Une euthanasie sème la zizanie à la SPA

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Des employés de la SPA souhaitaient adopter un jeune chien, mais la direction a décidé de l'euthanasier.

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Un climat particulièrement tendu flotte présentement dans l'air à la Société protectrice des animaux de la Mauricie à la suite d'une décision de la direction, la semaine dernière, de procéder à l'euthanasie d'un jeune pitbull alors que les employés avaient amorcé des démarches pour le soigner et ensuite le faire adopter.

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Serge Marquis

L'animal, âgé d'environ 10 mois, est débarqué aux locaux de l'organisme en début de semaine dernière. Trois jours après son arrivée, il n'avait toujours pas été réclamé et est ainsi devenu la propriété de la SPA Mauricie.

Lors de l'évaluation de l'animal, la vétérinaire a détecté un problème aux yeux. Cependant, après avoir évalué «les coûts, la logistique, les précédents et les impacts résultants», il a été déterminé qu'il était préférable d'euthanasier l'animal.

Alors qu'on s'affairait à gérer le sort du pitbull, tous les employés de la SPA Mauricie ont signé un document pour demander à ce que le chien soit opéré à l'extérieur de l'établissement, selon une lettre acheminée au Nouvelliste. On y indique aussi que les employés se sont cotisés pour défrayer les coûts pour cette opération, évalués à 350 $, dans une autre clinique vétérinaire.

De plus, la lettre ajoute que «nous avons trouvé une famille d'accueil pour la convalescence de cet animal avec une technicienne pour que tout se passe bien».

Malgré tout, la direction a répondu, par l'entremise d'une lettre transmise aux employés et dont Le Nouvelliste a obtenu copie, qu'elle allait procéder à l'euthanasie de l'animal, sous la recommandation de la vétérinaire de la SPA Mauricie.

Dans ce document, le directeur général Serge Marquis explique que «la gestion d'une SPA se fait sur la prise en compte d'un ensemble de facteurs et ne peut se baser uniquement sur des considérations émotives».

Remous émotifs

La décision finale a offusqué plusieurs membres du personnel, tellement qu'une employée a même remis sa démission jeudi dernier. Elle a toutefois réintégré ses fonctions depuis.

«Tout le monde n'en revient pas, la tension est palpable dans nos locaux», peut-on lire dans la lettre de dénonciation des employés.

En entrevue au Nouvelliste, M. Marquis reconnaît qu'il y a eu des remous à l'interne et s'avoue surpris que la procédure ait suscité autant de réactions alors que la SPA Mauricie effectue environ 3000 euthanasies par année.

«Il y a eu un attachement excessif qui s'est produit par rapport à cet animal. Considérant l'âge de l'animal, la résolution de la problématique présentait des risques de récidive ou de souffrance ou encore un long suivi difficile à envisager», note M. Marquis, qui affirme avoir rencontré tous les employés frustrés par cette situation.

Dans sa lettre aux employés, le directeur général de la SPA Mauricie souligne que plusieurs options ont été envisagées avant d'en arriver à la piqûre. Il mentionne notamment la problématique d'offrir les soins postopératoires alors que le chien serait opéré dans une autre clinique, ce qui aurait pu envenimer les relations entre cliniques. De plus, il ajoute que la SPA Mauricie «ne peut prendre le risque que la famille (d'accueil) n'offre pas les soins nécessaires et que la condition de l'animal se dégrade nécessitant ainsi des soins supplémentaires».

D'autre part, les refuges contactés ont tous refusé d'accueillir le chien en raison de sa condition de santé.

Quant à la possibilité qu'un employé adopte le pitbull en question pour le sauver de l'euthanasie, M. Marquis préfère ne pas créer de précédent. «Nous ne voulons aucunement ouvrir la porte à ce type d'adoption qui pourrait ultimement nous mener vers la revente inappropriée de nos animaux par nos employés», écrit-il.

En bout de ligne, la décision de la direction a laissé des traces dans l'ambiance de travail à la SPA Mauricie. «Dommage de la part des hauts dirigeants qu'ils se foutent complètement de l'avis de leurs employés», concluent les employés dans leur lettre.

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