Des voleurs s'emparent du cuivre de l'église Saint-Philippe (vidéo)

Partager

Sur le même thème

Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Ville de Trois-Rivières avait finalement raison d'exiger de Denis Despins, propriétaire d'Excavations Ovila Despins, de mieux sécuriser les entrées de l'église Saint-Philippe afin d'empêcher des squatters de s'y introduire.

Des feuilles de cuivre se détachent du clocher... (Photo: Stéphane Lessard) - image 1.0

Agrandir

Des feuilles de cuivre se détachent du clocher et on peut apercevoir la deuxième colonne entièrement dénudée de cuivre.

Photo: Stéphane Lessard

En fait, c'est des voleurs qu'il fallait se méfier. Des voleurs audacieux et téméraires. Une arrestation a en effet eu lieu sur place, hier, vers 16 h, alors que les policiers qui effectuaient une tournée dans l'église à la suite d'une plainte de M. Despins pour vol de cuivre, ont débusqué une femme dans la jeune vingtaine, cachée au deuxième étage. Ils ont également découvert un sac d'outils qui auraient vraisemblablement servi au vol.

Pour plus de photos >>>

La dame a été conduite au poste. Elle a été libérée sous promesse de comparaître. Elle pourrait faire face à plusieurs accusations dont introduction par effraction et possession d'outils de cambriolage.

Régulièrement, depuis environ deux semaines, des voleurs auraient réussi à entrer dans l'église par une ouverture qu'ils ont pratiquée et qui leur permettait de monter jusqu'aux clochers pour s'emparer du précieux cuivre, tout ça, sans que personne des alentours n'ait eu connaissance de quoi que ce soit.

Selon M. Despins qui s'est rendu dans les clochers constater les dégâts, pour au moins 5000 $ de cuivre a été détaché des clochers et du toit. Très bouleversé par tout ce qu'il a appris hier et encore sous le coup de l'émotion d'avoir vu une policière dégainer son arme à quelques pieds de lui, et crier: «À terre, les mains en l'air!», M. Despins a confié qu'il était rendu à une étape où il avait besoin d'aide pour la suite des choses. «Je suis propriétaire, je suis responsable, je fais ce que je peux. Mais là vraiment, je suis fatigué.»

Déjà, hier avant-midi, M. Despins s'était rendu rencontrer Michel Matteau, chef de la division gestion du territoire, pour rendre compte de la situation et demander une assistance de la Ville pour refermer l'ouverture et sécuriser les lieux. Des inspecteurs se sont aussi rendus sur place rapidement. À ce moment, on ignorait que quelqu'un était caché dans l'église.

Denis Despins... (PHOTO: STÉPHANE LESSARD) - image 2.0

Agrandir

Denis Despins

PHOTO: STÉPHANE LESSARD

Quelle journée!

Le tout a commencé hier matin, alors qu'en réaction à l'article du Nouvelliste qu'on pouvait lire dans l'édition d'hier, M. Despins avait convoqué le quotidien, à 9 heures, dans le stationnement de l'église pour bien démontrer qu'il avait sécurisé les lieux et qu'il était impossible d'entrer dans l'immeuble, contrairement à ce que prétendait la Ville.

Lorsque Le Nouvelliste a attiré son attention sur les clochers, où on voyait clairement des plaques de cuivre battre au vent autour des piliers des clochers partiellement dénudés, M. Despins, sidéré, n'en croyait tout simplement pas ses yeux.

«Mon doux Seigneur, je n'avais pas vu ça! s'est-il exclamé en levant les yeux. Je suis venu il y a 15 jours et tout était encore là. Mon doux Seigneur, ils ont enlevé ça! Mon Dieu, je n'en reviens pas. Mais ils vont se tuer! C'est des tab... de malades! J'ai mon voyage! Même le toit! Ça n'a pas de bon sens!», s'est-il exclamé alors qu'il constatait l'étendue des dégâts, visiblement atterré.

M. Despins a ensuite entrepris de faire le tour de l'église pour sonder toutes les portes et vérifier toutes les fenêtres, pour finalement s'apercevoir que les voleurs entraient tout simplement par l'arrière du portique donnant sur le stationnement du côté de l'école... presque au grand jour.

Ils ont arraché une lourde porte clouée sur le mur, ce qui donne accès à une ouverture suffisamment grande pour qu'un homme puisse s'y introduire. Une bicyclette abîmée était d'ailleurs abandonnée entre le portique et l'église, ce qui vient confirmer les dires d'un passant, à l'effet qu'il a aperçu quelques fois des bicyclettes laissées contre le mur de l'église, précisément près de cet endroit.

Vraiment dépassé par cette nouvelle tuile qui lui tombait dessus, M. Despins a pris contact avec la police pour porter plainte officiellement, ainsi qu'avec un acheteur de métal de sa connaissance, histoire de savoir si quelqu'un lui a proposé d'acheter des plaques de cuivre récemment.

L'homme d'affaires dont la santé a été éprouvée par toute cette saga, se prenait la tête à deux mains en déclarant: «Mon Dieu, je ne sais plus quoi faire! Je vais vous dire honnêtement, je suis à terre, complètement à terre. Je sais bien qu'on ne pourra jamais empêcher un voleur d'entrer s'il veut vraiment entrer mais quand même!»

Cela dit, M. Despins avoue avoir déjà pris un jeune voleur sur le fait. Dans le but de l'amadouer et dans l'espoir de ne plus le revoir, il l'a laissé repartir avec un bout de cuivre, ce qui finalement n'était peut-être pas une bonne idée, admet-il avec le recul.

M. Despins se dit convaincu que les voleurs ont bénéficié de la complicité du voisinage, car arracher du cuivre est une opération plutôt bruyante, surtout à cette échelle, sans compter qu'il faut bien le descendre et le mettre quelque part. Des jeunes ne peuvent simplement repartir à bicyclette  avec des plaques. Par ailleurs, on peut voir sur presque tous les parterres avoisinants des feuilles de papier isolant noir, qui se trouvaient sous le cuivre.

Un passant qui habite juste en face de l'église jure lui aussi n'avoir rien entendu, mais s'être demandé d'où provenait soudainement tout ce papier noir.

C'est finalement quelques heures plus tard que les policiers se sont présentés à l'église pour constater le vol. À la fin de l'opération, vers 16 heures, quatre voitures étaient garées devant l'église. Ils sont repartis avec la jeune femme.

Notons par ailleurs que pour ce qui est des taxes foncières non payées, M. Despins assure que tout sera réglé d'ici deux à trois mois entre Anpro Démolition, Olymbec et lui-même... ce qui devrait permettre la démolition.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer