Le végétarisme présenterait beaucoup d'avantages

De gauche à droite: Pierre Ferron, agronome, Frédéric... (Photo: Sylvain Mayer)

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De gauche à droite: Pierre Ferron, agronome, Frédéric Côté-Boudreau, spécialiste de l'éthique animale et Élise Desaulniers, auteure et végétalienne.

Photo: Sylvain Mayer

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ne plus manger de viande, de poisson, ni aucun produit laitier est non seulement bon pour la santé, mais comporterait de nombreux avantages pour la planète.

C'est ce qui est ressorti du Bar des sciences présenté hier au Collège Laflèche sous le thème Es-tu tofu ou steak?

Cette activité devait, au départ, être présentée sous forme de débat. Mais les personnes en faveur de la consommation de la viande se sont finalement désistées à la dernière minute.

Les étudiants ont donc pu entendre Élise Desaulniers, auteure du livre Je mange avec ma tête: Les conséquences de nos choix alimentaires et Frédéric Côté-Boudreau, étudiant en philosophie et spécialiste de l'éthique animale, deux végétaliens, c'est-à-dire des personnes qui, contrairement aux végétariens, ne consomment ni oeufs, ni de produits laitier. L'agronome Pierre Ferron était aussi à la table des invités en tant que porte-parole de la Coalition verte de Trois-Rivières.

D'entrée de jeu, il a été possible d'apprendre que, selon l'ONU, 18 % des gaz à effet de serre sont liés à la production de la viande et qu'il est plus écologique de manger végétarien une fois semaine que de manger des produits locaux chaque jour.

Élise Desaulniers raconte qu'elle a mangé de la viande presque toute sa vie, par goût. Elle ne consomme maintenant plus aucun produit d'origine animale pour des question d'éthique et d'environnement.

«J'ai des chats que j'aime beaucoup et je n'hésiterais pas à dépenser une fortune pour les faire soigner s'ils étaient malades. On ne tue pas les chiens et les chats pour les manger, mais tuer un cochon, c'est correct? Pourquoi je ferais souffrir des animaux juste pour mes besoins gustatifs?», questionne-t-elle.

Et puis, ajoute l'auteure, l'élevage des animaux pour leur consommation a un coût social élevé. Des terres sont sacrifiées pour produire les céréales nécessaires à leur nourriture alors qu'elles nourriraient plus de monde. Il faut, par exemple 4 kilos de grains pour produire un kilo de porc.

Ne pas manger de viande met les végétariens à l'abri de contaminations comme le E. coli ou la salmonelle, dit-elle et donc de scandales comme le rappel des viandes mises en marché par XL-Foods, en septembre dernier.

Produire de la viande est aussi une activité polluante, ajoute l'auteure. Les vaches émettent du méthane, un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le CO2 et le lisier de porc pollue les cours d'eau, illustre-t-elle.

Pour Frédéric Côté-Boudreau, être végétarien est une façon de faire cesser la souffrance associée à l'élevage des animaux. Il donne en exemple la castration des porcs qui, dit-il, se fait sans anesthésie. Même chose pour l'arrachage des dents ou la section de la queue. Il rappelle que le lait n'est pas quelque chose que la vache produit constamment. Elle doit, pour en donner, mettre un veau au monde. Le veau, dit-il, lui est rapidement retiré afin que le lait soit conservé pour la consommation humaine.

«Tout ce qu'on fait aux animaux serait considéré comme de la torture si c'était fait aux humains», plaide-t-il.

Selon Élise Desaulniers, les mêmes phénomènes sont constatés en élevage biologique. Le bio n'est donc pas une réponse à la situation et n'assure pas non plus le confort des animaux, explique-t-on.

De toute façon, le bio ne pourrait répondre à la demande actuelle, expliquent les conférenciers. Ceci est dû en grande partie à la surconsommation qui caractérise actuellement notre société, disent-ils.

L'agronome Pierre Ferron, de son côté, croit qu'il est peu probable que la société en arrive à ne plus manger de viande, en partie à cause de nos traditions culturelles. Mais il condamne néanmoins l'industrialisation des pratiques d'élevage qui est survenue justement à cause de la trop grande consommation de viande.

Outre la déforestation que cela engendre, M. Ferron explique que plusieurs espèces extrêmement valables dans les basses-cours sont en voie de disparition parce qu'elles ne se prêtent pas à l'élevage intensif. Aujourd'hui, la diversité des races dans les fermes d'élevage se compte sur les doigts d'une main.

Autrefois, on avait la vaillante vache canadienne qui, dit-il, donne un fromage de première classe comme en témoigne Le 1608, un fromage produit à Charlevoix. Les gens élevaient aussi des poulets à la chair fort délicieuse, comme la chanteclerc, que seuls quelques rares éleveurs artisans gardent encore de nos jours.

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