C'est ce que prévoit Richard Vadeboncoeur, biologiste et directeur du développement des affaires chez GDG Environnement, firme spécialisée dans le contrôle écologique des insectes piqueurs.
Ce qui lui permet de le prédire, c'est qu'il y a de plus en plus de moustiques porteurs du VNO en Ontario et les cas humains commencent d'ailleurs à se manifester là-bas. «C'est ce qu'on voit aussi aux États-Unis, cette année», ajoute-t-il.
Le facteur commun, c'est la chaleur, explique-t-il.
«Le moustique est un animal à sang froid. Son métabolisme réagit en fonction de la température. S'il fait froid la nuit, son métabolisme ralentit. Quand il y a de la chaleur, son métabolisme est accéléré et il y aura alors une amplification du virus dans chacun des moustiques», explique-t-il.
Or, on le sait, des records de chaleur ont été atteints, cet été, dans tout le continent nord-américain.
Les laboratoires de GDG, à Trois-Rivières, reçoivent régulièrement des moustiques de l'Ontario, province où, contrairement au Québec, la surveillance du VNO est toujours maintenue.
«Dès la fin de juin, cette année, on a eu les premiers pools de moustiques positifs», raconte le biologiste. «Depuis ce temps, on a eu beaucoup de résultats positifs qui viennent de l'Ontario», dit-il.
Y a-t-il donc une recrudescence à prévoir au Québec cet été? «En toute logique oui», dit-il.
Le premier cas de VNO au Québec, cet été, s'est déclaré dans la région Mauricie et Centre-du-Québec et fut rapporté par Héma-Québec. Il s'agit d'ailleurs du tout premier cas en 11 ans dans la région, soit depuis que le VNO est apparu sur le continent nord-américain.
Un deuxième cas viendrait d'être déclaré en Montérégie, signale le Dr Nicolas Brousseau, médecin-conseil à l'Agence de santé et de Services sociaux en Mauricie.
La saison est encore jeune. Au cours de l'été 2011, 41 cas avaient été confirmés au Québec à la fin de la saison. Ce fut la plus grosse année en 10 ans.
Le principal insecte responsable de la transmission du VNO au Québec, le culex pipiens restuans, n'est actif qu'entre la fin juillet et le mois de septembre. Ce maringouin pique les oiseaux qui sont les réservoirs du VNO et transmettent le virus aux humains lorsqu'il les pique à leur tour.
Le temps a beau être très sec depuis des semaines, le moustique n'a besoin que d'un peu d'eau stagnante pour se reproduire: une piscine pour enfants laissée presque vide ou un bain d'oiseaux abandonné, par exemple.
Le Dr Brousseau ne s'inquiète pas outre mesure d'un regain possible du VNO au Québec cet été. Les symptômes ne deviennent graves que dans 1 % des cas de personnes infectées», dit-il.
Québec a abandonné la surveillance du VNO en 2006. Pour Richard Vadeboncoeur, c'est malheureux. La surveillance des insectes piqueurs permet en effet de prévoir le comportement du virus dans la saison, dit-il.
Le contrôle de ces insectes par des moyens écologiques, comme le fait GDG, n'est pas la seule mesure efficace pour prévenir le VNO. Éviter l'accumulation d'eau dans de petites cavités à l'extérieur, porter des vêtements clairs, éviter de sortir au coucher et au lever du soleil, moments où il y a le plus de moustiques, et porter un insectifuge sont autant de mesures pour faire de la prévention.