«Avec cette somme, on pense avoir 2600 emplois directs et indirects», a affirmé la ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaïb, en entrevue exclusive au Nouvelliste.
Et celle-ci «veut vraiment donner à la région le choix des grandes orientations de cette diversification économique». «Les décisions seront ensuite étudiées par Investissement Québec et autorisées par le gouvernement», a expliqué celle qui vient d'amorcer une tournée des régions pour prendre le pouls des acteurs économiques.
Quant aux membres du comité, ils ne seront connus que la semaine prochaine. «Le président sera une personne de la région, quelqu'un de rassembleur», a simplement indiqué la ministre Zakaïb.
Mais selon le responsable de la région, Yves-François Blanchet, les noms de Jean-Guy Paré, président du CLD de Bécancour, Maurice Richard, président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Gaétane Désilets, mairesse de Bécancour et Nadia Ghazzali, rectrice de l'UQTR, «s'imposent d'eux-mêmes» pour faire partie de ce comité.
D'ailleurs, il a pu profiter d'une rencontre avec cette dernière, hier matin, pour parler de Gentilly-2, mais aussi, du projet de campus universitaire à Drummondville. Encore là, une annonce est imminente, d'autant plus que M. Blanchet était derrière cette idée.
«Il reste le comment et le quand, mais nous aurons une rencontre, la rectrice, Pierre Duchesne et moi. Mme Ghazzali est une partenaire régionale de premier plan», a confié le whip en chef du gouvernement Marois.
Par ailleurs, sans vouloir rien confirmer au sujet d'IFFCO, celui-ci reconnaît que «les astres sont trop alignés pour prétendre qu'il ne se passe rien». «Et l'enthousiasme va au-delà de la préfaisabilité», a fait savoir le député péquiste de Johnson.
On sait déjà que la coopérative indienne de fertilisants agricoles a choisi le parc industriel de Bécancour pour y implanter une usine de production d'urée au coût de 1,4 milliard de dollars. Et le projet créera plus de 300 emplois si l'étude de préfaisabilité devait s'avérer positive.
La contribution d'Investissement Québec, au montant maximal de cinq millions de dollars, avait fait l'objet d'un décret ministériel le 1er août dernier, soit le jour même du déclenchement des élections provinciales par le gouvernement Charest. Et cette aide servira justement à la réalisation de l'étude de préfaisabilité. La nouvelle est d'ailleurs devenue publique le 22 août dernier par la publication du décret ministériel dans la Gazette officielle.
Mais tout comme le projet de quatre milliards de dollars de Rio Tinto Fer et Titane avec ses 400 emplois, le début de la construction ne pourra avoir lieu avant deux ans, compte tenu des études et des étapes de conformité environnementale.
Encore une fois, les atouts du parc portuaire et industriel (le port, le gaz naturel et le chemin de fer) auront joué en faveur de Bécancour, parmi une cinquantaine de sites envisagés. La société indienne est intéressée par le Canada en raison principalement du faible coût du gaz naturel et de la demande locale pour l'urée, les producteurs agricoles devant actuellement l'importer.
Même si elle ne veut pas «faire l'annonce avant l'annonce», la ministre Zakaïb a parlé d'IFFCO comme étant la plus grande coopérative au monde... et que le Sommet international des coopératives aura lieu du 8 au 11 octobre à Québec. Le scénario d'une annonce à la fois dans la Vieille Capitale et à Bécancour serait même envisagé.
«Il y a d'autres projets pour le parc. J'ai regardé les plans et les coûts avec Maurice Richard, de qui j'ai une collaboration impeccable. J'ai la certitude que dans un horizon de quelques années, il y aura davantage d'emplois et en plus, on se sera débarrassé d'une infrastructure désuète et dangereuse», a-t-il conclu.