Des poules urbaines à Trois-Rivières?

:Martine Clément veut faire modifier le Règlement sur... (Photo: Olivier Croteau)

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:Martine Clément veut faire modifier le Règlement sur la garde d'animaux afin de conserver ses deux poules en milieu urbain, Georgette et Lucienne.

Photo: Olivier Croteau

Frédéric Lacroix-Couture
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une simple plainte contre la présence de poules en pleine ville à Trois-Rivières pourrait amener un changement sur la réglementation entourant la possession d'animaux de ferme en milieu urbain. Martine Clément, une résidente de la rue Beauchemin dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, veut conserver ses deux poules qui vivent dans sa cour arrière. Pour y parvenir, elle fera entendre sa voix lors de la prochaine rencontre du Comité consultatif d'urbanisme afin que le Règlement sur la garde d'animaux permette de garder une ou deux poules urbaines.

Souffrant d'une dépression majeure depuis juillet 2011, Mme Clément a décidé de faire l'achat en juin dernier de Georgette et Lucienne, ses deux poules, afin de l'aider à sortir de cette période plutôt difficile.

«Mon psychologue m'a proposé de m'accrocher à un projet. Donc, sachant que je viens d'un milieu de cultivateurs, il m'a dit de faire un jardin. J'avais du bois chez moi et à partir de là j'ai eu l'idée de me faire un poulailler avec mon jardin», raconte-t-elle.

Martine Clément, propriétaire d'un duplex, a ainsi confectionné un mini-enclos où Georgette et Lucienne se reposent la nuit, étant laissées en liberté dans la cour arrière le jour.

Elle affirme que leur présence a été très thérapeutique et beaucoup plus bénéfique que tous les médicaments qu'elle a pris.

«On peut s'asseoir un heure dans le jardin et les regarder aller. C'est tellement relaxant et le temps passe si vite».

Cette mère a pu aussi initier ses deux garçons à l'agriculture et en apprendre davantage sur la provenance de la nourriture. Chaque jour, les deux petites poules pondent deux oeufs que Mme Clément remet parfois à ces voisins immédiats.

Si ses voisins et locataires se plaisent de la présence de poules en milieu urbain, cela semble déplaire à une voisine qui habite en diagonale de chez elle puisqu'une plainte pour cause de mauvaises odeurs a été logée à la Société protectrice des animaux de la Mauricie (SPAM), la semaine dernière.

L'organisme a demandé à Martine Clément de se débarrasser de Georgette et Lucienne, en plus de s'exposer à une amende de 75 $ le 7 août prochain.

La propriétaire de deux poules ne comprend pas pourquoi sa voisine a déposé une plainte alors qu'elle n'a aucun contact avec ses animaux de ferme. Mme Clément argumente que les poules ne sont aucunement dangereuses et bruyantes.

«Il n'y a pas de risque d'escapade avec l'enclos. Ce n'est pas un chien qu'on laisse tout seul ou un chat qui va dans la plate-bande du voisin. Elles chantent seulement vers 8 h le matin lorsqu'elles pondent leurs oeufs». Georgette et Lucienne habiteront durant l'hiver chez le père de Martine qui habite en milieu rural.

Changer la réglementation

À la suite de l'appel du Nouvelliste laissé à la Ville de Trois-Rivières pour connaître la réglementation sur la garde d'animaux, un fonctionnaire de la Ville a contacté Mme Clément pour lui annoncer que la SPAM tolérera ses deux poules pour cet été, mais devra les abandonner l'an prochain.

La citoyenne entend cependant mener une lutte pour que le Règlement sur la garde des animaux soit modifié afin de maintenir la présence de ses poules chez elle. Le règlement en question stipule qu'un animal de ferme n'est autorisé qu'en zone agricole et là où le zonage le permet.

Martine Clément se présentera à la prochaine rencontre du Comité consultatif d'urbanisme (CCU), le 21 août, qui discutera de la possibilité de posséder des poules urbaines.

«Il faut se réapproprier ce qui nous appartient, soit la terre, qu'on a beaucoup délaissée», clame-t-elle. Mme Clément a par ailleurs créé une page Facebook intitulée «Protection des poules urbaines» pour chercher des appuis au sein de la population et faire davantage de pression auprès de la Ville.

Le conseiller René Goyette du district de la Madeleine, où réside Martine Clément, n'appuiera pas la démarche de sa concitoyenne afin de voir avant ce que déterminera le CCU.

«C'est un dossier qui touche l'ensemble de la ville. Il faut donc prendre le temps de regarder l'ensemble de l'oeuvre et des questions. Par la suite, on aura une décision politique à prendre au conseil municipal», affirme M. Goyette.

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