Un camp de vacances pour immigrants... à Hérouxville

Pas moins de 150 nouveaux arrivants ont quitté la banlieue de Brossard, ... (Émilie O'Connor)

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Émilie O'Connor

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Jonathan Filion
Le Nouvelliste

(Hérouxville) Pas moins de 150 nouveaux arrivants ont quitté la banlieue de Brossard, dimanche dernier, pour le village d'Hérouxville afin d'y passer une semaine de vacances au camp Val Notre-Dame. Célèbre pour son fameux «code de vie» destiné aux immigrants, la municipalité n'a pas fini d'en voir arriver dans ses rues.

Le camp hérouxvillois a créé cette année un tout nouveau programme dans le but d'accueillir des groupes de nouveaux arrivants afin de leur faire découvrir leur pays d'adoption par l'entremise de plusieurs activités en plein air.

«On a déjà accueilli plusieurs groupes de nouveaux arrivants d'un peu partout afin qu'ils vivent une expérience typiquement québécoise avec nos coutumes et notre nourriture. On est très satisfait du résultat jusqu'ici et c'est une très belle expérience pour nous et pour eux. Quand les gens sont ici, ils ont tous le sourire aux lèvres», explique tout d'abord le directeur du camp, Gilles Brûlé.

Qu'ils viennent du Liban, du Mexique, de la Colombie ou de partout ailleurs et qu'ils parlent français ou non, il n'y a aucune différence pour M. Brûlé et son équipe. Une semaine de plaisir attend tous les vacanciers, autant au camp que dans les villages.

«C'est un camp pour toute la famille. Les adolescents vont en camping à l'extérieur du site et tout le monde se rend à la plage à Sainte-Thècle une fois dans ses vacances. Nous n'avons jamais eu de problème avec les villages. On n'a jamais voulu embarquer dans les histoires de code de vie, car on favorise la venue des ethnies et des nouveaux arrivants. On a eu, plus tôt dans l'été, 240 musulmans. Le maire (de Sainte-Thècle, Alain Vallée) est venu les rencontrer et il n'y avait aucun problème dans le village quand les gens voyaient les femmes voilées. Tout le monde est toujours bien accueilli. Quand les organisations nous contactent, ils savent où ils appelent et l'histoire qui colle à la ville. Sincèrement, on en rit souvent», assure M. Brûlé.

Au cours de la semaine, c'est un groupe de la Maison internationale de la Rive-Sud qui participait à une multitude d'activités à Hérouxville. Le premier contact avec les Hérouxvillois s'est très bien déroulé, à un point tel qu'on parle déjà de revenir.

«On a été très bien reçu. C'est le camp qui prévoit tout pour nous et tout le monde apprécie sa semaine jusqu'à présent. La plupart des gens qui sont ici sont arrivés au pays pour fuir la guerre et la violence et ils n'ont pas eu de plaisir et la chance de faire de telles activités dans leur jeunesse. J'ai déjà parlé à la direction du camp pour avoir les informations pour revenir avec un groupe de nouveaux arrivants en hiver», affirme la porte-parole du groupe, Fateha Baba-Aissa, qui a quitté son Algérie natale pour le Québec il y a trois ans.

Le directeur général de la Maison internationale de la Rive-Sud, Noureddine Belhocine, n'était pas inquiet d'envoyer son groupe à Hérouxville. Il était au courant de l'histoire qui a fait couler tant d'encre dans le passé, mais il avait confiance en le service qu'offre le camp Val Notre-Dame.

«Je suis tombé sur leur camp par hasard. Je cherchais une place pour envoyer mes familles en vacances et de fil en aiguille, je suis tombé là-dessus. La première fois que j'ai regardé, je ne savais pas que c'était à Hérouxville, mais je l'ai appris rapidement lors de mes discussions avec les gens du camp. J'ai choisi cette place pour les bonnes conditions qu'ils offraient, la proximité de Brossard et leur prix très compétitif. Ce n'était pas un clin d'oeil ni une provocation envers la municipalité», conclut M. Belhocine.

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