Dans un communiqué émis hier, signé par Jean-François Aubin de la Démarche des premiers quartiers et président du conseil d'administration de Vire-Vert, on explique que ces mises à pied sont causées par le retard dans le financement du projet. Il manque en effet 3 millions $. On assure que les administrateurs sont toujours dans l'attente de soutien financier suffisant pour réaliser cet hôtel-école de 10 millions $ dont le montage financier, très complexe, exige l'implication de plusieurs ministères peu habitués à cette formule.
Rappelons qu'une somme importante devait venir du ministère de la Culture mais qu'elle était conditionnelle à un classement de l'édifice Ameau par la Ville de Trois-Rivières. Or, la citation historique n'est venue qu'en pleine campagne électorale.
«Il manque encore une partie importante du soutien nécessaire du gouvernement. Ce qui est sur la table est insuffisant pour démarrer le projet et ne ferait que le vouer à l'échec, écrit M. Aubin, actuellement en voyage en Chine. Le CA travaille donc à obtenir les conditions pour le réaliser.»
Il ajoute que la situation est regrettable, qu'il espère qu'elle n'est que temporaire et qu'il pourra arriver bientôt à une entente avec le gouvernement. M. Aubin sera en effet désormais le principal porteur du dossier.
M. Aubin précise également que l'arrivée d'un nouveau gouvernement au pouvoir implique qu'il faille présenter à nouveau le dossier de l'Écol'hôtel K, ce qui exige beaucoup de temps.
L'organisation n'a pas les fonds nécessaires pour tenir ces nouveaux délais dans le dossier et n'a d'autre choix que d'annoncer le départ de l'équipe. Tous les fonds promis étaient conditionnels les uns aux autres. Vire-Vert n'est plus en mesure d'assumer l'attente. Nous tenons à remercier toute l'équipe de travail, particulièrement Mme Charbonneau qui a fait un travail incroyable dans ce projet... Nous espérons que ce n'est qu'un au revoir et que nous arriverons bientôt à une entente avec le nouveau gouvernement.
Rappelons que Vire-Vert a déjà pu compter sur une équipe de 20 employés et un budget de plus d'un million $ pour ses différents projets en développement durable.
La députée libérale de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, a déclaré que les libéraux avaient toujours trouvé ce projet «très porteur» et que pour cette raison, ils l'avaient inclus dans leurs engagements électoraux. «Nous avions déjà trouvé 1 050 000 $ avant le début de la campagne électorale. C'est toujours dommage des mises à pied. C'est une décision administrative que je ne commenterai pas. Il faut rappeler que le ministère de la Culture attendait que la Ville cite l'immeuble Ameau, ce qui les aurait rendus éligibles à une subvention substantielle de 400 000 $. Mais il aurait aussi fallu continuer à regarder ce dossier avec Investissement Québec. On va continuer à soutenir ce dossier.»
Sa voisine péquiste de Champlain, Noëlla Champagne, confie pour sa part qu'elle a l'intention de réviser ce dossier avec sa collègue de Trois-Rivières, mais rappelle aussi que ce projet d'hôtel n'est pas situé dans sa circonscription et qu'elle n'est pas non plus une ministre responsable de la région... du moins pas encore.
Mme Champagne dit déplorer que les libéraux, s'ils soutenaient vraiment ce projet, n'aient pas pris le temps d'attacher toutes les ficelles de son financement avant les élections comme ils l'ont fait pour d'autres projets.
Elle fait aussi remarquer que pratiquement tous les acteurs au dossier ont été réélus et que si son gouvernement décide de soutenir l'hôtel, il sera facile de retracer ce dossier, même s'il est complexe. Mais avant, il faudra attendre que les députés soient assermentés, qu'un cabinet se mette en place et sans doute qu'un budget soit adopté.
Rappelons que l'hôtel K se présente comme le premier éco-hôtel-école au Canada, associé à des institutions partenaires. Il se veut aussi le premier hôtel canadien entièrement écogéré et écoconstruit. Le bâtiment qui abritera le futur hôtel, soit l'édifice Ameau, doit être entièrement rénové selon les principes du développement durable afin d'atteindre la certification LEED Or.
Il devait être le seul hôtel-boutique de Trois-Rivières, une formule qui permet de vendre le fruit du travail des artistes et des producteurs locaux. Il aspirait également à devenir le premier hôtel vert au monde avec des chambres dessinées par des artistes.