Victimes de la pyrrhotite

Après l'enfer, le paradis

Liliane Fréchette et Raymonde Delisle étaient souriantes à... (Photo: Stéphane Lessard)

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Liliane Fréchette et Raymonde Delisle étaient souriantes à bord de la limousine des Jardins Laviolette, jeudi matin.

Photo: Stéphane Lessard

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les larmes de détresse ont fait place aux larmes de joie, jeudi, pour Liliane Fréchette, 80 ans et Raymonde Delisle, 71 ans qui perdront leur condo d'ici trois semaines et jusqu'au mois de décembre à cause de la pyrrhotite.

À 8 h 20, jeudi matin, en voyant la nouvelle, Louise Denis, des Jardins Laviolette, a communiqué avec les deux dames pour leur offrir chacune un appartement gratuitement pour les 15 semaines que dureront les travaux chez elle.

Rappelons que leur condominium respectif, situés tous deux au rez-de-chaussée d'un immeuble à quatre condos, seront démolis à cause de la présence de pyrrhotite.

Les deux dames ne bénéficient d'aucune aide financière pour se reloger ailleurs durant les travaux et ont expliqué ne pas avoir les moyens de se payer un appartement en attendant.

Jeudi, pas moins d'une demi-douzaine de personnes ont communiqué avec Le Nouvelliste, à la lecture de cette histoire, pour offrir un hébergement gratuit aux deux dames. Le coordonnateur de l'organisme SOS Pyrrhotite, Jacques Rheault, qui avait mis au jour ce nouveau drame de la pyrrhotite, raconte avoir reçu une dizaine d'appels, jeudi matin, tous pour venir en aide aux deux victimes.

Il semble que les Jardins Laviolette aient été plus rapides. Vers 9 h, une limousine est allée chercher Mmes Fréchette et Delisle pour leur faire visiter les deux appartements qui seront mis sous peu à leur disposition.

Il s'agit des deux appartements modèles, un trois et demi et un quatre et demi, du nouvel édifice construit récemment par Les Jardins Laviolette derrière la bâtisse originale. Ils sont entièrement meublés. Les dames n'auront qu'à apporter leurs vêtements et bénéficieront de tous les services et activités réservés aux résidents durant leur séjour.

«C'est au-delà de nos espérances», a commenté Mme Delisle, hier, après avoir visité son futur appartement. «Ils nous offrent quelque chose de fabuleux», dit-elle, visiblement sous le charme. «C'est le paradis», renchérit Mme Fréchette.

«C'est beau, c'est luxueux. Tout est là», dit-elle, étonnée d'avoir cette chance.

Est-ce que cela leur donne le goût d'y emménager en permanence? «On verra après», réplique Mme Delisle.

«Là, je me trouve encore jeune», répond Mme Fréchette. «J'ai juste 80. Mais je ne dis pas... si je ne suis plus capable de faire mon ménage, si je ne suis plus capable d'entretenir ma maison, j'y penserai», dit-elle.

Yves Boivin, le directeur de la résidence, n'a pas hésité une seconde à faire les démarches qui s'imposaient lorsqu'il a appris la nouvelle. «C'est venu me chercher», dit-il. Il a immédiatement communiqué avec l'entreprise Chartwell, propriétaire des Jardins Laviolette, pour proposer d'accueillir les deux femmes gratuitement, «surtout que le slogan de Chartwell c'est: Dédié à votre mieux-être», dit-il.

«Quand je suis arrivé au travail, Mme Denis m'attendait avec l'article du Nouvelliste. La chimie s'est faite tout de suite», raconte-t-il. «Ça a été autorisé en 15 minutes.»

L'affaire de Mmes Fréchette et Delisle démontre bien que l'aide aux victimes de la pyrrhotite doit être encore améliorée.

Jeudi, en effet, les députés néo-démocrates Robert Aubin et Ruth Ellen Brosseau ont demandé publiquement au ministre fédéral des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités, Denis Lebel, d'aller rencontrer les deux dames. Selon M. Aubin, M. Lebel doit venir d'urgence à Trois-Rivières pour rencontrer les victimes de la pyrrhotite qui vivent, pour plusieurs, des problèmes avec la Société d'hypothèque et de logement. Le dossier a donc bel et bien un volet fédéral, dit-il, en demandant à Ottawa d'intervenir. «Le gouvernement fédéral doit agir dans les plus brefs délais, comme il l'a fait pour la pyrite dans la région de Montréal», plaide M. Aubin.

Actuellement, les victimes de la pyrrhotite ne peuvent compter ni sur la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ ni sur leur assurance résidentielle pour payer un logement durant les travaux, même si leur demeure doit être entièrement démolie.

Personne ne pouvait commenter la nouvelle à l'APCHQ, les bureaux étant fermés pour les vacances de la construction.

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