A.B.I.: vers une impasse

Les travailleurs de l'A.B.I. ont rejeté les offres... (Photo: Émilie O'Connor)

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Les travailleurs de l'A.B.I. ont rejeté les offres patronales. La présence de roulottes à proximité de l'usine n'augure rien de bon.

Photo: Émilie O'Connor

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La tension vient de monter d'un cran à l'Aluminerie de Bécancour avec le rejet sans équivoque d'une offre finale et l'obtention d'un mandat de grève. Conséquence? Dès minuit ce soir, les quelque 900 syndiqués pourraient déclencher un arrêt de travail ou encore, l'employeur pourrait appliquer son droit de lock-out avec la fin de la convention collective qui avait été fixée au 22 novembre.

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Le président de la section locale 9700, Clément Masse, entouré des membres du comité de négociations des trois accréditations.

Photo: Sylvain Mayer

Réunis en assemblée mardi soir et hier matin, les travailleurs ont mandaté leur exécutif à exercer le droit de grève au moment jugé opportun dans une forte proportion, soit 90,6 % pour les membres de l'accréditation de l'usine, opération-entretien (873 membres), 58 % pour l'accréditation bureau et technique (50 membres) et 57 % pour l'accréditation du laboratoire environnement (21 membres). Le taux de participation à l'assemblée était de 96 %.

«C'est un message clair à l'employeur que l'offre ne rencontre pas du tout les priorités des travailleurs. Je ne veux pas rentrer dans le contenu. Mais nous sommes disposés à reprendre les négociations», a lancé le président de la section locale 9700, Clément Masse.

Selon lui, les membres du Syndicat des Métallos ont jugé que les demandes patronales étaient trop grandes. «En 2009, nous avions accepté de faire des concessions, c'était en plein pendant la crise. Maintenant la crise est passée et on s'attendait à un retour d'ascenseur. Même si c'est morose pour l'instant avec l'incertitude économique, l'aluminium est un secteur d'avenir où la demande devrait être au rendez-vous pendant les prochaines années. L'employeur ne tient pas compte des efforts qui ont été faits et ne répond pas aux principales revendications des travailleurs», a-t-il précisé.

À la suite de négociations menées en présence d'une conciliatrice pour le renouvellement des trois conventions collectives, une offre globale avait été déposée jeudi dernier par la partie patronale. Mais une instance syndicale, constituée d'une cinquantaine de personnes, avait rejeté cette proposition, d'où la convocation d'assemblées générales pour dimanche soir et lundi matin.

Celles-ci ont toutefois été annulées avec la reprise des pourparlers. Le dépôt subséquent d'une offre jugée finale explique les réunions syndicales tenues mardi soir et mercredi matin. En présentant sa nouvelle proposition bonifiée, mais pas suffisamment au goût du syndicat, la direction n'aurait toutefois pas brandi la menace de lock-out à la table, ni fait un lien entre un règlement et des investissements.

«Depuis deux jours, c'est de la détermination que je vois dans le visage des membres. La balle est maintenant dans le camp de l'employeur, nous sommes tout à fait disposés à reprendre la négociation. Notre objectif n'est pas de faire la grève, mais d'avoir un bon contrat négocié», a ajouté M. Masse.

Interrogé au sujet des mauvaises nouvelles économiques qui s'abattent ces jours-ci sur la Mauricie et le Centre-du-Québec, le porte-parole syndical a répondu qu'il ne négociait pas pour la région, «mais pour nos salariés, nos membres».

Par ailleurs, il admet avoir suivi le lock-out de six mois à l'aluminerie de Rio Tinto Alcan à Alma. «On les a supportés grandement, mais la protection de l'emploi touche la plupart des syndicats par rapport à la sous-traitance et ce n'est pas unique à Bécancour ou Alma», a fait savoir M. Masse. L'A.B.I. est la propriété d'Alcoa et de Rio Tinto Alcan.

Quand on lui fait remarquer les charges additionnelles de 100 millions de dollars pour l'entreprise à compter de 2015 au plan énergétique, il rappelle qu'Alcoa était «très heureuse» du contrat d'énergie qui fut négocié en 2008 pour la pérennité de l'usine.

«Maintenant, l'employeur s'en sert pour dire que ça coûte trop cher et que les prix vont monter. Il a profité longtemps de prix réduits au Québec. C'est surprenant qu'il s'en plaint aujourd'hui», poursuit le président syndical, évoquant les 448 millions de dollars consentis en prêts par le gouvernement du Québec.

Pour Clément Masse, le droit de lock-out de l'employeur et le mandat de grève des syndiqués font partie du rapport de force prévu dans le Code du travail. «Chaque partie se prépare pour toute éventualité. Ça fait partie du jeu de la négociation. Mais on reste toujours positif de conclure une entente», a-t-il confié.

Des démarches légales pour assurer la poursuite des opérations

Trois-Rivières (MLA) - La direction de l'Aluminerie de Bécancour a entrepris des démarches légales afin d'assurer la poursuite des opérations. Dans un communiqué émis en fin de journée hier, elle indique que s'il s'avérait impossible de stabiliser les opérations, elle pourrait être dans l'obligation de cesser une partie de la production afin d'assurer la sécurité des employés et l'intégrité des actifs de l'usine.

Elle ajoute que la situation de l'usine s'est dégradée rapidement au cours des derniers jours, ce qui empêcherait d'opérer de façon stable et sécuritaire.

Concernant le rejet de l'offre, la direction de l'usine s'est dite déçue de la décision des employés et qu'ils aient décidé d'accorder un mandat de grève au syndicat. Elle ajoute que son objectif est toujours d'en arriver à une entente satisfaisante, autant pour elle que pour le syndicat, qui permettra à l'usine de rester concurrentielle. Dans cette optique, elle affirme qu'elle reste ouverte aux échanges avec la partie syndicale.

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