Selon lui, un tel sujet ne devrait pas soulever autant les passions, surtout lorsqu'on jette un coup d'oeil vers les nombreux bancs vides des églises lors des messes dominicales.
«On parle d'une majorité silencieuse qui s'oppose au retrait de tout signe religieux. Mais où est-elle les dimanches matins? Sûrement pas dans les églises pour pratiquer sa religion», lance le marguillier.
Tout en souhaitant ne pas s'immiscer dans la campagne électorale, M. Lafrenière veut surtout mettre en lumière l'ironie de tout le débat. «Il s'agit là d'une dichotomie entre ce que les gens font et ce qu'ils disent. Les gens lèvent les barricades car on veut enlever le crucifix mais en même temps, personne ne s'offusque parce qu'on démolit des églises et qu'elles tombent en morceaux. Ça ne tient pas la route. Individuellement, on a décidé de ne plus aller dans les églises et collectivement on a décidé de ne plus s'occuper de ça. Il faut l'assumer et c'est le dernier pas qui reste à franchir.»
D'ailleurs, en raison de l'accroissement de la multiethnicité de la société québécoise, et des nombreuses religions qui en découlent, le marguillier juge que l'Assemblée nationale devrait demeurer à l'écart du portrait religieux. «C'est le parlement de tout le monde, toutes les religions. Il ne devrait même pas y avoir de débat là-dessus. Le crucifix était là quand la religion et la politique étaient ensemble, mais ce n'est plus le cas», explique-t-il.
Églises en péril
Au lieu de s'enflammer sur la présence du crucifix, le représentant de la paroisse Immaculée-Conception croit que la population devrait plutôt s'interroger sur la préservation du patrimoine religieux, alors que plusieurs bâtiments tombent pratiquement en ruine. «On devrait plutôt se préoccuper de nos monuments que d'un crucifix qui n'a pas vraiment sa raison d'être. Tant qu'à parler de ça, j'aimerais mieux qu'il soit question de protection du patrimoine religieux. Qu'est-ce qu'on en fait? Mme (Djemila) Benhabib est d'ailleurs la seule qui en a parlé. J'aimerais que les candidats se prononcent sur leur vision du patrimoine religieux», demande M. Lafrenière.
Parmi les bâtiments en péril, on retrouve notamment l'église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, sur la rue Saint-François-Xavier à Trois-Rivières, qui aurait besoin de réparations de plus de 700 000 $ seulement pour être remise à niveau.
«Il n'y a plus personne qui vient dans les églises, plus personne ne soutient les paroisses. Où on va prendre l'argent pour ça? Qu'est-ce qui va arriver avec cette église? Elle va rester debout encore pour un moment, mais il va falloir en discuter un jour, de son avenir. Ça coûte cher entretenir ça», rappelle le marguillier de la paroisse Immaculée-Conception, qui estime que les gouvernements provinciaux et municipaux devraient trouver un moyen de supporter financièrement les institutions religieuses. «Il va falloir trouver une structure pour aider les gestionnaires de ces biens-là», ajoute-t-il.
Vandalisme à la cathédrale
Comble de malheur, comme si les coffres de la paroisse n'étaient pas déjà assez dégarnis, la cathédrale de Trois-Rivières a été victime de vandalisme au cours des derniers mois et M. Lafrenière se demande bien comment il sera possible de réparer la structure.
Les malfaiteurs se sont notamment enfui avec une partie des gouttières de la bâtisse en plus de sectionner le paratonnerre, probablement pour en revendre le cuivre.
«On va être obligé de les remplacer par des tuyaux de sécheuse si ça continue», explique-t-il tout en lançant l'invitation à quiconque serait apte à les remplacer. «La paroisse serait prête à poser une affiche devant la cathédrale en guise de remerciement à la personne qui poserait de nouvelles gouttières».