Congédié pour des propos tenus sur Facebook: un professeur est réintégré

La Commission scolaire du Chemin-du-Roy se plie à... (Olivier Croteau)

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La Commission scolaire du Chemin-du-Roy se plie à la décision d'un tribunal d'arbitrage qui lui ordonne de réintégrer Stephen Babin, un enseignant d'anglais de l'école secondaire Chavigny, qu'elle avait congédié en mai 2011.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) La Commission scolaire du Chemin-du-Roy se plie à la décision d'un tribunal d'arbitrage qui lui ordonne de réintégrer Stephen Babin, un enseignant d'anglais de l'école secondaire Chavigny, qu'elle avait congédié en mai 2011. L'arbitre Marcel Morin exige également que tout le salaire dont l'enseignant a été privé depuis son congédiement lui soit remboursé.

Une décision qui déçoit grandement la Commission scolaire et qui, selon elle, heurte ses valeurs. «La Commission scolaire va respecter le verdict du tribunal d'arbitrage (...). Cette décision qui est maintenant publique, nous amène à exprimer notre profonde déception», a déclaré, par voie de communiqué, Hélène Corneau, directrice générale de la Commission scolaire.

M. Babin avait été congédié «en raison d'inconduite, de négligence à remplir son devoir et d'immoralité». En gros, la Commission scolaire lui reprochait des échanges qu'il avait eus avec un élève sur Facebook. Des propos inacceptables, selon elle. L'arbitre n'est pas de cet avis.

«D'une part, le tribunal ne peut qualifier d'immoralité les échanges que M. Babin a eus avec cet élève. Ce n'est pas parce que l'on parle de questions de nature sexuelle que c'est immoral. D'autre part, s'il s'agit d'inconduite, elle n'a certainement pas la gravité que lui prête la Commission», peut-on lire dans la décision.

Néanmoins, la Commission scolaire persiste et signe. «Nous soutenons que la décision administrative de ce congédiement était justifiée et repose sur des bases solides qui respectent les valeurs de la Commission scolaire et de l'école publique. Pour nous, la mission de l'école publique commande en tout temps, à l'ensemble de notre personnel, de respecter cette mission et nous croyons toujours qu'il est essentiel que les enseignants en attestent par l'exemple, tant par leur enseignement en classe que par leur conduite. Cette décision heurte nos valeurs, mais ne saurait remettre en cause notre détermination à remplir notre mission», poursuit Mme Corneau.

Quant au Syndicat de l'enseignement des Vieilles-Forges, évidemment, il se réjouit de cette décision. «Nous sommes très, très contents de cette décision. L'arbitre, selon moi, a fait preuve d'une très grande rigueur. Il a vraiment constaté que la sanction était disproportionnée par rapport aux faits reprochés», souligne Sylvie Théberge, présidente du Syndicat.

Pour ce qui est de la réaction de la Commission scolaire, Mme Théberge estime que celle-ci doit maintenant être consciente des réalités d'aujourd'hui, comme l'utilisation des médias sociaux. «Il faudrait peut-être se questionner sur les faits reprochés surtout dans le contexte de l'année 2012. Il y a des réalités nouvelles dont on doit tenir compte. Il faut s'adapter. Peut-être que l'employeur aura une réflexion à faire à ce sujet-là.»

L'audition a duré pas moins de 12 jours. «Une vingtaine de témoins sont venus confirmer nos prétentions à l'effet que cet enseignant était très impliqué dans son milieu, qu'il faisait bien son travail et qu'il était apprécié tant par le personnel que par les étudiants», note Mme Théberge. M. Babin enseignait depuis une vingtaine d'années à l'école secondaire Chavigny lors de son congédiement et n'avait aucun dossier disciplinaire.

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