Propos recuillis par Frédéric Lacroix-Couture
Le Nouvelliste
Hier, ce fut une très très grosse journée. En fait je suis resté sur l'eau 12 heures. Je ne connais pas exactement le nombre, mais j'ai au moins parcouru 40 kilomètres. J'ai donc sacrifié la chasse, la pêche au profit de la progression. Il faut dire j'ai rencontré aucun animal, outre des castors en matinée. Ce fut très tranquille de ce côté.
Le résultat de tout ça aussi, c'est que je suis complètement épuisé. Mise à part la fatigue, je dois dire que tout a bien été sur l'eau. L'idée hier était de faire un maximum de distance afin d'atteindre, à tout de moins aujourd'hui, des campements.
Comme nourriture, tout ce que j'ai pu trouver, c'est des sachets de sucre dans un campement abandonné. J'ai alors seulement eu une poignée de sachets de sucre pour m'alimenter. Ce qui fait que j'ai perdu beaucoup de poids, pas juste hier, mais depuis le début du voyage. C'est certain que j'ai perdu plus que 10 livres. Mon linge commence donc a être de plus en plus grand pour moi.
Jusqu'à la fin, j'espérais tomber sur un campement afin de pouvoir passer la nuit, mais je suis arrêté à la brunâtre. J'ai donc coupé mon bois et j'ai passé la nuit à la belle étoile.
Aujourd'hui pour ma dixième journée, je vais mettre le nombre d'heures nécessaire. Si c'est 12 heures, ça sera 12 heures encore. Disons que j'ai hâte de rencontrer des gens. Je planifiais dix jours au départ, donc aujourd'hui, j'ai peut-être des chances d'atteindre un minimum de civilisation. De là à savoir si je vais être capable de sortir, de prendre une route et d'ainsi rencontrer des gens, je ne le sais pas.
Je reste positif. Par contre, mentalement et physiquement, je suis dans un autre état. Je dirais que je n'ai jamais été aussi fatigué physiquement et mentalement. En terminant, je dois vous dire que je m'ennuie du rire de mes filles.