«Quand j'ai commencé à naviguer, je devais avoir 16 ans. Par la suite j'ai rencontré ma femme, et elle aussi aimait cela être sur l'eau, alors on a continué et tant que la santé le permettra, on continuera», indique celui qui a d'ailleurs célébré son voyage de noces à bord d'un yacht. Si le Trifluvien adore autant vivre sur un bateau, il admet que cette passion lui vient probablement de son père. «Lorsque j'étais petit, mon père nous amenait souvent en bateau, ce qui fait en sorte que j'ai toujours connu ce milieu. D'ailleurs j'ai commencé à conduire ma première embarcation bien avant de savoir conduire une voiture», rigole-t-il.
Au cours de sa vie, M. Bellefeuille aura possédé plusieurs bateaux. Le dernier en lice est un trawler datant des années 1980 qu'il affectionne depuis maintenant un an. Ce modèle, qui ressemble à un petit navire de pêche, est aussi constitué d'un système d'ancrage automatique, ce qui facilite énormément la tâche du navigateur. «J'aime bien celui que j'ai acheté, car je n'ai plus besoin d'aller dans l'eau pour décrocher l'ancre. Surtout qu'à mon âge, cela devient de plus en plus difficile», explique l'homme. Son trawler est de plus fait en bois, ce qui permet au propriétaire de le réparer lui-même.
Quand bateau rime avec liberté
Au lieu de faire comme la plupart des autres personnes et favoriser les terrains de camping, le septuagénaire a toujours préféré habiter à une marina, car il croit que cela lui procure plus de liberté. «Moi j'aime bien mieux rester sur mon bateau qu'aller dans un camping, je n'ai pas de pelouse à tondre et puis si jamais j'ai le goût de voyager, je n'ai qu'à lever l'ancre et partir», soutient celui qui se déplace toujours avec ses deux chats.
Parlant de voyage, Gilles Bellefeuille ne les compte plus tellement il en a fait. Tadoussac, Québec, Montréal, Champlain et même la Floride ne sont que quelques-uns des endroits qu'il a visités durant ses nombreux périples sur l'eau. Son voyage en Floride occupe une place importante dans son esprit encore aujourd'hui, mais pas pour les bonnes raisons... «Lors du retour, le temps n'était pas favorable et nous avons dû faire face à de grosses vagues. Ma femme a eu très peur pour sa vie» raconte-t-il.
Ce voyage a été à ce point éprouvant pour son épouse, que dès leur arrivée à Trois-Rivières, le couple a décidé de se séparer de son moyen de transport principal, car Monique Bellefeuille ne voulait plus faire de traversée. Heureusement, après une année sans embarcation, la famille Bellefeuille est vite revenue à ses premières amours. «Après un an à poireauter sur la galerie, nous nous sommes dit que cela ne pouvait pas continuer ainsi. L'année d'après nous étions de retour à la marina et nous n'avons plus jamais vendu de bateau depuis», mentionne celui qui a travaillé plusieurs années à l'usine Coretech, maintenant Sonoco, de Cap-de-la-Madeleine.
Véritable féru du monde marin, M. Bellefeuille est également le doyen de la marina de Trois-Rivières. Ce statut vaut d'ailleurs à lui et à sa femme un surnom bien spécial. «Cela fait tellement d'années que nous sommes ici, que les gens ne nous appellent pas Gilles et Monique, mais plutôt «pop» et «mom» lorsqu'ils nous voient, conclut celui qui compte quatre enfants et sept petits-enfants dans sa lignée.