Pris d'assaut, l'hippodrome aurait pu accueillir encore plus de monde que les 6000 amateurs présents, selon les évaluations, car certains visiteurs ont tourné les talons tellement l'attente était longue à l'entrée de la piste.
Il fallait attendre partout: au pari mutuel, au casse-croûte et devant les différents bars. Il y avait du monde partout, à la salle à manger, dans les gradins supérieurs et inférieurs. Pas un siège de libre. Même que le parterre, sur le bord de la piste, était bondé.
On a même manqué de programmes pour les parieurs, mais les promoteurs ont pu se retourner sur un dix cents pour en imprimer plusieurs autres sur des feuilles.
Probable que, ce matin, il faudra regarnir les tablettes des différentes concessions...
Si le président du Club Jockey du Québec, Tony Infilise, avait prédit une assistance entre1500 et 2000 amateurs, il aura été, bien malgré lui, un mauvais handicapeur.
Il était, bien sûr, satisfait, mais aussi très prudent sur l'avenir immédiat de cette courte saison de 10 programmes au cours des cinq prochaines semaines.
«C'est un très beau succès. Très honnêtement, je vous dirais que ça dépasse nos prévisions. Ça démontre clairement que les courses de chevaux attelés au Québec font partie de notre culture de génération en génération. Toutefois, je resterai prudent quant à la suite des choses. J'ose croire que le succès se poursuivra, mais j'en resterai là et n'oserai pas prédire le chiffre des prochaines assistances», a dit Tony Infilise.
Le vice-président du Club Jockey du Québec, Guy Corbeil, lui-même un ancien jockey, croit au succès de l'entreprise. «Je n'y aurais pas cru il y a cinq ans quand il y avait aussi des courses de chevaux à Québec et à Montréal. Là, j'y crois énormément et j'ai senti que les hommes de chevaux étaient sécurisés, notamment, par notre éthique de travail.
Nous voulons nous démarquer par la qualité de nos programmes et non par la quantité. Je dirais, à voir les installations ici, que l'Hippodrome 3R est un petit Gulf Stream (piste réputée de la Floride). Je pense que les assistances seront bonnes si nous présentons des épreuves avec des chevaux de qualité», confiait M. Corbeil.
Cohue au pari mutuel
Seul hic de cette reprise des courses à Trois-Rivières, l'attente au pari mutuel. Certains parieurs n'ont pu effectuer certaines mises.
«Il faut pratiquement se prendre une course à l'avance, disait Walter Pidgeon, de Trois-Rivières, qui se disait un grand amateur de courses de chevaux. Je suis prêt à donner la chance au coureur, mais les dirigeants devront s'ajuster rapidement. Je suis certain qu'ils (les promoteurs) ont perdu de l'argent aujourd'hui», disait-il.
Pourtant, hier, il s'est parié, selon la direction de l'hippodrome, la rondelette somme de 100 000 $.
Carignan satisfait
Le directeur des opérations de l'Hippodrome 3R, François Carignan, attendait cette réouverture avec impatience. Avec infiniment plus d'impatience que les promoteurs qui l'ont embauché. «Je suis satisfait et j'ai un bon feeling pour la suite des choses. Bien sûr, il nous aurait fallu cinq ou six guichets de pari mutuel de plus et les bars et le casse-croûte ont été très achalandés. Mais, nous allons nous ajuster», a-t-il dit.
Soulignons au passage que le trotteur Maître Promissing a remporté la première épreuve de cette réouverture, et qu'à la cinquième course, qui regroupait aussi des trotteurs, la combinaison 7-2-5 a rapporté une trifecta de 1132,40 $ à un ou des parieurs.
Sont toujours surprenants les trotteurs!