Commission Charbonneau: Trois-Rivières aussi dans la mire

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La commission Charbonneau a bien l'intention de mettre son nez partout et les villes, dont Trois-Rivières, n'y échappent pas.

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(Trois-Rivières) La commission Charbonneau a bien l'intention de mettre son nez partout et les villes, dont Trois-Rivières, n'y échappent pas. Comme 28 autres municipalités du Québec, Trois-Rivières doit montrer patte blanche en remettant à la commission des documents liés à la construction qui remontent à aussi loin que novembre 1996, soit avant la fusion. La période analysée s'étend jusqu'à novembre 2011. La tâche est colossale.

«C'est un travail de moine», lance Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières. «On a mis une équipe multidisciplinaire en place. On avait un temps bien précis pour y répondre. On a assuré à la commission qu'on allait collaborer.»

Une quinzaine d'employés se sont affairés à cette tâche à temps plein pendant environ un mois et demi. Ils ont épluché les dossiers et fouillé les archives. Ils avaient jusqu'à aujourd'hui pour compléter le travail.

La commission Charbonneau a fait cette demande à 29 municipalités, soit les villes de 50000 habitants et plus ainsi que les municipalités qui ont octroyé plus de 100 millions $ en contrat entre 2006 et 2010. «Trois-Rivières répondait à ces critères et c'est pourquoi on a fait la demande», explique Richard Bourdon, directeur des communications de la commission.

Cela ne signifie pas pour autant que ces municipalités sont soupçonnées de quoi que ce soit. Cette demande a été faite en fonction du mandat de la commission.  «C'est pour vérifier l'ensemble des données. Ça permet de vérifier s'il y a des stratagèmes pour contourner les règles, et si c'est répandu à l'ensemble de la province, ou si c'est unique à une municipalité», explique M. Bourdon.

«La fin de la chasse aux

sorcières», espère Lévesque

Yves Lévesque n'est pas du tout inquiet que la Ville se retrouve sous la loupe de la commission Charbonneau. Il s'en réjouit même et assure que Trois-Rivières n'a rien à cacher.

«On va arrêter de faire la chasse aux sorcières, ça va être la chasse à la vérité. La lumière va être faite», affirme le maire. «Les gens qui sont responsables devront répondre de leurs gestes, indique-t-il, en parlant de l'ensemble du monde municipal, mais on va arrêter de mettre

tout le monde sur le même bateau.»

M. Lévesque espère que le travail de la commission va permettre de rétablir la confiance envers les élus.

«Les allégations causent un tort incroyable. À force de faire des allégations, les gens croient que c'est vrai. Un moment donné, il faut que ça arrête. Si on peut faire la lumière et rétablir la confiance par l'entremise de cette commission tant mieux.»

La conseillère Sylvie Tardif se réjouit également de cette démarche.  

«Je trouve ça intéressant que la commission Charbonneau se penche sur la gestion de notre ville. Il est arrivé quelques fois que nous avons déposé des dossiers à la commission des Affaires municipales et il n'y a pas vraiment eu de suites réelles, tellement que j'en étais rendue à avoir perdu confiance envers le ministère des Affaires municipales.»

«On verra ce que ça donne. Maintenant, c'est d'attendre les résultats concrets de leurs investigations, ça nous confirmera s'il y a eu ou non des façons

de faire discutables», conclut-elle.

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