Le Doc Mailloux veut se battre jusqu'au bout

Le Doc Mailloux entend se battre jusqu'au bout... (Photo: François Gervais)

Agrandir

Le Doc Mailloux entend se battre jusqu'au bout pour prouver qu'il avait raison d'administrer des «mégadoses» d'antipsychotiques à certains de ses patients.

Photo: François Gervais

Partager

(Trois-Rivières) Le Doc Mailloux n'est pas mort. Le psychiatre radié par le Collège des médecins a obtenu un sursis et peut reprendre la pratique. Le juge Marc St-Pierre de la Cour supérieure a accepté vendredi de réviser la radiation de Pierre Mailloux concernant la prescription de «mégadoses» d'antipsychotiques.

La radiation du Doc est alors suspendue, pour quelque temps du moins. Convaincu d'avoir eu raison, le controversé psychiatre entend se battre jusqu'au bout pour prouver qu'il a eu raison.

«Ce n'est plus une saga, c'est devenu un cirque», affirme Pierre Mailloux. «C'est mon troisième sursis de radiation obtenu dans la même cause. Je pense que je suis en train de battre des records au Québec. Est-ce que quelqu'un va commencer à se poser des questions?»

Le Doc sera de retour en cour le 14 décembre prochain pour recevoir la révision judiciaire. «Mais, je crois que je vais avoir besoin de temps. Je contemple de faire sortir les notes sténographiques de 21 jours d'audition. Je ne sais pas quelles décisions je vais prendre, les coûts sont astronomiques», précise-t-il en ajoutant qu'il pourrait aussi déposer une requête en arrêt des procédures.

Le psychiatre peut d'ici là reprendre la pratique auprès de ses quelque 300 patients. Depuis septembre, Pierre Mailloux n'a «aucune idée» de ce qui est arrivé avec ses patients. De plus, la semaine dernière, le Doc a reçu une mise en demeure l'obligeant à remettre tous ses dossiers médicaux au Collège des médecins. «La décision de l'honorable juge St-Pierre tombait très bien. Au moins, il y aura une équipe qui s'est baisée.»

Pierre Mailloux est loin d'avoir terminé son conflit contre le Collège des médecins. Le psychiatre a été radié pour trois causes différentes, soit pour avoir administré des «mégadoses» d'antipsychotiques, ainsi que d'avoir tenu des propos jugés inadéquats en affirmant sur le plateau de Tout le monde en parle que des études concluaient que le quotient des Noirs et des Amérindiens était nettement inférieur à 100. Le Collège des médecins reproche également au Doc Mailloux d'avoir en 2006 tourné au ridicule un problème de santé sexuelle à l'émission Les Bougon, c'est aussi ça la vie.

«Il y a trois plaintes [contre moi] génialement bien montées par des équipes chevronnées. Je ne suis pas supposé pouvoir m'en sortir», avoue Pierre Mailloux. «Mais pourtant, j'ai encore gagné.»

Même s'il pourrait prendre sa retraite et jouir de ses chevaux, Pierre Mailloux n'entend pas lâcher le morceau. L'homme de 63 ans défend sa réputation, mais aussi sa fierté. Il affirme que tant que la santé le lui permettra, il se battra pour prouver qu'il avait raison de prescrire les «mégadoses» d'antipsychotiques à des patients atteints de schizophrénie sévère.

«Si je conserve la santé, j'ai la conviction profonde qu'ils [les avocats du Collège des médecins] ne sont pas de taille», dit-il.

«Je suis convaincu que c'est moi qui ai raison. Mon traitement est sécuritaire et j'ai aidé plusieurs personnes sévèrement atteintes de schizophrénie à avoir une vie plus agréable et sécuritaire pour eux-mêmes et pour les autres.»

Le Doc Mailloux estime par ailleurs que le Collège des médecins dépense des sommes astronomiques pour le radier. Il croit que près de 800 000 $ ont été dépensés jusqu'à maintenant dans toutes les procédures judiciaires qui durent depuis plus d'une décennie. Pierre Mailloux a d'ailleurs fait une demande en vertu de la Loi d'accès à l'information.

«Treize ans et demi, six comités de discipline, plusieurs parutions au tribunal des professions, plusieurs présences devant la Cour supérieure, c'est faramineux. L'argent que le Collège des médecins engloutit contre moi ça n'a pas de bon sens. C'est l'argent des cotisations annuelles des médecins qui va dans cette folie-là, dans ce cirque.»

Les frais sont à ce point important, prétend Pierre Mailloux, que s'il n'avait pas lui-même assuré sa défense, il n'aurait pu supporter toutes les dépenses inhérentes aux procédures judiciaires et disciplinaires. «Si je n'assurais pas ma défense, je serais ruiné. J'aurais au bas mot 800 000 $ à payer. Je travaille six jours et demi par semaine pour gagner ma vie et pour me défendre.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer