Marois fait volte-face et nomme son whip responsable des deux régions

Yves-François Blanchet... (Photo: La Voix de L'Est)

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Yves-François Blanchet

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Tout en se montrant inflexible avec sa députée de Champlain, Noëlla Champagne qui souhaitait un représentant de la Mauricie au sein du Conseil des ministres, la première ministre Pauline Marois a décidé hier, à la surprise générale, de nommer le député de Johnson et whip en chef du gouvernement, Yves-François Blanchet à la fois responsable de la Mauricie et du Centre-du-Québec... avec pour résultat que ces deux régions n'ont plus de ministre responsable.

Le moins que l'on puisse dire, est que cette décision a pris tout le monde par surprise à commencer par le premier concerné, qui jeudi encore, expliquait au Nouvelliste qu'à titre de whip, il ne pouvait être responsable de régions et Noëlla Champagne, qui a appris la nouvelle par une dépêche interne du gouvernement tombée sur son bureau alors qu'elle était à la rédaction de son propre communiqué, annonçant qu'elle acceptait finalement la décision de la première ministre.

Les ministres Bernard Drainville et Pierre Duchesne, qui en ont plein les bras avec leur nouveau ministère, n'avaient de toute façon jamais montré beaucoup d'enthousiasme face à ces responsabilités régionales ni accordé d'entrevue à ce sujet. Dès jeudi d'ailleurs, leur cabinet référait les appels des médias... au bureau du whip en chef.  C'est en fin d'après-midi jeudi, que l'idée a commencé à germer au cabinet de Mme Marois.

En entrevue hier, M. Blanchet a expliqué que le dossier Gentilly-2 plaidait pour la réunion des deux régions qui, aime-t-il le rappeler, ont déjà formé une seule et unique région administrative et sont demeurées depuis très liées.

«Je suis familier avec les deux et le fameux mammouth dont je parlais hier, il est identifié à la Mauricie et au Centre-du-Québec.  Le développement de la prochaine année, ce sera le fameux fonds de diversification de 200 millions $. Il va falloir aller voir ceux qui aujourd'hui exercent des pressions, car ils seront autour de la table et consultés.» Pas question toutefois de mettre sur pied une commission parlementaire sur l'avenir de la centrale. «Elle n'est pas nécessaire, assure le whip en chef, les gens essaient simplement de trouver une façon de prolonger l'échéance dans l'espoir que la décision sera renversée. Le débat a eu lieu et tous les nouveaux arguments militent pour le déclassement.»

Contrairement à ses collègues ministres, M. Blanchet démontre beaucoup d'enthousiasme face à ce vaste mandat qui lui est confié et qui le place déjà sous les projecteurs médiatiques. Lorsqu'on lui demande par quelle pirouette parlementaire un whip se retrouve responsable de régions, il répond qu'après quelques recherches on aurait trouvé des précédents. «Il a toujours été clair pour moi que je serais impliqué dans les dossiers de la région. Là, on l'a confirmé», note-il.

M. Blanchet s'est fait rassurant quant à sa disponibilité et surtout son efficacité dans les dossiers. Il donne comme exemple l'agrandissement d'un pavillon de l'hôpital de Drummondville, son centre de foires et la présence de l'UQTR dans cette ville.  «Il y a eu des retombées de plus de 80 M $ et j'étais dans l'opposition. Les gens de la région peuvent avoir confiance qu'on va livrer ce que l'on a promis. Et je pense que les gens de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont compris que j'entre facilement dans le bureau de la première ministre. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir pour la priorisation de la Mauricie. Je me suis déjà fait le porteur de cette inquiétude.»

Il sera de retour rapidement pour rencontrer les élus mais veut laisser retomber un peu la poussière. «Je ne veux pas le faire dans un super slam de manifestations. Les gens vont apprendre ma nomination et j'espère qu'ils se diront que je suis le joueur dont ils ont besoin. Il faut qu'ils acceptent que l'on vient juste d'arriver et qu'on a des obligations minimales. Mais j'espère être à Trois-Rivières dès la semaine prochaine.»

Pour sa part, après avoir eu une conversation téléphonique jeudi, en fin d'après-midi, avec la première ministre Pauline Marois qui refusait toujours de nommer une personne de la Mauricie au Conseil des ministres, la députée de Champlain, Noëlla Champagne, a finalement choisi «après une bonne nuit de sommeil et la lecture de ses journaux» de rendre les armes.

La députée soutient que lors de sa conversation avec Mme Marois, elle a senti que tous les efforts seraient faits afin que la Mauricie ne souffre pas de la décision de la première ministre.

Elle ne cache pas qu'elle est déçue par ce choix et qu'elle comprend la déception des élus et des intervenants économiques, mais elle reste déterminée à jouer son rôle de députée avec passion et la même détermination.

La députée dit avoir décidé de mettre fin à cette saga parce qu'elle est en train de miner la région. Elle ajoute que ce n'est pas avec des commentaires acerbes que l'on fera avancer la Mauricie qui a davantage besoin de concertation que de confrontation. «De nombreux défis nous attendent tant au niveau économique que social et je serai là pour apporter ma contribution», affirme Mme Champagne. «Je ne démissionnerai pas, car j'ai trop de respect pour les

13 624 électeurs qui m'ont fait confiance le 4 septembre dernier. Agir ainsi serait de la pure vengeance et j'aime trop mon travail de députée pour agir sur un coup de tête.»

Mme Champagne avait eu une conversation jeudi matin avec le whip, qui l'avait incitée à la patience, tout en lui donnant son exemple, à l'effet qu'il aurait bien aimé être ministre. Un peu surprise par cette nomination, la députée souligne tout de même qu'un whip «n'est pas un ministre responsable» mais elle reconnaît que la première ministre a finalement décidé «de faire de la politique différemment»... comme elle l'avait elle-même suggéré.

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