Ginette Gauvreau a reçu le Prix du Gouverneur général pour l'entraide

Ginette Gauvreau a reçu son prix des mains... (Photo: CPL Roxanne Shewchuk)

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Ginette Gauvreau a reçu son prix des mains du gouverneur général du Canada, l'honorable David Johnston.

Photo: CPL Roxanne Shewchuk

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

Ginette Gauvreau a reçu, mardi, le Prix du Gouverneur général du Canada pour l'entraide, un honneur auquel elle ne s'attendait pas puisque «ce que j'ai fait, je l'ai fait avec mon coeur. Je n'ai pas besoin de couronnement pour ça», dit-elle avec humilité.

Ginette Gauvreau, responsable des adoptions haïtiennes de l'organisme Soleil des nations de Trois-Rivières, avait fait la manchette lorsqu'elle fut portée disparue pendant quelques jours dans le cadre de ses fonctions, lors du tremblement de terre d'Haïti.

Évacuée d'urgence et ramenée saine et sauve au Québec, Mme Gauvreau est repartie à peine quelques jours plus tard vers le pays sinistré pour aller chercher, jusqu'au dernier, les orphelins qui avaient fait l'objet de procédures d'adoption par des parents québécois.

Mme Gauvreau confie qu'elle a eu «un peu peur» de retourner en Haïti puisque «les gens manquaient de tout». Il lui a fallu se déplacer par voie terrestre sur une longue distance pour rejoindre les36 enfants qui étaient sous sa responsabilité. Connaissant très bien les lieux, il lui est arrivé de dire au chauffeur de ne pas faire le plein d'essence à certains endroits parce que c'était trop risqué. La nuit tombée, les passagers sont restés assis près du véhicule jusqu'au matin, leur seul moyen pour aller retrouver les enfants.

«Parfois, tu prends des risques sans trop savoir ce que tu fais», analyse-t-elle avec le recul.

Mme Gauvreau arrête à 1000 quand vient le temps de dénombrer les enfants haïtiens à qui elle a trouvé une famille québécoise au cours de ses 30 années passées à Soleil des nations. On dit qu'il faut plutôt en compter 3000 et le nombre de voyages qu'elle a effectués à Haïti pour les adoptions est innombrable.

Des bébés et des enfants haïtiens, elle en a bercés, consolés, réconfortés, soignés, changés, nourris.

Aujourd'hui, Ginette Gauvreau se dit à la retraite. Mais elle a bien l'intention de donner un sérieux coup de pouce à la personne qui la remplacera au sein de l'organisation pour lui ouvrir des portes en Haïti et l'aider à poursuivre la mission.

L'entraide, pour laquelle elle vient d'être honorée, est un véritable mode de vie qu'elle ne se résigne pas à changer malgré la retraite.

Ginette Gauvreau était à Cuba lorsque l'ouragan Sandy a frappé, cet automne. Le toit de l'hôtel où elle logeait s'est littéralement envolé et plusieurs Canadiens ne parlant que le français ont été blessés et ont dû être admis dans un hôpital pour des chirurgies. «Ils ne savaient même pas pourquoi ils étaient opérés», raconte-t-elle. Mme Gauvreau a donc servi de traductrice à quelques compatriotes, tenant la main de chacune des personnes jusqu'à leur anesthésie.

Même si c'est dans sa nature profonde d'aider les gens, Ginette Gauvreau estime que la médaille du Gouverneur général du Canada pour l'entraide arrive à point. «Ça termine une carrière de belle façon», dit-elle.

Elle consacre maintenant une partie de son temps à la fabrication de poupées magnifiques dont la ressemblance avec de vrais bébés est étonnante. Une partie des bénéfices de la vente de ces poupées est remise à Soleil des nations.

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