Pas question donc de retenir le scénario élaboré par Denis Despins qui, épuisé, tentait de se retirer du dossier pour permettre à Michel Proulx, d'Anpro Démolition, de prendre la relève. M. Proulx avait déjà confié au Nouvelliste qu'il ne reprendrait pas ce dossier tant que la question des taxes n'aurait pas été réglée et qu'il souhaitait que la Ville revoit à la baisse l'évaluation de l'église et du terrain.
À la Ville de Trois-Rivières, on réplique que la loi, c'est la loi. Yvan Toutant, des communications, note que depuis 2009, M. Despins doit à ce jour 15 767,55 $. «Il en est arrivé à sa troisième année et comme la loi le précise, nous, on va vendre le tout à l'encan pour taxes non payées.»
Du côté de l'hôtel de ville, on fait donc le pari que quelqu'un verra la bonne affaire puisqu'il pourra acheter le tout pour une bouchée de pain. «Dans une vente pour taxes, on peut se retrouver avec des immeubles à très bas prix (l'église est évaluée à 70 000 $ et le terrain à 200 000 $) souligne M. Toutant, et on peut faire de très bonnes affaires. L'entrepreneur vendra le terrain en incluant le coût de la démolition.»
Bien sûr, la Ville n'avance aucun nom mais on sait qu'Olymbec était déjà une des trois parties concernées par la démolition de l'église Saint-Philippe puisque c'est cette compagnie qui devait racheter le terrain et construire un immeuble à logements, soit le même scénario que pour l'église Saint-François-d'Assise qui, lui, s'est réalisé sans problème.
La décision de la Ville de Trois-Rivières implique qu'il faudra vivre encore avec le squelette de l'église Saint-Philippe au moins jusqu'en 2014, car en novembre 2013, il risque d'être déjà trop tard pour entreprendre une démolition en hauteur.
L'entrepreneur Denis Despins n'est donc pas au bout de ses peines puisqu'il reste le responsable de la sécurité de l'église et de ses abords, ce qui nécessitera d'autres dépenses, d'autant plus que Trois-Rivières ne se contentera plus de clôtures métalliques autour de l'église ni de panneaux de bois sur les portes et fenêtres accessibles. Elle a exigé par mise en demeure qu'on referme les ouvertures avec des blocs de ciment... et l'échéance approche.
D'autre part, Le Nouvelliste a appris que, déjà, l'endroit a été squatté par des gens qui ont réussi à s'y introduire et même à y allumer de petits feux pour se réchauffer. La seule idée qu'un incendie puisse s'y répandre et faire chanceler les clochers suffit à donner des cauchemars au conseiller du quartier, Guy Daigle.
Si jamais la sécurité du bâtiment s'avérait problématique de l'avis de la Sécurité publique, la Ville, préoccupée par la sécurité des gens du quartier, procédera rapidement à le sécuriser et rajoutera ces sommes à celles qui lui sont dues. Avec le dossier Aléris, celui de l'église Saint-Philippe est le plus problématique qu'a connu le conseil municipal.