Hier, le Joliettain d'origine colombienne Pablo Lugo Herrera était de passage à Trois-Rivières dans le cadre de sa tournée des circonscriptions électorales. Il n'a rien mangé depuis le 31 juillet dernier et entend poursuivre son jeûne jusqu'au 4 septembre.
Pablo Lugo Herrera a choisi d'entamer une grève de la faim dans le but d'attirer l'attention des citoyens et leur transmettre son message par la suite.
Dans chaque comté, il s'installe près des locaux électoraux des députés et répond aux questions des passants, flanqué d'une grande affiche expliquant son geste et d'un drapeau des Patriotes. «Les gens s'inquiètent pour ma santé, mais comparativement à tout ceux qui se sont battus et sont morts pour la démocratie, une grève de la faim ce n'est pas grand-chose.»
M. Lugo Herrera lutte contre l'apathie et le cynisme des citoyens vis-à-vis la classe politique, tout en les informant sur des enjeux qui, selon lui, sont cruciaux, mais n'ont pas assez d'attention médiatique.
«Mercredi, j'étais dans Bonaventure, en Gaspésie, pour parler aux gens de la vente du pétrole de l'île d'Anticosti. Personne n'était au courant. C'est pourtant très important, on parle de la vente de nos ressources naturelles!»
Il ne se laisse pas décourager par l'apparente indifférence des passants et aborde aussi les questions des droits de scolarité, des logements sociaux et ce qu'il appelle «l'État policier». Il tente d'inciter la population à délaisser les vieux partis, «qui sont tous pareils».
Contrairement à la plupart des nouveaux arrivants, statistiquement fédéralistes à grande majorité, M. Lugo Herrera fait la promotion de la souveraineté depuis qu'il a pris connaissance de l'histoire du Québec. «Malheureusement, les Québécois ont oublié leur histoire: les Patriotes, le Duplessisme, la Révolution tranquille... J'essaie de leur rappeler.»
Sans bouger de son poste, M. Lugo Herrera essuie les commentaires sarcastiques, en attendant que des curieux l'abordent. «Je fais tout ça parce que si on ne s'occupe pas de la politique, c'est elle qui va s'occuper de nous.»
Il sera de passage à Grand-Mère aujourd'hui.