Perchaude: les pêcheurs retiennent leur souffle

L'Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre attend impatiemment... (Photo: Stéphane Lessard)

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L'Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre attend impatiemment la décision du nouveau gouvernement au sujet de sa demande d'autoriser la pêche hivernale à la perchaude, cet hiver.

Photo: Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre attend avec un sentiment d'urgence la décision du nouveau gouvernement au sujet de sa demande d'autoriser la pêche hivernale à la perchaude, cet hiver, malgré le moratoire de cinq ans.

L'APLSP, rappelons-le, propose que cette pêche soit assortie d'un quota de 10 prises. Les pêcheurs veulent ainsi valider les affirmations des scientifiques selon lesquelles les stocks de perchaudes du lac Saint-Pierre se sont effondrés.

L'ancien ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Clément Gignac, devait rendre sa décision à ce sujet en juillet dernier, ce qu'il n'a pas fait. Puis est arrivée la campagne électorale. Et les mois se sont écoulés.

Le président de l'Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre, Jean Lévesque, explique que les pourvoyeurs et les centres de pêche du lac Saint-Pierre commencent à être vraiment nerveux.

Il explique que c'est en octobre que les pourvoyeurs vont à la pêche aux menés. Ces petits poissons, gardés dans des viviers pour être vendus aux clients comme appâts pour la pêche à la perchaude, sont amassés en très grandes quantités. «Il faut en pêcher des milliers. De 800 à 1000 gallons de menés», raconte M. Lévesque. «Cette opération coûte de 5000 $ à 6000 $», dit-il. Des pourvoyeurs, ajoute M. Lévesque, ont annoncé qu'ils ne feront pas cette dépense s'il n'y a pas de pêche hivernale à la perchaude. Au moins l'un d'eux prévoit qu'il n'ouvrira pas sa pourvoirie si la perchaude n'est pas autorisée, ajoute M. Lévesque.

Le président de l'Air faunique communautaire du lac Saint-Pierre, Stéphane Marin, croit que les pourvoyeurs pourraient faire leur pêche aux menés comme prévu, peu importe la décision qui viendra, mais il reconnaît que la perchaude est l'espèce qui attire le plus la clientèle familiale le jour. «Le doré ça va mordre très tôt le matin ou le soir à la brunante», explique-t-il. «Ce n'est pas là que les familles pêchent le plus», fait-il valoir.

L'Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre a rencontré la députée péquiste Noëlla Champagne, la semaine dernière, pour la sensibiliser à la situation.

Mme Champagne reconnaît l'urgence de cette prise de décision. Un document d'information sur le dossier devait être remis, dans un premier temps, à la ministre Martine Ouellet. Toutefois, elle l'a transféré à Daniel Breton qui est ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs. La portion Faune de son ministère était rattachée, dans l'ancien gouvernement, au ministère qu'occupe maintenant Mme Ouellet, soit les Ressources naturelles.

L'attaché politique de la députée Champagne, Sylvain Paquin, a confirmé, hier, que M. Breton a été sensibilisé à ce dossier et que c'est lui qui tranchera, mais il ne pouvait confirmer quand se prendra sa décision.

Toutefois, rappelle M. Paquin, le ministre devra tenir compte des recommandations et inquiétudes des scientifiques de son ministère et de l'UQTR dans ce dossier.

Le président du Comité de suivi de l'état du stock de perchaudes au lac Saint-Pierre, le professeur Pierre Magnan de l'UQTR, spécialiste de l'écologie des eaux douces, s'est montré très inquiet lorsqu'il a été question, en juillet dernier, de lever partiellement le moratoire sur la pêche à la perchaude, cet hiver. C'est qu'en hiver, les femelles sont pleines d'oeufs, a-t-il rappelé.

Le professeur Magnan avait expliqué, à ce moment-là, que la relève, c'est-à-dire les petites perchaudes d'un an, sont maintenant presque absentes du lac Saint-Pierre. Les mesures ont été prises dans 210 stations d'échantillonnage pour le confirmer.

Les pêcheurs n'y croient pas et disent observer une toute autre situation au bout de leur ligne depuis quelque temps. Ils veulent valider ces données par la pêche hivernale. Ils accusent aussi les cormorans de contribuer au déclin de la perchaude.

L'abattage de cormorans a d'ailleurs été entrepris par le ministère, cet été et se poursuit cet automne. Le bilan de cette expérience ne se fera qu'au début décembre, signale Lucie Carpentier de la direction régionale du ministère. Selon certaines sources, environ 300 de ces oiseaux auraient été abattus jusqu'à présent.

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