La valeur d'Aleris diminuée de moitié

L'évaluation foncière des installations de l'ancienne usine Aleris,... (Photo: François Gervais)

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L'évaluation foncière des installations de l'ancienne usine Aleris, sur la rue Saint-Laurent, a été révisée à la baisse. La valeur au rôle est passée de 5 443 000 $ à 2 460 000 $, principalement en raison du fait que le bâtiment a été jugé irrécupérable. Pour le propriétaire de TR Development Corp., Tim Martinez, la valeur au rôle devrait être nulle.

Photo: François Gervais

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Ville de Trois-Rivières vient de revoir à la baisse l'évaluation foncière de l'ancienne usine Aleris. Et même si la valeur au rôle a diminué de près de la moitié, le représentant de la compagnie TR Development, Tim Martinez, continue de prétendre que ce n'est pas suffisant.

Le service de l'évaluation de la Ville a accepté, après visite des lieux et après avoir pris en considération l'incendie et l'effondrement survenus en 2011, de revoir à la baisse la valeur de l'immeuble au rôle d'évaluation.

Lors du dépôt de celui-ci, la valeur totale des installations de l'ancienne Aleris était de 5 443 000 $, soit 2 225 500 $ pour le terrain et 3 217 500 $ pour le bâtiment. Après révision, l'évaluation totale chute à 2 460 000 $, résultat d'une dévaluation du bâtiment, qui passe de 3 217 500 $ à 234 500 $. La valeur du terrain est restée inchangée.

«On n'avait pas tenu compte de l'effondrement et de l'incendie. Dans le fond, le bâtiment est maintenant irrécupérable, alors on a évalué la dalle de béton qui est toujours au sol et que ni le propriétaire ni le démolisseur ne semblent avoir l'intention de toucher», explique Sonya Auclair, chef du service de l'évaluation à la Ville de Trois-Rivières. Ce calcul de valeur s'inspire d'une disposition de la loi qui permet de porter au rôle d'évaluation des fondations de béton sur lesquelles, par exemple, un immeuble n'aurait pas encore été construit.

La valeur au rôle a beau baisser de 54 %, cela ne semble pas trop faire l'affaire de Tim Martinez. «Nous croyons qu'en fait, la propriété devrait avoir une valeur négative présentement et depuis l'incendie de mars 2011 plus exactement», a-t-il expliqué au Nouvelliste. Selon lui, les coûts pour une restauration sont largement plus élevés que la valeur inscrite de l'immeuble, ce qui est un non-sens.

Le propriétaire reconnaît que 2,4 millions $ est un montant plus près de la réalité que pouvait l'être 5,3 millions $. «Cependant, nous croyons que toute inscription au rôle supérieure à zéro dollars est inexacte», indique-t-il en faisant référence à des photos récentes de la propriété de la rue Saint-Laurent, sur lesquelles on voit des débris sur la dalle de béton. Le lieu lui-même a l'air quelque peu apocalyptique.

Selon M. Martinez, la Ville aurait dû également tenir compte du fait que le ministère de l'Environnement a déposédes réclamations, ce qui fait en sorte que ça vient affecter la valeur de la propriété.

Problèmes de communication

À la Ville de Trois-Rivières, les fonctionnaires du service de l'évaluation ont confirmé la baisse de la valeur portée au rôle à René Fugère, de la compagnie Arctic Beluga, qui était chargée de la démolition des installations. Sonya Auclair indique qu'elle s'est assurée que M. Fugère était le mandataire de Tim Martinez, ce qu'elle affirme être le cas puisque M. Fugère avait un document écrit indiquant qu'il étaitautorisé à représenter TR Development.

Or, depuis le Wisconsin, Tim Martinez comprend mal que la Ville ait discuté avec René Fugère. «Ça m'inquiète un peu de constater que la Ville oublie que la corporation TR Development est le propriétaire de cet immeuble et non l'ancien contractant en démolition. C'est particulièrement exaspérant de voir que la Ville continue d'agir comme si l'ancien démolisseur était le propriétaire», soutient-il.

Il dit n'avoir reçu, jusqu'à maintenant, aucune communication directe concernant un ajustement de l'évaluation. Et il va même jusqu'à déplorer le fait que lorsqu'il contacte la Ville, il est redirigé vers un cabinet d'avocats.

«Il me semble que le propriétaire d'un immeuble qui a payé des centaines de milliers de dollars en taxes au cours de la dernière année devrait au moins se voir accorder la courtoisie d'une communication directe avec les représentants de la Ville», fait-il valoir.

Le propriétaire de TR Development Corp. dit toujours croire à un projet de redéveloppement pour le terrain de l'ancienne Aleris. «Quand le site sera redéveloppé correctement, la Ville pourra de nouveau le taxer à la hauteur de ce qu'il vaut. Il me semble que c'est dans l'intérêt des contribuables de voir ce site redéveloppé le plus rapidement possible.»

Décontamination

Aux dernières nouvelles, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs était toujours dans le processus afin de faire décontaminer le site. Lors de la dernière communication que Le Nouvelliste a eu avec un de ses représentants, les soumissions reçues dans le cadre de l'appel d'offres afin de trouver la firme qui s'occupera de faire l'inventaire des matières résiduelles dangereuses étaient à l'étude.

Une fois cette tâche complétée, le ministère devait de nouveau aller en appel d'offres, cette fois afin de donner le contrat pour la décontamination. Il n'a cependant pas été possible de savoir hier si cet appel d'offres a eu lieu, si le contrat a été octroyé et quand les travaux débuteront.

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