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Surpopulation à la prison de Trois-Rivières: le casse-tête des détenus intermittents

Stéphane Lemaire... (Photo: Sylvain Mayer)

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Stéphane Lemaire

Photo: Sylvain Mayer

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(Trois-Rivières) La surpopulation au centre de détention de Trois-Rivières continue de causer bien des maux de tête, plus particulièrement le week-end alors que les détenus intermittents débarquent par dizaines pour y purger leurs peines. Jugeant ses conditions de détention intolérables, une prisonnière de l'établissement trifluvien tient d'ailleurs à dénoncer le traitement qu'elle subit.

Déjà bien à l'étroit pendant la semaine, l'établissement est contraint d'accueillir les détenus intermittents, deux par deux, dans des bullpen, un espace où l'on place habituellement les détenus temporairement à leur arrivée sur lieux.

Ainsi, selon la détenue plaignante, elle doit dormir au sol, n'a pas accès à une douche, un lavabo ou encore une simple débarbouillette pour se laver les mains et le visage. Elle raconte avoir même été privée de sa médication à certaines occasions. De plus, la saleté des lieux est insupportable, clame-t-elle.

«Je suis déconcertée par la situation. Une litière à chat serait plus propre que ça», illustre, sous le couvert de l'anonymat, la dame qui a déjà formulé une plainte de deuxième niveau à la direction de l'établissement.

Sans qualifier les conditions de détention d'atroces, le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Stéphane Lemaire, n'est toutefois pas étonné de voir cette situation dénoncée. «La dame n'a pas tort. Et la situation est encore pire pour les gens qui séjournent à temps plein», souligne-t-il.

Trois-Rivières n'est pas une exception puisque cette problématique est répandue à l'échelle provinciale. Tandis que les bullpen sont utilisés ici, on utilise plutôt les cellules du palais de justice à Montréal pour loger les détenus excédentaires.

Selon Stéphane Lemaire, le ministère de la Sécurité publique doit absolument trouver un moyen pour éviter que la population carcérale ne se gonfle autant lors des week-end, déjà que la situation est suffisamment problématique pendant la semaine. Pour lui, les détenus intermittents devraient pouvoir purger leur peine dans la collectivité, tout en devant se plier à un système de surveillance électronique.

«Ça ne fonctionne pas du tout le système des intermittents. Si le détenu n'est pas dangereux le vendredi, pourquoi le deviendrait-il le samedi?», demande M. Lemaire.

Comme dans bien des établissements de la province, la prison trifluvienne est aux prises avec ce phénomène. D'ailleurs des chiffres dévoilés par La Presse l'été dernier, en date du 11 juillet, parlaient d'un taux d'occupation de 102,5 % à Trois-Rivières, alors que la capacité opérationnelle a été fixée à 276 détenus et la capacité totale à 314.

En ajoutant à cela les dizaines de prisonniers qui font leur entrée à chaque fin de semaine, le casse-tête devient encore plus imposant et difficile à gérer. «On a hâte que les gestionnaires se sortent la tête du sable et se mettent à dénoncer la situation eux aussi», souhaite M. Lemaire.

D'ailleurs, le problème de surpopulation commence à gagner les plaidoyers dans les palais de justice alors que les avocats demandent désormais des sentences réduites en raison des mauvaises conditions de détention. C'est notamment le cas à la prison de Bordeaux, à Montréal, où un prévenu a récemment vu sa peine réduite de 53 à 44 mois.

Pour l'instant, le président du SAPSCQ surveillera avec intérêt le dépôt du budget du gouvernement Marois, mardi prochain, pour voir dans quelle mesure il sera question de la construction de nouveaux centres de détention, notamment à Roberval, Sorel-Tracy, Amos et Sept-Îles.

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