La situation se dégrade à l'A.B.I.

Ça va de mal en pis à l'A.B.I.... (Photo: Stéphane Lessard)

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Ça va de mal en pis à l'A.B.I.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Les négociations ont beau se poursuivre à l'Aluminerie de Bécancour, la situation à l'intérieur de l'usine est de plus en plus critique selon la direction.

«Malgré l'injonction obtenue le 21 novembre dernier pour faire cesser les ralentissements de travail, la situation continue de se dégrader. Les risques augmentent notamment pour la sécurité des employés et l'intégrité des équipements», a fait savoir Isabelle Bédard, du service des communications. Une déclaration que n'a pas voulu commenter le Syndicat des Métallos.

La direction a donc entrepris une nouvelle tournée d'information dans l'usine afin de s'assurer que «tous les employés sont au fait de la gravité de la situation et de l'importance de revenir dans les plus brefs délais à une situation normale».

En ce qui a trait aux négociations en cours, l'objectif de la compagnie demeure d'en arriver à une entente satisfaisante pour les deux parties, tout en permettant à l'usine de demeurer concurrentielle «et espère que la situation rentrera dans l'ordre rapidement», précise Mme Bédard.

Si les choses devaient ne pas revenir à la normale, celle-ci n'a pas voulu se prononcer sur les conséquences alors que l'entreprise a un droit de lock-out depuis la fin de la convention collective le 22 novembre dernier.

Les discussions viennent pourtant de reprendre à la suite de cette rencontre au sommet à Pittsburgh.

Ce qui n'empêche pas qu'une nouvelle date ait été fixée pour l'audience devant la Commission des relations du travail, soit le 19 décembre. Prévue initialement mardi dernier, ce bras de fer avait été reportée «par manque de disponibilité», assurait-on du côté de l'A.B.I.

Le 21 novembre dernier, soit à l'aube d'un arrêt de travail potentiel, les syndiqués avaient justement été sommés de cesser immédiatement tout ralentissement de la production et de reprendre l'exercice normal de leur boulot.

Dans sa décision, la Commission des relations du travail en venait à la conclusion «qu'il y a un grave problème à l'aluminerie» tout en évoquant des négociations «ardues».

«Des retards importants accumulés à la fonderie font en sorte qu'A.B.I. n'a plus l'espace nécessaire dans ses cuves pour garder l'aluminium déjà produit et non coulé, l'obligeant soit à réduire sa production, soit à mettre les cuves en dormance pour ensuite les fermer. Elle n'est plus en mesure de poursuivre ses activités normales», pouvait-on y lire.

Par contre, la preuve ne permettait pas de conclure que les Métallos aient encouragé ou appuyé ce ralentissement d'activités. «Cela ne les libère toutefois pas de leur obligation de rappeler leurs obligations aux salariés qu'ils représentent», poursuivait le juge administratif Raymond Gagnon.

L'employeur s'était adressé à cette instance relativement à «des gestes illégaux visant à ralentir la production pendant la durée de la convention collective». Et selon le juge, l'émission de l'ordonnance provisoire était alors appropriée «compte tenu de l'urgence de la situation».

«En effet, si la situation perdure, les conséquences prévisibles sont majeures et risquent d'entraver la production. La balance des inconvénients penche du côté d'A.B.I.», avait tranché la Commission des relations du travail.

Bref, l'ordonnance exigeait de la part des travailleurs un retour à la normale en s'abstenant de ralentir les activités de l'aluminerie. La décision administrative reste donc en vigueur jusqu'à l'audience sur le fond de l'affaire dans moins de deux semaines.

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