200 M$ surtout pour les PME

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Bécancour) La ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaïb, a confirmé, hier à Bécancour, la composition du comité régional qui aura la responsabilité de gérer le fonds de diversification économique de 200 M$ sur 5 ans, versé en compensation à la fermeture de Gentilly-2. Aux noms déjà connus, en provenance des secteurs des affaires et de l'éducation s'est ajouté celui de Mme Nancy Déziel, directrice générale du Centre national
en électrochimie et en technologies environnementales inc, que personne n'avait vu venir, et qui sera la voix du Centre-de-la-Mauricie.

Le mandat du comité sera de mesurer les impacts de la fermeture de Gentilly-2 sur l'emploi, la sous-traitance et l'économie locale ainsi que d'analyser les forces et les faiblesses des régions touchées par le déclassement de la centrale. À partir de ces constats, le comité devra recommander un plan de diversification permettant la venue de créneaux porteurs pour l'avenir du Centre-du-Québec et de la Mauricie, suggérer des solutions pour stimuler l'esprit entrepreneurial pour faire lever de nouvelles entreprises et enfin, identifier des projets structurants qui s'inscrivent dans les orientions proposées.

Ce fonds devrait donc soutenir la région dans la transition qui suivra le déclassement de la centrale nucléaire et favoriser le démarrage et la croissance de nouvelles usines et de nouvelles entreprises, de préférence des PME (puisqu'il existe déjà d'autres programmes gouvernementaux pour les projets d'importance) et si possible dans le secteur de l'économie verte et du développement durable. «Notre but est de remettre la région sur la voie d'une prospérité durable», a assuré la ministre.

On compte tirer le meilleur profit possible de la présence en région d'une main-d'oeuvre qualifiée ainsi que d'institutions de recherche de qualité, universitaires comme collégiales, sans oublier la situation géographique centrale avantageuse.

La ministre a aussi précisé que ce levier économique était stratégique pour les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec seulement, (particulièrement pour la MRC de Bécancour et Trois-Rivières) répondant ainsi aux inquiétudes de voir se répéter les erreurs du fonds LaPrade dont les fonds auraient été dispersés bien au-delà de la région et l'impact économique, mitigé.

Mme Zakaïb a ajouté que l'expertise d'Investissement Québec et éventuellement de la Banque de développement économique du Québec seront mises à profit dans l'évaluation des projets retenus par le comité de diversification, non seulement pour stimuler les projets mais aussi pour aller chercher des investissements privés ou étrangers bref, pour faire le montage financier nécessaire. Une fois cela fait, ils seront présentés à nouveau au comité régional.

«J'ai grandement confiance que la table régionale de diversification économique en collaboration avec Investissement Québec et le ministère des Finances et de l'Économie pourra dynamiser l'économie des deux régions», a-t-elle confié.

À ceux qui s'inquiétaient de voir une partie des 200 millions $ s'envoler en frais d'administration de toutes sortes, Mme Zakaïb a répondu qu'un montant de 130 000 $ environ avait été prévu pour ce type de dépenses, en plus des 200 M$.

On a aussi appris hier, qu'à court terme, par l'intermédiaire des programmes du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, le gouvernement soutiendra les travailleurs qui auront besoin d'une transition professionnelle. De plus, les entreprises locales dont les activités seraient touchées par le déclassement de la centrale pourront bénéficier de l'accompagnement des bureaux régionaux du ministère des Finances et de l'Économie et de l'expertise des autres ministères concernés.

Pour sa part, le whip en chef, Yves-François Blanchet, s'est dit heureux de voir le fonds de diversification, déjà connu, devenir concret. Il souhaite qu'on saisisse l'occasion de faire plus et mieux pour positionner l'économie régionale vers des secteurs porteurs à long terme, en accordant une attention particulière aux projets qui pourront allier l'industriel et l'environnemental.  «C'est comme ça que l'annonce que nous avons faite (de fermer la centrale) pourra se transformer en opportunité», a-t-il déclaré.

Soulignons que le comité régional s'est mis au travail dès hier, immédiatement après le point de presse, afin de déterminer son calendrier de rencontres.

On ne part pas de zéro, estime Maurice Richard

Le président directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, estime que les membres du comité régional chargés de gérer le fonds de diversification économique risquent d'être étonnés par  le nombre de dossiers

déjà sur les tables à dessin des CLD et autres organismes de développement économique ou ministères.

«Déjà, des dossiers sont actifs. Comme on voudra voir des implications le plus rapidement possible pour combler les emplois qui disparaîtront dans la région, il y aura avantage à considérer ces projets au lieu de partir d'inventions nouvelles. Je pense qu'on va être étonnés, moi le premier, de la quantité des dossiers déjà en marche.»

C'est donc manifestement vers de futures PME que se tournera le comité car, rappelle M. Richard, les petites et moyennes entreprises ont un impact énorme par rapport à Gentilly-2.

«On dit souvent de la petite entreprise que c'est un emploi multiplié par 5. C'est énorme. Je n'ai pas de doute sur le nombre de dossiers. Heureusement, car ça prouve le dynamisme de la région.»

Quand on rappelle à Maurice Richard qu'à l'époque où il était toujours maire de Bécancour, il avait rejeté du revers de la main l'idée d'un fonds de diversification de 200 M$, le qualifiant «de prix de consolation», celui qui est maintenant devenu un employé d'une société d'État répond prudemment que le gouvernement n'a pas décidé de «faire une équivalence» (avec la fermeture de Gentilly-2) car, manifestement, «ce n'en est pas une».

«C'est un fonds de diversification qui devient une compensation, note-t-il. On ne sait pas sur quoi c'est basé. C'est une décision gouvernementale. Maintenant, notre défi, c'est de voir comment on peut utiliser ces 200 millions-là au maximum. Ça va prendre plus qu'une réunion», blague-t-il.

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