Assurance-vie refusée pour une fillette suivie par une sage-femme

La demande d'assurance-vie de la petite Emma a... (Photo: Stéphane Lessard)

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La demande d'assurance-vie de la petite Emma a été refusée puisque sa mère a opté pour les services d'une sage-femme plutôt qu'un médecin.

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(Trois-Rivières) La mère d'une petite fille d'à peine quatre mois dénonce que les compétences des sages-femmes ne soient pas reconnues à leur juste valeur lorsque vient le temps de procurer une assurance-vie à son enfant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En début de semaine, Catherine Bleau a en effet essuyé un refus de la part de sa compagnie d'assurance puisque la petite Emma n'avait pas été observée par un médecin de famille ou un pédiatre.

«S'il y avait eu un problème de santé, la sage-femme aurait demandé à ce que mon enfant soit vue par un pédiatre. Mais ce n'est pas le cas, ma fille est en santé. Je trouve ça particulier que, puisque j'ai opté pour une sage-femme, qui fait pourtant partie du réseau de la santé et qui est reconnue légalement, je sois obligée de faire des démarches supplémentaires pour que mon bébé puisse avoir une assurance-vie. C'est ridicule. Je pense que j'ai le droit de choisir le professionnel que je veux pour le suivi de mon enfant», mentionne Mme Bleau qui a respecté le processus habituel dans la pratique de sage-femme.

Née le 20 juin, sa bambine a donc été examinée par la sage-femme à plusieurs reprises depuis, soit un jour, trois jours, cinq jours, trois semaines et six semaines après qu'elle soit née. «À chaque fois, elle était en bonne santé», note la mère.

Après avoir encaissé la déception, la mère de famille a tenté d'obtenir de l'aide auprès de différents organismes, mais en vain. «À la défense des droits de la personne, ils m'ont dit qu'ils ne pouvaient rien faire pour moi. Ils m'ont référé au Bureau d'assurance du Canada et, encore une fois, la réponse a été la même», explique Mme Bleau, qui est elle-même sage-femme.

Plutôt que de regarder les institutions jongler avec sa situation, elle a alors décidé de se tourner vers son médecin de famille qui a réussi à lui trouver une petite place dans son horaire pour examiner Emma dans des délais raisonnables. «J'ai été chanceuse, car j'ai un médecin de famille. Alors même s'il a déjà été établi que ma fille est en santé, j'ai décidé d'acheter la paix», laisse-t-elle tomber, quelque peu résignée par la situation.

Du côté de l'Ordre des sage-femmes du Québec, on refuse de jeter le blâme sur l'assureur mais on déplore tout de même que le travail de sage-femme ne soit pas suffisant pour obtenir une assurance-vie.

«L'Ordre respecte la décision de la compagnie d'assurance qui, comme partenaire privé, a le droit d'imposer des conditions précises à l'établissement de contrat. Il est cependant regrettable que les sages-femmes, professionnelles de la santé reconnues depuis 1999 par le ministère de la Santé et des Services sociaux, ne soient pas considérées par cet assureur», a fait savoir l'organisation dans un courriel expédié au Nouvelliste.

Par ailleurs, l'Ordre souligne qu'il s'agit de la première fois qu'une telle situation est portée à son attention. Au Centre de santé et de services sociaux de Bécancour-Nicolet-Yamaska, dont fait partie la Maison de naissance de la Rivière à Nicolet qui a accueilli la petite Emma, on préfère ne pas s'immiscer dans le dossier puisqu'il s'agit d'un contrat privé.

L'agent d'information du CSSSBNY, Guillaume Cliche, a néanmoins tenu à souligner les compétences des sages-femmes. «On fait totalement confiance aux professionnels qui sont en place. C'est une pratique reconnue et c'est certain qu'on va continuer à offrir ce service-là sur notre territoire», assure-t-il.

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