Invasion de vers blancs au stade Fernand-Bédard

Des travaux de 50 000$ au stade sont... (Photo: Sylvain Mayer)

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Des travaux de 50 000$ au stade sont en cours pour réparer les ravages des vers blancs.

Photo: Sylvain Mayer

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Serge L'Heureux et Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) En attendant d'y entendre résonner les bâtons des joueurs des Aigles de la ligue Can-Am, c'est plutôt le ronronnement de la machinerie lourde qui anime le stade Fernand-Bédard, ces jours-ci.

En effet, la Ville de Trois-Rivières a entrepris des travaux majeurs pour remettre en état le champ extérieur. Des travaux qui coûteront 50 000 $ et qui n'étaient pas prévus. «On a eu une mauvaise surprise au moment d'aérer le terrain, comme on le fait à chaque automne», explique le directeur des Loisirs et des Services communautaires, Michel Lemieux. «On a découvert une invasion de vers blancs, jusqu'à 40 au pied carré! C'était incroyable. On n'a pas eu d'autre choix que de retourner tout le terrain parce que les racines du gazon étaient mangées», dit-il.

Déjà, 25 000 $ avaient été injectés en engrais, pièges et temps d'employés pour tenter d'obtenir du beau gazon au stade, raconte le responsable des communications, Yvan Toutant.

Avec l'approche de l'hiver, la Ville n'a pas tardé à entreprendre les travaux et se prépare à étendre de la tourbe dès cette semaine. «Ils ont réagi assez rapidement, se réjouit le directeur des communications et du marketing des Aigles, Frédéric B. Lajoie. C'est plate que la Ville ait à débourser pour ça, mais au moins, on va avoir un champ extérieur en parfait état.»

Ces travaux imprévus s'ajoutent à ceux déjà planifiés au stade pour accueillir une équipe de la ligue Can-Am. La Ville évalue encore ses options à ce niveau. «Le champ intérieur ne semble presque pas contaminé, au moins», ajoute Lemieux.

«On va évaluer les travaux nécessaires pour accueillir du baseball de ce calibre-là.»

Le stade Fernand-Bédard n'est pas le seul endroit contaminé par les vers blancs. Dans les secteurs Trois-Rivières-Ouest, Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine, la situation est grave au point où la Ville prévoit utiliser un pesticide, l'Acelepryn, très tôt le printemps prochain pour prévenir la répétition d'un tel degré d'infestation.

Les dégâts du vers blanc sont caractéristiques. On a l'impression que le gazon a été complètement brûlé par le soleil et la sécheresse de l'été dernier. Quand on tire sur les brindilles mortes, toutefois, elles n'opposent aucune résistance. La bête a mangé toutes les racines, explique Lise Gauthier de Gauthier Fleurs et Jardin et présidente de la Fédération interdisciplinaire de l'horticulture ornementale du Québec.

La Ville de Trois-Rivières est bien loin d'être la seule à se frotter au nouvel ennemi du gazon. Après le nord des États-Unis et l'Ontario, de nombreuses villes québécoises doivent maintenant composer avec ce nouveau ravageur.

Les armes sont peu nombreuses pour y faire face, vu le nouveau code de gestion des pesticides. L'Acelepryn est actuellement le produit homologué pour le vers blanc que les professionnels - et seuls les professionnels, puisqu'il faut un permis - pourront l'utiliser en cas d'infestation majeure. C'est le même produit qui est employé sur les terrains de golf, signale Mme Gauthier.

«C'est un pesticide à faible impact qu'on peut utiliser dès que les terrains seront desséchés, au printemps», explique-t-elle.

Trois-Rivières n'entend pas débourser pour remettre de la tourbe partout où les vers blancs ont fait des dégâts. Les semis seront privilégiés, explique M. Toutant.

À moins de faire affaires avec un professionnel pour l'entretien du gazon, les particuliers pourront se servir des nématodes vers la troisième semaine de mai, c'est-à-dire quand le sol sera suffisamment réchauffé, explique Mme Gauthier. Ce micro-organisme peut être acheté dans les centres jardins en mai et tue les vers blancs en les parasitant, explique-t-elle.

En attendant, la présidente de la FIHOQ, propose quelques gestes simples pour mettre un frein à la prolifération du vers blanc.

Dès cet automne, dit-elle, on peut mettre un peu de terre aux endroits morts et semer des graines de gazon à la volée qui demeureront en dormance jusqu'au printemps. Un gazon dense donnera du fil à retordre à l'envahisseur. Il faut aussi éviter de couper le gazon très court en été. En utilisant les nématodes en mai, le gazon devrait avoir meilleure mine au cours de l'été.

Le malheur des uns fait quand même le bonheur des autres. Les oiseaux (les merles d'Amérique en particulier), les mouffettes et les ratons laveurs se régalent en effet des vers blancs. S'ils rendent un fier service en les mangeant, certaines de ces espèces font malheureusement bien des trous dans le gazon ce faisant.

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