous dire qu'on va vraiment lancer le projet à la fin de décembre», dit-elle. «Nous avons besoin que le gouvernement reconnaisse les espaces pour qu'on puisse y oeuvrer», fait-elle valoir. «Je ferai tout en mon pouvoir pour que ça avance. Nous avons un appui de M. Blanchette (ministre responsable de la Mauricie et du Centre-du-Québec). Je n'ai pas parlé à M. Blanchette depuis l'annonce des coupures, mais j'espère qu'on va pouvoir garder ça comme projet structurant», dit-elle.

Il n'a pas été question de ce dossier-là lors de la rencontre à huis clos des recteurs avec le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, mardi.

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