Cet été, l'archéologue Éléonore Aubut-Robitaille veille à ce que les travaux épargnent les potentiels vestiges qui se trouveraient sous les sols «décapés». À l'été 2011, elle avait dirigé les fouilles plus systématiques ayant permis la mise au jour plusieurs artefacts et vestiges, dont des traces de la palissade du bourg de Trois Rivières. Le chantier de construction entamé, l'archéologue surveille les travaux et peut les interrompre quand des éléments surgissent.
À la mi-juillet, les traverses du tramway qui a circulé à Trois-Rivières de 1915 à 1933 ont été découvertes, puis enlevées pour la poursuite des travaux. Quelques travées ont été préservées comme artefact documentant cette partie de l'histoire du transport collectif trifluvien.
Puis, en creusant autour du monument du Sacré-Coeur, d'autres fondations des murs de l'ancienne église paroissiale ont été découvertes, de même que trois sépultures complètes et trois autres incomplètes. La semaine dernière, Robert Larocque, spécialiste en bio-archéologie, était sur place pour procéder aux mesures d'identification requises, puis à l'exhumation des sépultures qui seront par la suite analysées en laboratoire.
Comme l'explique M. Larocque, on peut parler de sépulture lorsque l'on se retrouve devant un squelette qui était dans un cercueil, et que l'on peut détecter la fosse dans laquelle reposait le cercueil. L'âge et le sexe de la personne défunte peuvent être déterminés par les analyses en laboratoire.
«Pour ce qui est de l'année de décès, c'est plus le contexte archéologique qui permet de le supposer», ajoute le spécialiste en exhumation et analyse de sépultures.
Éléonore Aubut-Robitaille rappelle pour sa part que l'église paroissiale avait été construite entre 1710 et 1713 sur le cimetière de la première église de bois, érigée un peu plus au nord, de l'autre côté de la rue Notre-Dame, au XVIIe siècle. Le cimetière de cette nouvelle église allait, lui, être aménagé un peu plus au sud-est, globalement dans ce qui constitue aujourd'hui le parc des Gouverneurs, au coin des rues des Ursulines et des Casernes.
«On trouve des sépultures à l'intérieur et à l'extérieur des murs de l'église», constate l'archéologue qui s'attend à ce que d'autres sépultures soient trouvées dans le parc des Gouverneurs lors de prochaines étapes du chantier. Par contre, elles seraient plus profondes, de telle sorte que l'exhumation ne serait peut-être pas nécessaire. «Normalement, elles ne devraient pas être menacées», prévoit Mme Aubut-Robitaille.
Des murs de fondation du transept est de l'église paroissiale ont aussi été mis au jour. Les archéologues et historiens peuvent donc enrichir et préciser la documentation des délimitations du lieu de culte détruit lors de l'incendie de 1908.
Rappelons que les travaux de réaménagement de la place Pierre-Boucher devraient être complétés en novembre. Le contrat octroyé à l'entrepreneur prévoyait les délais occasionnés par la surveillance archéologique.