Ce dossier alimente les discussions depuis plusieurs années. En mars 2009, les élus avaient adopté une résolution pour manifester officiellement leur intérêt à acquérir ce bâtiment construit en 1927. La suggestion émanait du comité du patrimoine.
Il se sera donc passé un peu plus de 42 mois avant la réalisation de la transaction. La Ville met la main sur cette gare pour la somme de 150 000 $, dont seulement 20 000 $ pour le bâtiment.
En séance publique hier soir, un citoyen a pris la peine de féliciter le conseil municipal pour cette acquisition.
«Pour que le CP nous la cède, il fallait qu'elle se retrouve dans ses bâtiments excédentaires», rappelle le maire, Michel Angers. «Nous avons donc dû relancer à maintes et maintes reprises.»
Les changements sur ce côté de l'avenue de la Station ne pourront toutefois être perçus avant la fin 2013 au plus tôt. En effet, le maire prévoit un délai d'une douzaine de mois avant que Patrimoine Canada n'autorise officiellement cette transaction. Rappelons que ce bâtiment avait été désigné «gare ferroviaire patrimoniale» en 1994 par le gouvernement fédéral.
Tout de même, les prochains mois demeureront utiles pour cogner à la porte de Québec et d'Ottawa pour obtenir le soutien financier essentiel à la restauration.
«Ça va nous donner du temps pour brasser le pommier», sourit le maire.
M. Angers n'ose encore avancer aucun projet concret pour ce site. La gare ne sera évidemment pas démolie, mais l'éventail des possibilités demeure ouvert.
«Quelques promoteurs ont levé la main bien avant que nous fassions l'acquisition», convient-il. «Plus l'ancienne Wabasso prenait de l'ampleur, plus ça devenait attrayant pour l'autre côté. La nouvelle de cette acquisition peut aussi faire lever d'autres projets.»
Au fil des années, des idées de bureau d'accueil touristique, de restaurant ou même de bar ont circulé pour cet endroit.
«J'aime toujours les partenariats avec le privé», avance le maire. «Nous verrons ce qui va se présenter.»
Aide financière retirée
Dans un autre dossier patrimonial un peu moins glorieux, la conseillère Josette Allard-Gignac a présenté un avis de motion, hier soir, annonçant l'adoption prochaine d'un règlement qui abrogera le programme d'aide financière pour la conservation de l'Auberge Grand-Mère.
Cette subvention controversée de 995 000 $ avait été annoncée en septembre 2009. À ce moment, le propriétaire, le Groupe Réseau sélection, jugeait cette aide financière essentielle pour procéder à une coûteuse restauration.
Or, ce projet n'a finalement jamais été réalisé. Après le retrait de la citation historique du bâtiment, l'Auberge Grand-Mère était réduite en poussière en octobre 2010.
Les Habitation Fortex, une division du Groupe Réseau sélection, souhaitaient la construction d'autres condos sur ce site à un certain moment, mais le maire convient que les communications demeurent plutôt rares avec ce promoteur depuis deux ans.
Le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire a récemment demandé à la Ville ce qu'il advenait de cet emprunt potentiel. Voilà pourquoi le conseil municipal adoptera prochainement un règlement pour annuler cet engagement.
Dans le même esprit, la Ville biffera également un emprunt de 345 000 $ pour le prolongement des services sur la 51e Avenue, dans le secteur Grand-Mère, puisque le projet domiciliaire qui y était prévu ne s'est finalement jamais réalisé.