En fait, la communauté est tellement divisée sur ce dossier que le maire, Claude Mayrand, tient à tout prix à ce que la population tranche elle-même, par voie de consultation postale ou ultimement, par référendum lors de l'élection municipale du3 novembre 2013.
Tout porte à croire que le conseil municipal arrêtera sa stratégie après la séance privée du 15 octobre. Le sujet a été chaudement débattu après la dernière assemblée publique, mais en l'absence des conseillers Claude McManus et Danielle Brown, M. Mayrand a préféré attendre leur retour avant de déterminer l'orientation des élus dans ce dossier émotif.
La population s'était massivement donné rendez-vous lors de la réunion publique de consultation, le 22 septembre. Devant une salle communautaire pleine à craquer, les trois experts invités ont confirmé que l'utilisation du Bacillus thuringiensis israelensis ne posait aucun problème à l'environnement ou à la santé. Les explications avancées n'ont visiblement pas convaincu tous les sceptiques, observe toutefois M. Mayrand.
Le sujet a donc rebondi à la dernière assemblée publique. Gilles Duguay, qui avait recueilli 476 signatures en faveur de cet épandage biologique au début de l'été, s'était déplacé pour savoir si le conseil municipal prévoirait une somme dans son budget de 2013 pour le contrôle des insectes piqueurs.
«Nous réfléchissons toujours à la question», explique le maire. «J'aimerais connaître le coût maximal que les citoyens sont prêts à payer.»
Cette question n'a pas été éclaircie lors de la séance d'information. Le montant réel du contrat ne sera pas connu avant un éventuel appel d'offres, constate le maire. Les dernières estimations variaient de 160 000 $ à 200 000 $, selon le scénario retenu par la Ville de Shawinigan pour le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides, limitrophe àSaint-Mathieu-du-Parc. Ce projet pilote a semblé concluant cette année et tout indique que le traitement se poursuivra en 2013.
À tout le moins, M. Mayrand exclut déjà que ces frais soient intégrés à la taxe foncière, le cas échéant. Il s'agirait plutôt d'une taxe de service égale pour tout le monde. Selon les informations dont le maire dispose, il faudrait prévoir entre 70 $ et 90 $ par année sur chaque compte de taxes pour bénéficier de ce traitement biologique.
Consultation
Pour le maire, des considérations comme la façon d'imposer ces nouveaux frais ou les dangers présumés de cet épandage sur l'équilibre de la chaîne alimentaire apparaissent bien secondaires pour le moment. Personnellement, il tient à consulter la population avant de prendre une décision. Mais il constate que sa position n'est pas partagée par tout le monde autour de la table du conseil, d'où sa volonté d'attendre au 15 octobre avant d'établir une stratégie.
L'hypothèse de la consultation postale demeure dans les cartons. Pas question d'investir 16 000 $ à 18 000 $ pour un référendum sur cette question, à moins que les citoyens patientent à la prochaine élection municipale. Une consultation pourrait alors se dérouler parallèlement au scrutin pour trancher le débat.
«Tout est sur la table», résume le maire. «On pourrait aussi imposer une taxe plus élevée pour les commerces que les résidents. Pour le moment, je ne sais pas si les gens en veulent ou pas. Je suis ouvert aux suggestions!»